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Dinde : comment expliquer la déconsommation ? 

La consommation apparente de dinde décroche fortement. L'interprofession envisage des pistes de relance.   

Yann Brice et Patrick Pageard
Yann Brice, dégué général de plusieurs interprofessions avicoles (à droite) et Patrick Pageard, président du comité interprofessionnel de la dinde française (à gauche)
© Sheila Kolani

La consommation apparente de dinde est tombée à 239 000 téc en cumul annuel 2023. Autrement dit, la consommation a reculé de 18,4% par rapport à 2019. De quoi contraster avec la hausse en poulet (+ 16 %) pour un total de 1 592 000 téc et la progression de 4,2% pour l’ensemble des volailles (1 981 000 téc). La baisse de la production (-23,6%), notamment en raison de la grippe aviaire, est l’un des principaux facteurs qui explique ce recul important.   

En GMS, l'entier de dinde plus abordable mais moins pratique  

La hausse des prix en rayon a aussi poussé les ménages à procéder à des arbitrages. Le prix de l’escalope de dinde a affiché une hausse de 11,3% en 2023 pour atteindre 13,81 €/kg selon Kantar Worldpanel pour FranceAgriMer. Dans le même temps, les consommateurs sont à la recherche de produits faciles et rapides à cuisiner. “Les filets et les élaborés sont les pièces les plus consommées par les ménages. L’entier de dinde est moins cher mais les ménages en achètent moins. Ils recherchent la praticité”, a indiqué Yann Brice, délégué général de plusieurs interprofessions avicoles.   

Le poulet domine le marché de la restauration hors domicile   

Hors domicile aussi, la dinde peine à trouver sa place. “Les restaurateurs se tournent plus vers le poulet moins onéreux”, a constaté Patrick Pageard. La part de poulet progresse constamment en restauration, même chose pour l’importation.   

L’interprofession veut redonner le goût de la dinde aux Français  

“Notre objectif est de gagner des parts de marchés”, a déclaré Patrick Pageard, président du comité interprofessionnel de la dinde française (Cidef). “Nous avons atteint un seuil critique”, a-t-il indiqué.  

Nous avons atteint un seuil critique”.

Pour cela, des pistes sont pensées en GMS et en restauration. Dans le cas du premier débouché, “il faut que les distributeurs mettent mieux en avant nos produits. Il y a une grande confusion en volaille. Les consommateurs sont perdus alors que l’acte d’achat n’est que de six secondes”, déplore Yann Brice. En restauration hors domicile, face au manque de dinde française en restauration, l’interprofession “pense à faire une campagne avec la restauration”, nous a appris le président du Cidef.  

La consommation de charcuterie et d’élaborés de dinde en hausse  

L'interprofession entend bien surfer sur la vague des produits de dinde prisés par les consommateurs. “Les achats d’élaborés progressent par rapport au frais”, a constaté Yann Brice.  

"Les volaillers français deviennent de plus en plus des salaisonniers ".

D'autre part, il observe que “comme en Espagne, les volaillers français deviennent de plus en plus des salaisonniers”. Pour ces deux représentants de la filière, il est plus que primordial de relancer la production et la consommation de la viande de dinde française. En 2023 comparé à 2019, les importations ont progressé de 8,5% pour atteindre 51 000 téc. Les exportations, quant à elles, ont fléchi de 31,9% mêmes dates. L'année 2023 a marqué le premier déficit de la balance commerciale pour la filière. 

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