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Consommer plus de protéines végétales « sans diaboliser la viande »

La consommation de protéines en France reste encore trop dépendante des produits animaux, et diversifier les apports des Français est primordial à l’heure de la transition alimentaire. Quels sont les leviers, quelles sont les pistes à privilégier ? Deux parlementaires livrent le résultat de leur mission, appuyant sur les besoins de développer la production de légumineuses, mais aussi d’accroître l’indépendance protéique de l’élevage français. 

La silhouette de la France, remplie de lentilles, haricots rouge, oeufs, jambon, viande, fromage, insectes, spiruline style photo culinaire
Les Français consomment bien assez de protéines, mais encore trop sont d'origine animales
© Généré par IA

Les besoins en protéines des Français sont largement couverts, avec une consommation recommandée de 0,83 g/kg de poids corporel, alors que la consommation moyenne est de 1,4 g/kg, apprend-on par le sénateur Arnaud Bazin et le député Philippe Bolo, qui ont présenté, la semaine dernière, leur travail parlementaire sur les protéines, dans le cadre de l’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques).

Lire aussi : Alternatives végétales : le marché, en croissance, pourrait se retourner

Des apports en protéines dépendants des produits animaux

Deux tiers des protéines consommées en France sont issus de produits animaux, « alors que les recommandations s’accordent sur 50 % », explique Arnaud Bazin. Les parlementaires se sont penchés sur les questions de santé, convenant que les régimes végétariens permettent un apport protéique correct, si tant est que « que les personnes pratiquant un tel régime sont suffisamment informées des risques de carences en micronutriments et disposent d’une supplémentation adéquate en vitamine B12, en calcium, fer, zinc et parfois en iode ». 

Lire aussi : Risques liés aux isoflavones : pourquoi l’Anses recommande d’éviter les aliments à base de soja en restauration collective

Des protéines animales qui ont un impact significatif

L’élevage a un impact environnemental non négligeable, puisqu’il est responsable de 12 % des émissions mondiales de GES. Les parlementaires relèvent que certes, 70 % à 75 % des surfaces agricoles cultivées servent à produire des aliments pour animaux, avec un enjeu sur les importations européennes et la déforestation, mais « les protéines végétales nécessaires à l’alimentation animale ne sont pas consommables par l’homme pour 80 à 90 % d’entre elles », précise Philippe Bolo.   

« Les protéines végétales nécessaires à l’alimentation animale ne sont pas consommables par l’homme pour 80 à 90 % d’entre elles »

Des efforts de recherche nécessaires sur les protéines alternatives

Fermentation de précision, culture cellulaire, insectes, et algues « ont suscité l’intérêt ces dernières années », note Arnaud Bazin. La fermentation de précision est « une technologique mature en laboratoire », explique le sénateur, « qui permettrait de faire face à un manque de lait », citant la possibilité de fabriquer davantage de fromage avec de la caséine issue de cette technologie, qui « ne menace ni nos paysages agricoles ni notre culture culinaire et gastronomique »

Cette technologie « ne menace ni nos paysages agricoles ni notre culture culinaire et gastronomique »

« La culture cellulaire est une technologie encore en développement qui n’a pas encore fait la preuve de son équilibre économique et peut être interrogée sur son intérêt environnemental » continue-t-il.

Préserver le savoir-faire en production d'insectes

Les insectes, « riches en protéines et nutriments », font face à « une très grosse barrière à franchir en Europe et en France en particulier », et les parlementaires jugent que le débouché premier doit être l’alimentation animale. Néanmoins la farine d’insecte coûte 50 % plus cher que les farines de poissons, compétitives mais peu durables, c’est pourquoi il « ne faut pas abandonner les efforts » mais préserver « les savoir-faire acquis par les start-ups pionnières ». Du côté des algues, l’incertitude sur les débouchés auprès des consommateurs entrave le développement de la filière.  Sur l’ensemble de ces protéines alternatives, « la France doit se positionner, en vue d’un retour sur les investissements consentis pour l’émergence de nombreuses start-up ».

Lire aussi : Alternatives végétales aux produits laitiers : où en est la consommation ?

Favoriser l’indépendance protéique

Un des enjeux mis en lumière par les parlementaires, c’est de travailler à « l’approvisionnement souverain en protéines » pour la nutrition animale, constatant « la faible efficacité » des différents plans protéines déjà mis en place et le coût pour la balance commerciale française.

Lire aussi : L’alimentation animale, point faible de l’élevage européen, comment mieux résister aux chocs ?

Les parlementaires demandent aussi d’encourager la production de légumineuses, notamment grâce à un travail sur la recherche variétale, de mécanisation et d’industrialisation de la production. 

Faire changer les habitudes des consommateurs

La consommation de viande rouge, certes, recule, mais celle de poulet augmente. Pour les produits laitiers, la hausse des fromages compense la baisse des produits laitiers frais. Dans ce contexte. Seuls 2,4 % des Français ont adopté un régime végétarien, et 0,3 % un régime végétalien. 

Lire aussi : Les légumineuses progressent-elles vraiment dans l'alimentation des Français

 Les parlementaires recommandent de mieux communiquer sur les différents types de protéines à l’occasion de la sortie du prochain PNNS. Pour continuer à diversifier les sources protéiques, ils demandent de soutenir et poursuivre « l’expérience du repas végétarien à la cantine », se félicitant du succès dans les cantines « et encore plus, au Crous ». Le rapport ne s’en termine pas moins par un appel à « ne pas diaboliser la consommation de viande ». D’autant plus que la baisse de la consommation peut se faire avant tout sur le dos des importations.

Lire aussi : Repas végétarien : 40 % de cantines hors la loi 

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