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Inde et Australie : Les filières viandes doivent-elles s’inquiéter des accords commerciaux en négociation ?

Interbev demande que la viande ne soit plus une monnaie d’échange dans les accords commerciaux, citant les négociations en cours avec l’Inde et l’Australie. Si la menace indienne en viande bovine est improbable à cause de standards agricoles éloignés de ceux de l’UE, celle de l’Australie plane sur les viandes ovines et, dans une moindre mesure, bovine. 

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L'UE espére conclure rapidement l'accord commercial en négociation avec l'Inde, et rouvre les négociations avec l'Australie
© Auteur : Jean-Christophe Verhaegen/CE/AFP Propriétaire : Commission européenne

Interbev a écrit une lettre ouverte au Président de la République, Emmanuel Macron, demandant de sortir la viande du cadre des accords commerciaux que négocie l'Union européenne avec l’Inde et l’Australie. 

L’Inde, très compétitive sur la viande bovine, mais des obstacles sanitaires

L’Inde structure ses exportations de viande bovine, constituées de carabeef (viande de buffle) très compétitif sur le marché mondial. Les principaux acheteurs sont le Vietnam, l’Arabie saoudite, l’Irak, les émirats arabes unis, la Jordanie, Oman, les Philippines, Hong Kong, l’Ouzbékistan, et Singapour. Le gouvernement indien travaille au développement des exportations de viande du pays et à l’ouverture de nouveaux marchés. Interbev appelle à ce que l’UE ne soit pas un de ces nouveaux débouchés arguant « les conditions de production indiennes, en matière de traçabilité, de contrôle sanitaire et de garanties d’équivalence de production, ne permettront jamais d’assurer le niveau d’exigence légitimement attendu par les consommateurs européens ».

Lire aussi : Accord commercial Inde-UE : quelles sont les filières agricoles où l’Inde est compétitive ? 

Actuellement, l’UE n’importe pas de viande bovine indienne, pour raisons sanitaire et l’Inde ne dispose pas d’un système de traçabilité obligatoire.

« les conditions de production indiennes ne permettront jamais d’assurer le niveau d’exigence légitimement attendu par les consommateurs européens »

Les produits laitiers et le sucre ont déjà été exclus de cet accord. Un sommet entre l’UE et l'Inde est prévu le 27 janvier. Bruxelles plaide notamment pour l’ouverture du marché indien à ses voitures et ses boissons alcoolisées (les vins et spiritueux sont fortement taxés) alors que, de son côté, l’Inde souhaite vendre plus facilement ses produits textiles ou ses médicaments, explique Agra.

Les discussions avec l’Australie inquiètent la filière viande

En parallèle, les discussions entre l’UE et l’Australie auraient repris, alors qu’elles avaient achoppé fin 2023 notamment sur la question de la protection des AOP communautaires. Dans la version en cours de discussion, figurent des contingents pour les viandes ovines et bovines. En viande bovine, de l’ordre de 24 000 tonnes avec des droits qui deviennent nuls en 7 ans, mais qui seraient conditionnés à une finition à l’herbe, rare en Australie. 

Lire aussi : Viande ovine : l’Australie et la Nouvelle-Zélande en retrait sur le marché mondial

En viande ovine, il s’agit de 20 000 tonnes, là aussi à droits nuls sur sept ans, dont deux tiers de viande congelée. Les risques sont importants, notamment sur les pièces nobles, sur lesquelles l’Australie est très compétitive. C’est près de quatre fois plus que les envois actuels. 

Lire aussi : Viande bovine : pourquoi les exportations australiennes battent des records début 2025

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