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À la recherche des ingrédients innovants

© © S. C.

La France regorge d’idées, de moyens et de matières premières pour apporter au marché mondial des ingrédients naturels, bons pour la santé et le bien-être. Enquête à l’occasion du salon HI Europe & Ni à Francfort, en Allemagne, du 29 novembre au 1er décembre prochain.

Les inventeurs d’ingrédients trouvent en France un terreau fertile. Plusieurs pôles de compétitivité concentrent les compétences en santé humaine et en valorisation des ressources, comme Valorial, Vitagora, IAR, Végépolys, Nutrition Santé Longévité (NSL), Mer Bretagne Atlantique ; d’autres soutiennent l’innovation dans les cultures végétales. En plus des instituts nationaux Inra et Inserm, la Bretagne soutient le centre de transfert de technologie CBB Capbiotek (ex-Critt biotechnologies et chimie fine), le centre d’innovation ID2Santé ou encore l’institut technique de développement des produits de la mer IDMer ; la Lorraine soutient entre autres le Laboratoire d’ingénierie des biomolécules (Libio) ; les Hauts-de-France, l’institut de transition énergétique Pivert (Picardie innovations végétales, enseignements et recherches technologiques) et Extractis (précédemment Centre de valorisation des glucides et produits naturels). Le développement d’ingrédients végétaux, dans le quart nord-est de la France, a bénéficié de la présence d’importants groupes sucriers et céréaliers et d’industriels de l’amidon, impliqués dans les biocarburants et l’oléochimie.

Pivert et Finovam pour financer la chimie du végétal

Ces groupes et les pouvoirs publics ont installé en 2012 une autre plateforme collective d’innovation, en protéines végétales : Improve. Ce terreau continue de se structurer. Ainsi la SAS Pivert, société de droit privé issue d’un partenariat public-privé́ associant Pivert, s’est alliée à la société d’investissement Finovam Gestion pour créer et développer des sociétés innovantes dans le domaine de la chimie du végétal. Cette société vient par ailleurs de signer un accord de partenariat avec Extractis pour « rassembler les acteurs régionaux de la valorisation de la biomasse et proposer ainsi une offre régionale cohérente, lisible et attractive ».

Cultures de start-up

François Delbaere, PDG d’Olygose, spécialisé dans les oligosaccharides, a fait naître cette start-up dans le « bouillonnement régional » de Picardie et de Champagne-Ardenne. Il estime avoir été porté par la « masse critique » des moyens en R&D concentrés, en plus d’avoir bénéficié des financements nationaux comme le crédit d'impôt recherche et ceux de Bpifrance.

En Bretagne, la start-up HPE Ingrédients est née de la volonté régionale de valoriser les coproduits agricoles et alimentaires et grâce à une vingtaine de partenaires scientifiques, techniques, juridiques et financiers, dont, dans l’Ouest, le cabinet de conseils en valorisation des ressources agroalimentaires Ivamer, le centre CBB Capbiotek et deux pôles de compétitivité. HPE Ingrédients commercialise des ingrédients préventifs de l’hypertension et pour le confort digestif, extraits de l’escargot. Cet exemple montre que les petites filières peuvent aussi donner des ingrédients innovants.

Chamtor, LCI et Cooperl

L’initiative privée est à la base des dernières innovations. Chamtor (groupe Vivescia) a réalisé en interne l’étude nutritionnelle de son concentré de protéines de blé Nutriance, et a ainsi déterminé sa pertinence auprès des sportifs et des séniors. « Nous sommes toujours à l’affût de nouveautés et suivons de très près l’actualité des ingrédients auprès de l’Usipa (Union des industriels de l’amidon, ndlr) », confie Carole Narin, responsable de la communication et du marketing.

LCI (Limagrain Céréales Ingrédients) disposait de l’approvisionnement en maïs et d’équipements de traitement thermique, deux atouts qui lui ont permis de lancer une gamme de farines de maïs donnant différentes nuances de couleur et de goût. La filiale du groupe auvergnat toaste aussi des germes de maïs entiers issus de ses outils pour révéler toutes les vertus nutritionnelles de cette matière première. Elle le lance sous le nom Nutricorn.

Cooperl Arc Atlantique a misé sur la traçabilité du sang des porcs livrés par ses adhérents. Le groupe coopératif lance un plasma congelé 12 heures après la collecte du sang, dans des poches individuelles à l’abattoir de Lamballe. Sitôt le feu vert du vétérinaire, chaque poche est introduite dans une centrifugeuse qui isole le plasma, lequel est ensuite concentré par ultrafiltration. « Ce procédé donne un plasma neutre en couleur et en goût », explique Yoan Drillet, responsable du service. Cooperl Arc Atlantique mise sur un fort développement du marché du plasma sanguin de qualité supérieure dans les charcuteries et plats cuisinés, où l’usage est codifié, pour remplacer les phosphates et constituer des recettes sans allergènes. « Ces protéines fonctionnelles ont le profil nutritionnel de la viande ; elles sont 100 % naturelles parce qu’obtenues par procédé mécanique », souligne Yoan Drillet.

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