Aller au contenu principal

Viande
La filière d'ovins bios fragilisée par la sécheresse

Les résultats de la cinquième année de suivi d’un échantillon de dix élevages d'ovins viande bio dans le Massif central s'affichent en baisse, notamment en raison des sécheresses. Explications.

La sécheresse rend difficile la production d'agneaux élevés exclusivement à l'herbe. © Frédéric Pigot/Apap
La sécheresse rend difficile la production d'agneaux élevés exclusivement à l'herbe.
© Frédéric Pigot/Apap

Le pôle AB Massif central vient de publier les résultats technico-économiques 2018 de dix fermes ovines en bio suivies dans six départements : Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Lozère, Aveyron, Allier et Haute-Vienne. Ce recueil de données s’inscrit dans le cadre du projet Bioréférences élaboré en 2013-2014 pour répondre à la diversité des besoins en références pour accompagner le développement d’élevages ruminants biologiques viables, vivables et en cohérence avec leur territoire et leurs filières/marchés. Les résultats publiés concernent un échantillon suivi sur cinq années et constitué de dix élevages spécialisés d'ovins viande AB en races herbagères et rustiques, cinq en zone herbagère et cinq en zone de montagne.

L’étude rappelle qu’en 2018, la trésorerie des exploitations a pâti de la sécheresse (achats extérieurs de fourrages, concentrés, semences…). Le prix de l’agneau a été soutenu sur le début de l’année, puis a diminué progressivement après Pâques jusqu’en décembre, tandis que le prix de certains approvisionnements est reparti à la hausse (concentrés, paille, semences, carburants…). Les exploitations suivies en bio ont été positionnées par rapport à celles suivies dans le cadre d’Inosys Réseau d’élevage en conventionnel sur la zone Auvergne-Loire-Rhône et Bourgogne par classe typologique (herbagère ou montagne).

Augmentation des charges

Les données présentées montrent des résultats hétérogènes d’une exploitation à l’autre au niveau technique et économique. L’analyse pluriannuelle montre une dégradation des critères techniques de reproduction qui a directement touché les indicateurs économiques (productivité numérique en forte baisse et dégradation de la marge brute par brebis). Les aléas climatiques successifs ces dernières années ont fortement touché ces exploitations misant au maximum sur le pâturage (80 % à 100 % de la SAU en herbe).

Les revenus dégagés en 2018 pour ces exploitations sont confrontés à une stabilité du prix des agneaux, une augmentation des charges alimentaires et une légère progression des autres charges. En comparaison avec les exploitations en conventionnel, les exploitations bios montrent des performances plus basses liées à une désintensification de la production ; une petite plus-value au prix par kilogramme de carcasse (kgc), mais un agneau plus léger et donc un prix par agneau finalement identique.

Un poids des aides important

Autres constats relatifs aux systèmes biologiques : une difficulté à produire des agneaux exclusivement à l’herbe à cause des sécheresses ; une forte économie en consommation de concentrés, mais des dépenses supérieures ramenées au kgc produit ; des annuités moindres par rapport aux conventionnels (9 % du produit brut en AB contre 11 % en conventionnel zone de montagne et 18 % en zone herbagère) ; un poids des aides important par kgc produit (52 % du produit brut en zone herbagère et 70 % en zone montagne) ; une rémunération du travail équivalente en zone de montagne et supérieure en zone herbagère et, enfin, un prix de revient en augmentation ces cinq dernières années et supérieur au prix de vente, quel que soit le système.

Rédaction Réussir

Les plus lus

drapeau turc qui flotte au vent
Volaille : la Turquie suspend ses exportations pour le Ramadan

Les exportations de volailles turques sont suspendues depuis le 9 février. Cette mesure prise par l’État turc, vise à contenir…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

zone de contention en abattoir
Quels sont les abattoirs de boucherie récemment en difficulté, en infographie

La France a perdu un abattoir sur 5 depuis 2010. En s’appuyant sur la presse locale, Les Marchés a tenté de dresser une carte…

camion devant quais de déchargement, de nuit
Viande bovine : le déficit commercial divisé par deux en 2025 en volume

Les exportations de viande bovine de la France ont progressé en 2025 ; notamment vers l’UE, tandis que les importations…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio