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Pain d’épices
Fortwenger renforce ses outils de fabrication

Fortwenger inaugure en cette fin d’année à Ensisheim, dans le Haut-Rhin, sa seconde unité de fabrication de pain d’épices. Le principal producteur alsacien et français veut continuer à y travailler ses recettes en prenant son temps.

Le pain d’épices est le cœur de métier de la société Fortwenger depuis 250 ans. L’entreprise dispose d’une ligne de production sur son site historique de 4 000 m² à Gertwiller (Bas-Rhin). Elle y ajoute en novembre 2018 une seconde ligne de production capable de cuire une tonne de pain d’épices à l’heure, sur son autre site implanté à Ensisheim (Haut-Rhin) où elle s’est installée en 2012. La société a investi 2,3 millions d’euros dans l’agrandissement des bâtiments à 3 500 m² et 1,2 million d’euros dans les équipements, dont les machines rachetées en 2016 lors de la reprise de Biscuiterie de France à Villemandeur (Loiret).

L’activité occupe huit salariés pour l’instant. « Il reste de la marge. Il suffit de tripler les équipes pour tripler la production », annonce Steve Risch, 40 ans, président-directeur général de Fortwenger SA depuis 2017. Le hall peut d’ailleurs sans problème loger une autre ligne de production.

Il suffit de tripler les équipes pour tripler la production

Le premier fabricant français envisage l’avenir sous les auspices de la croissance. En 2018, son chiffre d’affaires promet d’ores et déjà de faire un bond d’au moins 20 % à 15 millions d’euros. Les 16 millions d’euros sont prévus en 2019. « Nos produits séduisent de plus en plus, en région parisienne et dans le sud de la France où le consommateur recherche de la diversité et des produits d’origine. Dans trente ans, voire avant, tous les magasins proposeront du pain d’épices », assure Steve Risch. Sous sa marque bannière, « le marché de l’oncle Hansi », Fortwenger réalise 40 % de ses ventes en Alsace où l’entreprise vient d’ouvrir sa septième boutique. La moitié de son chiffre d’affaires provient de ses référencements en grande distribution.

Bio et mini stollen

À côté de sa centaine de références de pains d’épices, classiques, au chocolat ou incorporant des ingrédients comme quetsche et cannelle, Fortwenger mise sur sa gamme d’environ vingt-cinq types de petits gâteaux secs, les « bredele » alsaciens. Les deux sites en produisent. Mais chaque usine met en œuvre des technologies et processus propres. Là où Gertwiller travaille avec de la farine de froment et du sucre cristallisé, Ensisheim transforme de la farine de seigle et du sucre de canne. L’emballage des petits gâteaux reste centralisé à Gertwiller qui emploie 40 salariés.

Fortwenger veut compléter sa gamme début 2019, en allant sur le segment biologique. Trois références de pain d’épices et six de petits gâteaux sont dans les tuyaux. « Fortwenger veut faire de bons produits, qui ont besoin de plus de main-d’œuvre et de temps, et que personne n’a envie de faire », résume Steve Risch. Innover est un autre objectif. Fortwenger vient de marquer un point en lançant des mini stollen fourrés à la mirabelle. Le stollen est un gâteau typique de l’Alsace qui se présente habituellement sous forme de pièces de 500 grammes et plus. Fortwenger en a réduit le format à des biscuits d’une dizaine de grammes. « L’accueil du marché est excellent », se félicite Steve Risch.

Fortifier l’exportation

Fortwenger a commencé à s’intéresser à l’exportation en 2017. L’entreprise a embauché un responsable et a décidé de consacrer 100 000 euros par an sur quatre ans à la prospection de nouveaux marchés à l’étranger, notamment aux États-Unis, au Mexique, en Russie, en Chine et au Japon. Sa seconde participation au Fancy Food Show de New York a été récompensée par le prix de la meilleure innovation française pour son mini stollen à la mirabelle. L’entreprise réalise actuellement 2 % de son chiffre d’affaires à l’exportation. Elle espère atteindre 10 % d’ici à 2021.

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