Commerce équitable : un marché à 2,65 milliards d’euros en France
Le commerce équitable progresse en France et entend renforcer sa structuration à travers de nouvelles évolutions réglementaires. Le secteur mise sur l’engagement de grande distribution pour poursuivre son développement. La moitié des produits équitables vendus en France sont issus de l’agriculture française.
Le commerce équitable progresse en France et entend renforcer sa structuration à travers de nouvelles évolutions réglementaires. Le secteur mise sur l’engagement de grande distribution pour poursuivre son développement. La moitié des produits équitables vendus en France sont issus de l’agriculture française.
Réunis lors des Assises du commerce équitable ce 17 mars, les acteurs du secteur ont mis en avant la résilience du modèle équitable dans un contexte marqué par des crises qui se succèdent (Covid-19, inflation, énergie).
En France, le commerce équitable atteint désormais 2,65 milliards d’euros de ventes, avec 15 000 références, 600 entreprises et 8 labels, soit un marché multiplié par cinq en dix ans. Près de 49 % des volumes vendus sur le territoire sont issus de filières françaises, tandis que 78 % des produits sont également certifiés bio, confirmant son rôle dans la transition agroécologique.
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Une réglementation plus structurante pour le commerce équitable
Le commerce équitable s’est davantage structuré sur le plan réglementaire ces dernières années. En France, une définition légale du commerce équitable s’articule désormais autour de sept principes clés, encadrant strictement l’usage de cette appellation par les entreprises :le soutien à l’organisation collective et démocratique des producteurs,
- le paiement d’un prix rémunérateur,
- le financement de projets collectifs via un fonds de développement,
- la construction de relations commerciales durables
- la promotion de pratiques agroécologiques.
À ces piliers s’ajoutent deux principes transversaux, qui sont : la transparence et la traçabilité des filières, garanties par les labels, ainsi que la sensibilisation des consommateurs.
Le fonctionnement de la GMS pèse sur les produits équitables
Aujourd’hui, en grande distribution, la création de valeur repose de plus en plus sur des produits différenciés comme le bio ou le commerce équitable, tandis que les produits massifiés continuent de structurer les volumes.
« L’entrée de gamme est à perte pour la grande distribution, tout comme certains best-sellers »
« L’entrée de gamme est à perte pour la grande distribution, tout comme certains best-sellers », souligne Christophe Alliou, représentant du BASIC (Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne). Sur ces produits d’appel, les stratégies reposent fortement sur les promotions et le marketing. Ainsi la pression sur les prix s’accentue tout au long de la chaîne de valeur pour les produits en dehors de ces catégories.
Moins de marketing, plus de rémunération pour les agriculteurs
À l’inverse, le commerce équitable se distingue par une structure de coûts spécifique, avec peu de dépenses marketing, mais une meilleure rémunération des producteurs et davantage de transparence. Or seulement 5 à 8 % des ventes alimentaires en France reposent aujourd’hui sur des chaînes de valeur différenciées dont le commerce équitable.
« il faut repenser la place du commerce équitable en rayon »
Pour Elisabeth Laville, co-fondatrice du cabinet Utopies « il faut repenser la place du commerce équitable en rayon ». Certains acteurs plaident pour une meilleure visibilité des produits durables, comme le fait déjà la Biocoop qui les positionne en entrée de magasin plutôt qu’en fond de rayon. Des initiatives émergent également du côté de la grande distribution. Carrefour a ainsi introduit dans ses négociations avec ses fournisseurs des « Sustainability Linked Business Plans », visant à co-engager les partenaires sur des objectifs environnementaux, comme la réduction des émissions de CO₂ ou du plastique. « Le commerce équitable s’inscrit pleinement dans cette logique, en positionnant des produits à forte valeur ajoutée sociale et environnementale »
Max Havelaar partenaire du film "La guerre des prix"
Le thriller La guerre des prix, réalisé par Anthony Dechaux sorti le 18 mars, relance le débat sur le fonctionnement et les rapports de force entre les acteurs de l’amont agricole, les industries agroalimentaires et la grande distribution. Le film dévoile au grand public l’envers du décor des négociations commerciales entre centrales d’achat et fournisseurs, marquées par des relations déséquilibrées. En mettant en lumière ces mécanismes, il invite à repenser le fonctionnement de la chaîne de valeur alimentaire et souligne une injustice structurelle persistante, liée à la pression constante sur les prix, ce qui nuit à la juste rémunération des producteurs. Partenaire de la promotion du film, Max Havelaar tient à rappeler l’importance d’outils comme le commerce équitable pour mieux répartir la valeur entre tous les maillons de la chaine allant de l’amont à la distribution, en France comme à l’international.