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Dur de succéder à une période record

Le CNIPT, Comité interprofessionnel de la pomme de terre, tenait son assemblée générale le 13 décembre. Au sortir d’une campagne exceptionnelle, en prix et en exportation, les grosses difficultés de l’actuelle sont d’autant plus crûment mises en lumière.

Les hauts prix de 2010-2011 ont provoqué une augmentation des plantations, non seulement en France, mais dans tous les grands pays producteurs de l’Union européenne. Cette progression des surfaces s’est accompagnée de rendements très élevés, créant des récoltes pléthoriques. La production 2011 de pommes de terre de conservation (plants et féculerie exclus) des cinq premiers grands producteurs de l’Union européenne, selon le NPG qui représente ces cinq pays (l’Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni) atteindrait 26,63 millions de tonnes, plus 11,4 % par rapport à l’an passé et son plus haut niveau depuis dix ans. Les surfaces dans ces cinq pays ont progressé de 1,8 %, mais surtout, les rendements ont augmenté de 9,4 %.
En ce qui concerne la France, la récolte est annoncée pour un montant de 5,33 millions de tonnes, soit + 17 %, avec une surface en hausse de 4 % seulement, mais un rendement de 48,3 tonnes par hectare, en hausse de 12,9 %.

Des prix en baisse qui ne stimulent pas la consommation

En présence de telles disponibilités, la loi de l’offre et de la demande joue à plein, d’autant plus que la surabondance provoque des problèmes de stockage qui poussent les producteurs à des dégagements accélérés. On enregistre également une forte présence de lots de qualité médiocre qui pèsent sur le marché.
La consommation n’avait pas été affectée, la saison dernière, par la sensible hausse des prix de détail et elle n’est pas non plus stimulée par la baisse, de l’ordre de 10 % en variétés à chair ferme et de 20 % en variétés courantes, cette année. Les achats des ménages pour la période allant du 8 août au 22 octobre ont diminué de 2,1 % par rapport à la période correspondante de 2010 ; on peut y voir la conséquence d’un automne inhabituellement doux, peu favorable à la consommation de la pomme de terre, mais aussi de la présence trop fréquente de tubercules peu présentables.

Consolider l’exportation

Mais c’est l’exportation qui constituait le thème central de cette assemblée générale. Après le quasi-record en volume et les plafonds en valeur crevés de 2010-2011, le fort recul des exportations depuis le début de la campagne (voir colonne ci-contre) s’avère douloureux. Les tonnages ont baissé, conséquence des plus larges disponibilités dans toute l’Europe, y compris chez nos gros clients du Sud de l’Union européenne et vers les pays de l’Est, débouché prometteur. Les ventes extérieures de la France représentent dorénavant, bon an mal an, 40 % de la production nationale de pommes de terre de conservation et l’assemblée générale du CNIPT a tenté de définir une stratégie de consolidation de l’exportation, surtout envisageable pour les campagnes à venir.

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