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Dinde : « Nous assistons à une baisse continuelle de la production et de la consommation »

La dinde est pénalisée par l’essor du poulet. Mises en place et abattages sont en repli. 

L'industrie agroalimentaire se tourne moins vers la dinde pour les découpes et la transformation.
© Pascal Le Douarin

L’annonce de la fermeture de l’abattoir de dinde du groupe LDC à Blancafort dans le nord du Cher est révélatrice des difficultés rencontrées par la filière. L’offre s’amenuise au fur et à mesure que la demande s’érode et que le poulet prend du poids sur le marché de la volaille et plus largement des produits carnés. 

Lire aussi : Déconsommation de dinde : et si c’était la faute du poulet ? 

Des abattages de dindes en baisse 

En septembre 2024, les abattages de dinde ont affiché un recul de 5,2 % sur un an pour un total de 2,5 millions de têtes. Par rapport à la moyenne 2019-2023, la baisse de l’activité est encore plus importante (-16,3 %). « Nous assistons à une baisse continuelle de la production et de la consommation de dinde », analyse Mohamed Bouzidi, chargé d’études économie à l’Itavi. 

Lire aussi : Dinde : pourquoi la production pourrait baisser

Moins de valorisation en dinde 

L’industrie agroalimentaire est moins preneuse de la dinde. « La dinde est de moins en moins valorisée », constate Mohamed Bouzidi. « Avant, l’industrie agroalimentaire produisait plus de jambon de dinde, de cuisse de dinde. Aujourd’hui, elle se tourne de plus en plus vers le poulet », ajoute le chargé d’études économie. Du fait d’une demande en baisse, l’amont réduit les mises en place. Elles n’étaient que de 2,6 millions de têtes en août 2024, soit 6,5 % de moins qu’en août 2023 et 15,8 % de moins par rapport à la moyenne 2019-2023. Mohamed Bouzidi constate aussi « qu’en Bretagne, une partie des éleveurs passent en poulet lourd au dépend de la dinde ». 

Lire aussi : Dinde : comment expliquer la déconsommation ? 

Léger rebond de la consommation de dinde 

Il reste toutefois quelques lueurs d’espoirs pour la filière. Les achats des ménages ont affiché « un léger rebond en GMS sur ce premier semestre », indique le comité interprofessionnel de la dinde française dans sa note de conjoncture mensuelle. En cumul 12 mois, la consommation parvient à se maintenir à la hausse (+4,5 %) d’après Kantar Worldpanel pour FranceAgriMer. 

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