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[Guerre Russie Ukraine] L’indice FAO des prix alimentaires bat tous les records en février

L'indice des prix alimentaire publié par la FAO poursuit sa hausse en février, pour s’afficher à des records, tiré par les huiles et les produits laitiers. Seule composante à la baisse, le sucre.

© FAO

A 140,7 points en février, l'indice FAO des prix des produits alimentaires a battu de nouveaux records, dépassant même de 3,1 points son sommet historique de 2011. Il est en hausse de 3,9 % sur un mois et de 20,7 % su un an. Cette augmentation a principalement été portée par la flambée des prix des huiles végétales notamment avec la guerre en Ukraine et des produits laitiers. Les prix des céréales et de la viande ont progressé de façon plus modérée. En revanche l’indice des prix du sucre a reculé pour le troisième mois consécutif.

L’huile végétale flambe avec la guerre en Ukraine et moins de disponibilités mondiales

L'Indice FAO des prix des huiles végétales a bondi de 8,5 % en février pour s’afficher à un nouveau record de 201,7 points. En cause la hausse des prix mondiaux de l’huile de palme soutenue par une forte demande internationale qui a coïncidé avec la réduction des disponibilités en Indonésie, premier exportateur mondial. Au même temps, l’huile de soja a aussi progressé compte tenu de la détérioration des perspectives de production de soja en Amérique du Sud. Les inquiétudes liées à la guerre en Ukraine et aux perturbations dans la région de la mer Noire, ont provoqué l’envolée du prix de l’huile de tournesol. Par ailleurs, la flambée des prix du pétrole brut a également soutenu les cours des huiles végétales.

Offre modeste et forte demande hissent les prix des produits laitiers

L’indice du prix des produits laitiers a aussi bondi de 6,4 % pour s’établir à 141,1 points en février, marquant la sixième augmentation mensuelle consécutive. L'indice se place ainsi 24,8 % au-dessus de son niveau d’il y a un an. En février, les cotations internationales de tous les produits laitiers représentés dans l'indice se sont raffermies, en raison d’une offre laitière plus faible que prévu en Europe et en Océanie. Outre le resserrement de l'offre mondiale, la forte demande notamment en provenance d'Asie du Nord et du Moyen-Orient, a entraîné des hausses sensibles des prix du lait entier en poudre et du fromage. Les prix internationaux de la poudre de lait écrémé ont également augmenté de manière significative, traduisant un volume plus faible de livraisons de lait pour les usines de séchage en Europe de l'Ouest, tandis que les prix du beurre ont progressé grâce à la forte demande d'approvisionnement en spot.

Le blé bondi avec les incertitudes liées aux tensions dans la mer Noire

L’indice des prix des céréales a lui progressé de 3 % pour s’afficher à 144,8 points en février, soit 14,8 % de plus que son niveau d’il y a un an. Les prix mondiaux du blé ont augmenté de 2,1 % reflétant en grande partie les nouvelles incertitudes concernant l'offre mondiale dans un contexte de perturbations dans la région de la mer Noire. De quoi entraver les exportations ukrainiennes et russes, deux grands exportateurs de blé. Les prix mondiaux du maïs ont augmenté de 5,1 % en glissement mensuel, sous l'effet conjugué des inquiétudes persistantes concernant l'état des cultures en Argentine et au Brésil, de la hausse des prix du blé et de l'incertitude concernant les exportations de maïs de l'Ukraine, un exportateur. Les prix internationaux du riz ont augmenté de 1,1 pour cent en février, principalement soutenus par l'appréciation des monnaies de certains exportateurs par rapport au dollar américain et par la forte demande de riz parfumé des acheteurs du Proche-Orient.

Record des cotations de viande bovine

L'indice FAO des prix de la viande a augmenté de façon plus modérée (+1,1 % sur un mois) à 112,8 points en février, mais se place 15,3 % au-dessus de son niveau de 2021. En février, les cotations internationales de la viande bovine ont atteint un nouveau record, sous l'effet d'une forte demande mondiale d'importations dans un contexte de pénurie de bovins prêts à l'abattage au Brésil et de forte demande pour la reconstitution des troupeaux en Australie. Les prix de la viande porcine ont également légèrement augmenté, reflétant une demande plus animée et une réduction de l'offre de porcs dans l'Union européenne et aux États-Unis. Les cours de la viande ovine se sont affaiblis pour le quatrième mois consécutif. L’offre disponible à l’export reste élevée en Océanie. Dans le même temps, les prix de la viande de volaille ont légèrement reculé en raison de la réduction des importations chinoises après la fin de la fête du printemps et de la baisse de la demande intérieure au Brésil.

Repli du sucre entrainé par une offre mondiale importante

Seul l’indice du sucre affiche un repli de 1,9 % sur le mois de février marquant ainsi la troisième baisse mensuelle consécutive et atteignant son plus bas niveau depuis juillet dernier. Les perspectives de production favorables dans les principaux pays exportateurs, notamment l'Inde et la Thaïlande, conjuguées à la bonne santé des cultures au Brésil, ont continué de peser sur les prix mondiaux du sucre. Les prix de l'éthanol au Brésil ont baissé pour le troisième mois consécutif en février en raison de la réduction de la demande intérieure, ce qui a exercé une nouvelle pression à la baisse sur les prix mondiaux du sucre. Toutefois, le renforcement du real brésilien par rapport au dollar américain, qui tend à limiter les expéditions du Brésil, premier exportateur mondial de sucre, a empêché une baisse plus importante des prix du sucre. A noter que le prix du sucre devrait cependant progresser prochainement dans le sillage de la hausse du prix du pétrole, engendrée par les hostilités russes en Ukraine.

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