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La tomate du futur testée à Saint-Pol-de-Léon

Le futur de la production de tomates en Bretagne va s’écrire à Saint-Pol-de-Léon, dans le Finistère, au siège du Caté, où démarre une expérimentation stratégique dans la première région française de production. Reportage.

La station régionale d’expérimentation de la filière légumière bretonne, le Caté, a inauguré, mercredi 12 avril, de nouvelles serres pour réduire la consommation d’énergie et tester l’extension du calendrier de production par l’emploi de lampes de pousse. Dans l’Ouest, qui représente le quart des surfaces (550 hectares) et 39 % de la production nationale (242 000 tonnes en 2016, selon FranceAgriMer), les quatre organisations de producteurs bretonnes (Savéol, Sica Saint-Pol, UCPT, Solarenn) soutiennent l’investissement en prenant à leur charge 60 % de la facture (environ 1,5 million d’euros au total).

Par le passé, la filière avait demandé au Caté d’expérimenter différents équipements pour une réduction de la facture énergétique – écrans thermiques, puits canadiens, pompes à chaleurs –, jusque-là avec des résultats variables. Ce que les maraîchers veulent aujourd’hui ? Viser « l’efficience énergétique », explique Michel Le Roux, directeur de la station.

Produire des tomates sous serres émet de l’humidité favorable au développement de maladies que les serristes combattent en chauffant l’atmosphère. « On peut considérer que le tiers de leur facture énergétique correspond à la déshumidification », poursuit Michel Le Roux. Dans ces serres high-tech plus hautes que la précédente génération (7 m contre 5 m auparavant) et étendues sur 3 124 m2 (trois cellules), l’expérimentation va tester l’emploi d’un échangeur thermique positionné dans un corridor climatique qui court le long de la serre, dans deux compartiments. L’air entrant et sec est mélangé à l’air chaud et humide et distribué à l’intérieur par des gaines de ventilation positionnées sous les plants. Les différences entre les deux compartiments résident dans la capacité de renouvellement du volume d’air de la serre.

Dans le compartiment numéro 3, le Caté va expérimenter la possibilité de refroidir la température dans la serre par l’utilisation d’une surface alvéolée humide pour abaisser la température de l’air entrant.

Augmentation de la production au mètre carré

Le fonctionnement d’un éclairage de pousse va également être observé avec des leds entre les rangs et des lampes de vapeur au sodium au-dessus. Au terme des deux années d’expérimentation, le Caté pourra dire aux producteurs si la réduction de 25 % du coût de l’énergie dans les serres est atteignable. Pour le Caté, ces équipements vont forcément renchérir le coût d’investissement dans les serres. Il est actuellement de l’ordre de 100 euros le mètre carré clés en main. « Avec les équipements de déshumidification, l’investissement devrait monter à 130-140 euros du mètre carré. L’emploi de lampes fera monter la facture de 100 euros encore », précise Michel Le Roux.

L’investissement pourrait être amorti par l’augmentation de la production au mètre carré, par exemple en passant de 55 kg de tomates de segmentation au mètre carré par an à 90 kg, dont certaines à bon prix à contre-saison.

Le Caté en bref

Doté d’un budget de fonctionnement de 1,7 million d’euros par an, le Caté dispose de 12 hectares de champs d’expérimentation, de 4 000 m2 de serres en verre et 5 000 m2 d’abris en plastique. Les vingt-deux personnes employées en équivalent temps plein travaillent sur des thématiques très variées : essais sur de nouvelles variétés, conduite de culture, qualité du substrat de culture des champignons, qualité post-récolte, biostimulants, etc. Le Caté est intégré au réseau des trente-cinq stations d’expérimentation sous l’égide du CTIFL, au réseau des dix stations horticoles de France piloté par l’institut technique Astredhor (il intervient aussi en pépinière ornementale) et est une des deux stations de référence pour les essais sur les champignons.

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