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Frédéric Oriol, directeur général de Daunat : « Nos services appro sont sous tension »

Frédéric Oriol, directeur général de Daunat, témoigne de la difficulté de s’approvisionner en produits laitiers, notamment en fromages. Plus que les prix qui s’envolent, c’est surtout le manque de disponibilité qui pénalise la société.

Frédéric Oriol, directeur général de Daunat.
Frédéric Oriol, directeur général de Daunat.
© Daunat

La volatilité du marché des ingrédients laitiers a-t-elle des conséquences pour les approvisionnements de Daunat ?

Frédéric Oriol - Nous voyons que les prix des ingrédients laitiers augmentent mais nous faisons avec. Nous ne sommes pas en désaccord avec ça, nous faisons avec. Pour le beurre, il n’y a pas de conséquences. Daunat est peu utilisateur de beurre dans ses recettes, car nous avons su nous en détacher en fabriquant nos propres sauces à la place. En revanche, ce sont les fromages qui posent un problème. Au-delà des augmentations de prix, c’est surtout la disponibilité des matières qui fait défaut. Nous rencontrons des difficultés à être livrés au niveau du gruyère ou du comté, des produits pourtant basiques. Je pense qu’il y a un manque de main-d’œuvre chez nos fournisseurs, les contraignant à faire des choix de recettes qui touchent rapidement le BtoB.

Ce manque de matières premières entraîne-t-il des difficultés au niveau des ateliers de production ? Comment Daunat s’adapte pour continuer à fabriquer ses produits ?

F. O. - Nous sommes parfois livrés tout juste à temps au vu des plannings de fabrication ou bien nous subissons des retards de temps en temps. Cela fait maintenant plusieurs mois que nos services approvisionnements sont sous tension. Il n’y a pas une semaine qui se passe comme prévu, c’est usant ! Les retards peuvent entraîner des modifications des plannings de fabrication.

Il n’y a pas une semaine qui se passe comme prévu

Certaines séries prévues sur une demi-journée ne peuvent être produites que pendant une heure ou deux. Les rounds de fabrication sont ainsi raccourcis, entraînant une perte de productivité et de matière. Les réglages et les optimisations de ligne doivent être modifiés à la fin de chaque round, ce qui prend du temps. Tous ces éléments aboutissent à une augmentation des prix de revient, que nous essayons de faire passer auprès de la distribution durant ces négociations commerciales. Cependant, malgré toute cette complexité, nous ne remettons pas en question nos engagements RSE sur l’origine France de nos ingrédients. Il serait plus facile et moins coûteux d’importer certains produits, mais nous restons sur notre ligne conductrice et ferons avec cette complexité.

Y a-t-il d’autres matières premières dont l’inflation pénalise Daunat ?

F. O. - Les hausses des prix de l’énergie et des emballages nous pénalisent. Nous ne voyons pas bien le plateau des prix des emballages, ils ne cessent d’augmenter. L’horizon ne se dégage pas. En plus des prix, les emballages souffrent aussi de disponibilités manquantes.

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