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La Trinitaine quitte la course au large

La biscuiterie 100% bretonne La Trinitaine vient de mettre fin à son engagement sportif dans la course à la voile, après dix ans de sponsoring.

La biscuiterie « la Trinitaine » et la course au large, c’est fini. La Pme morbihannaise qui représente 15 000 tonnes de gâteaux bretons et 25 millions d’euros de chiffre d’affaires par an avec 90 salariés, l’a annoncé officiellement la semaine dernière après dix années passées dans l’armement et le sponsoring de la voile de haut niveau.

Raisons avancées : « l’inflation vertigineuse des budgets de fonctionnement des bateaux de la classe ORMA (multicoques 60 pieds qui s’inscrivent pour la route du Rhum NDLR) interdit désormais aux entreprises de notre taille l’accès à ce type de sponsoring», a-t-elle expliqué dans un communiqué.

La mise à niveau du trimaran skippé depuis 1997 par Marc Guillemot imposait d’investir cette année 1 million d’euros contre 600 000 les années passées. « Et encore avec ce budget, nous aurions été le plus petit de la flotte,a commenté le directeur commercial de la Trinitaine, Pierre-Yves Sabas. Avec notre co-partenaire, Chauss’Europe, nous avons préféré tout stopper. Nos entreprises sont saines, à un moment il faut arrêter de délirer ».

Jusqu’au dernier moment pourtant, la biscuiterie installée à Saint-Philibert, tout près de la Trinité sur Mer (Morbihan), endroit mythique s’il en est pour la voile et le nautisme, avait tenté de demeurer dans cette discipline sportive très médiatisée et où les valeurs d’une entreprise peuvent s’exprimer aisément.

Un sport de plus en plus coûteux

Mais, ces dernières années, il était encore possible de parvenir à réaliser de belles choses dans la voile En dix ans dans la course au large, La Trinitaine a navigué avec Mike Birch (1993-96) en monocoque, puis avec son second, Marc Guillemot jusqu’à cette année en multicoque. Au palmarès, aucune victoire si ce n’est quelques manches de grands prix dans le championnat ORMA, et trois brillantes secondes places durant la transat anglaise de 2000, la " Québec Saint-Malo " édition 2000 et la dernière route du Rhum (2002)., la quête des performances dans ce sport de plus en plus technique et coûteux donne des « Teams aux budgets quatre à cinq fois supérieurs au nôtre».

« La biscuiterie familiale n’a pas dressé de bilan de son engagement sportif. Mais il lui a apporté beaucoup de notoriété,a assuré le directeur commercial. Le logo se retrouve sur le packaging des madeleines, palets, galettes, quatre-quarts de l’entreprise. Les clients (60 % des GMS) se sont habitués à le voir et ils nous demandent aujourd’hui pourquoi on arrête ».

La Trinitaine n’a pour l’heure aucun projet de remplacement. Pourquoi pas le sport encore ? Rien, mais vraiment rien n’est décidé, a répété le directeur commercial. La vie industrielle de l’entreprise continue en revanche. M. Sabas a confié que la direction réfléchissait à un projet d’investissement assez important qui sera réalisé dès cette année si le feu vert était donné. Quant au trimaran 60 pieds de l’entreprise mis à l’eau en 1998, il est à vendre 1 million d’euros. A bon entendeur…

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