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Ernest Soulard se dote d’un méthaniseur

Le producteur de canards vendéen a monté le projet en partenariat avec Fonroche Biogaz. L’installation peut traiter annuellement 73 000 tonnes d’intrants, apportés par Soulard et d’autres industriels voisins. Reportage.

Joël Soulard, président du CA d’Ernest Soulard, et Romain Jaspar, chef de projet à Fonroche, à l’intérieur de la salle de réception des déchets organiques.
© T. G.

Née en 1936, la société Ernest Soulard produit à Essarts-en-Bocage (ex-L’Oie), en Vendée, canards et foies gras, pour un chiffre d’affaires de 140 millions d’euros, dont la moitié à l’export. Elle travaille avec 400 éleveurs gaveurs situés dans un rayon proche et produit plus de 100 000 canards par semaine. « La concentration des élevages a l’inconvénient de la concentration des lisiers. Il n’était plus possible de produire sans se soucier de l’hygiénisation de nos lisiers », explique Joël Soulard, qui préside le conseil d’administration tandis que sa fille, Magali Panau Soulard, est depuis mars 2017 directrice générale déléguée de la société.

À la recherche d’une solution, l’agro-industriel a noué ses premiers contacts avec la société Fonroche Biogaz en 2012. Si la méthanisation garde en France un retard sur d’autres pays européens, Fonroche a « comme spécificité les méthaniseurs de grande taille pour le marché français », relève Romain Jaspar, chef de projet chez l’énergéticien. Fonroche présente l’autre particularité d’intervenir comme concepteur, financeur et exploitant des installations. Les deux partenaires ont constitué ensemble la société Bioloie, dont Soulard détient 45 %. Après un premier projet avorté sur la commune de L’Hébergement, c’est finalement à L’Oie, le berceau du producteur de canards, qu’ils ont trouvé leur bonheur. Ils y ont acquis un terrain de 3 hectares, qui permet un doublement futur de l’installation, et présente aussi l’immense avantage d’être proche d’une canalisation de GRTgaz.

14 millions d’euros investis

Les coûts de raccordement étant réduits, Bioloie a opté pour l’injection de biométhane dans le réseau, préférée à la cogénération. Voulu « sans impact » par Joël Soulard, le méthaniseur a représenté un investissement de 14 millions d’euros, dont 2 millions apportés par l’Ademe. Les premiers déchets organiques sont arrivés sur le site en octobre dernier pour de premières injections de gaz en décembre. Exploité par Fonroche, le méthaniseur a la capacité pour traiter 73 000 tonnes d’intrants, produits dans un rayon d’une quinzaine de kilomètres. Soulard en apportera 60 % sous la forme de lisiers, sangs, viscères et graisses.

D’autres industriels locaux, comme Jean Routhiau, compléteront les apports. Bioloie produira du biométhane pour la consommation de 13 500 habitants et 70 000 m3 de digestat qui seront destinés aux agriculteurs voisins, des éleveurs Soulard pour la plupart. « C’est la cerise sur le gâteau. Le virus de la grippe aviaire est présent dans les lisiers. Ici, le lisier est hygiénisé et aseptisé, on en espère une pression virale moins forte », apprécie Joël Soulard. Ernest Soulard, déjà certifié Iso 50001, va aussi contribuer avec Bioloie à éviter l’émission de 14 000 tonnes de CO2. Situé à deux pas de l’usine d’aliments, de l’abattage et de la production de canards, le méthaniseur construit, pour son dirigeant, un cercle vertueux qui ménage l’avenir. « Sans Bioloie, on n’avait pas la capacité de développer notre production », conclut Joël Soulard.

Sécurité sanitaire et bien-être

Les camions qui entrent et sortent du site de Bioloie ont tous été équipés d’un système de désinfection intégré à leurs roues. C’est même toute sa flotte que le producteur de canards a ainsi équipée. Tous les camions ont par ailleurs été bâchés. Mis en cause par L214 en 2014 mais vainqueur en justice, Soulard réalise également des investissements importants sur le bien-être animal. Deux salles de gavage traitant 1 000 canards par semaine « vont être équipées comme il y a 30-40 ans », annonce Joël Soulard. La société améliore aussi ses systèmes de ramassage des volailles vivantes. Autre évolution notable de l’industriel vendéen, la production fin 2018 de canards bios, qui va démarrer avec quinze éleveurs locaux.

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