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Emploi : la FGA-CFDT tire la sonnette d’alarme

Le syndicat du secteur agricole et alimentaire s’attend à de nombreuses suppressions d’emplois dans l’agroalimentaire avec pour conséquence une baisse des effectifs dans le secteur.

Les responsables de la FGA-CFDT craignent que 2004 ne soit une annus horribilispour l’emploi dans l’agroalimentaire. Lors d’un point presse, organisé hier à leur siège, ils n’ont pas fait mystère de leurs inquiétudes. « Compte tenu de la situation de différentes filières et des résultats de plusieurs groupes, on peut légitimement penser que le nombre d’emplois supprimés sera supérieur à celui des emplois créés», a expliqué Hervé Garnier, son secrétaire-général, qui s’est cependant refusé à chiffrer ces prévisions.

Sans surprise, la branche Volaille fait partie de celles qui risquent d’être durement touchées. Selon le syndicat, l’enveloppe de 3 millions d’euros qui avait été débloquée par le ministère de l’Agriculture pour financer des arrêts d’activités dans les élevages de volailles serait déjà épuisée sans que toutes les demandes aient été satisfaites. La somme allouée n’aurait en effet permis de ne fermer « que » 400 000 m2 sur les 720 000 m2 souhaités.

« Cette « adaptation » a inévitablement des conséquences directes sur l’emploi dans les abattoirs et centre de conditionnement de volaille», explique la FGA, tout en jugeant « difficile d’appréhender les conséquences sur l’emploi de la fermeture de 300 000 m2 de plus». Par ailleurs, la baisse de la consommation de viande de volaille et la dégradation du solde commercial ne font qu’alimenter les craintes des syndicalistes.

Après avoir annoncé l’an passé la fermeture de 4 sites et l’arrêt de son activité poulet congelé de Plouray, le groupe Doux est sans aucun doute celui qui suscite les plus vives interrogations. Pour les responsables de la FGA, le risque de dépôt de bilan est bien présent au sein d’un groupe ayant accusé une perte de 20 millions d’euros en 2002. « Les banques poussent les dirigeants pour qu’une décision soit prise rapidement» indiquent-ils. Doux pourrait donc envisager de faire entrer des liquidités en se délestant par exemple de sa marque Père Dodu qui intéresse LDC.

Quel avenir pour France Champignon ?

La FGA se prépare également à la fermeture attendue d’usines spécialisées en beurre-poudre, conséquence directe de la mauvaise santé des produits industriels laitiers. La filière champignon pourrait aussi vivre une très mauvaise année. France Champignon, mal en point depuis plusieurs exercices, est toujours à la recherche d’un partenaire susceptible de lui apporter de l’argent frais. Après avoir éconduit Bonduelle, les dirigeants se sont rapprochés du fonds d’investissement Butler Capital qui n’a toujours pas fait d’offre. Celle-ci pourrait finalement être présentée en mars. Rien ne dit qu’elle ne prévoiera pas, comme celle de Bonduelle, la fermeture du site de Châtellerault (150 salariés) et ne concernera pas le site de Thouars.

Enfin, la FGA s’inquiète des décisions possibles de certains grands groupes comme Cadbury Schweppes et Kraft Foods qui ont d’ores et déjà annoncé des suppressions d’emplois au niveau mondial. Ou encore de Nestlé peut-être plus tenté de gérer sa marque que sa production et Danone dont l’activité biscuits est encore la moins rentable de son portefeuille.

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