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Commerce extérieur
La Chine, premier importateur mondial de viande bovine

« Le marché chinois tire le marché international de la viande bovine », a déclaré l’agroéconomiste de l’Idele Jean-Marc Chaumet lors d’un récent webinaire sur les marchés asiatiques de la viande bovine.

En 2019, le pays a importé près de 2,6 millions de téc, soit une hausse de 36 % par rapport à 2018, selon l’Idele. © Bleuenn Carré Chen
En 2019, le pays a importé près de 2,6 millions de téc, soit une hausse de 36 % par rapport à 2018, selon l’Idele.
© Bleuenn Carré Chen

La Chine, premier importateur mondial de viande bovine, concentre à elle seule environ 23 % des importations de la planète. En 2019, le pays a importé près de 2,6 millions tonnes équivalent carcasse (téc), soit une hausse de 36 % par rapport à 2018, selon l’Idele. Bien que la viande bovine ne représente que 7 % des viandes consommées en Chine, contre 63 % pour le porc et 22 % pour la volaille, sa consommation ne cesse d’augmenter. La hausse des prix du porc, liée à la propagation de la peste porcine africaine dans le pays, a poussé de nombreux chinois à consommer d’autres protéines animales. L’incitation à manger du bœuf est d’autant plus forte que l’écart de prix entre la viande porcine et bovine s’est réduit en 2019-2020. Si traditionnellement la viande bovine était trois fois plus chère que celle du porc, le rapport de prix est désormais de 1-1,5.

La hausse de production ne compense pas le manque d’offres

La production de viande bovine en Chine a décollé au milieu des années 1980, passant de 500 000 téc à environ 6 millions de téc en 2010. Si depuis 2010 la production a stagné, elle a réaugmenté ces trois dernières années, notamment pour pallier la pénurie de porcs. Mais malgré une forte hausse officielle de production en 2019 (+3,6 %/2018) pour atteindre un record historique à 6,67 millions de téc, l’offre n’a pu satisfaire la hausse soudaine de la demande, et les prix se sont envolés, indique Abcis. En 2019, le prix moyen de la viande bovine en Chine avoisinait les 9,40 euros, soit une progression de 12 % par rapport à 2018, ce qui fait de la viande bovine la viande la plus chère en Chine.

Pour freiner la hausse des prix et satisfaire la demande, le pays ouvre de plus en plus ses frontières aux importations. Le nombre de pays autorisés à exporter vers la Chine est passé de 14 en 2018 à 26 en juin 2020. Mais c’est surtout en agréant davantage d'abattoirs dans les pays déjà autorisés à exporter que la Chine a pu augmenter ses volumes d’importation. Entre 2018 et 2020, le nombre d’abattoirs agréés a triplé aux États-Unis et doublé en Argentine. À noter que pour l’instant, la France a toujours cinq abattoirs agréés. « La dépendance aux importations de viande bovine n’est pas un réel problème contrairement au porc qui, lui, est un aliment de base et pour lequel il existe une volonté de retrouver une autosuffisance rapidement », analyse Jean-Marc Chaumet.

Cinq pays se taillent la part du lion

Or, seulement cinq pays fournisseurs se taillent la part du lion des importations chinoises et laissent peu de place à d’autres pays. Le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, l’Australie et la Nouvelle-Zélande totalisent 95 % des importations chinoises. Avec des prix compétitifs et des volumes importants, les pays du Mercosur se sont bien positionnés sur ce marché. L’Australie et la Nouvelle-Zélande bénéficient, quant à elles, d’accords de libre-échange avec la Chine, avantageux pour les droits de douane. Sur les quatre premiers mois de 2020, la France a expédié 640 téc et pourrait bien arriver à exporter entre 2 000 et 3 000 téc cette année, mais des incertitudes demeurent quant aux effets de l'épidémie de Covid-19 sur la consommation net aux stocks déjà constitués.

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