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Porc
[Mis à jour] Charcuterie : les entreprises « au bord de l’asphyxie »

La Fict tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme, sommant la distribution de revoir ses tarifs d’achats à la hausse, sous risque de mettre de nombreuses entreprises de charcuterie en grande difficulté.

© Pixabay

Après la publication du rapport de l’observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, la Fict s’indigne de l’évolution de la répartition de la valeur sur les produits de charcuterie. « L’évolution des marges se fait au profit des distributeurs et au détriment des entreprises de charcuterie et des éleveurs », écrit la fédération dans un communiqué.

Entre 2016 et 2021, le prix moyen du jambon cuit en rayon « progresse de 15 % » alors que l’industrie charcutière voit la part du prix lui revenant « reculer de -5 %, tandis que la part de la distribution augmente de 53 % », détaille la Fict.

Depuis la guerre en Ukraine, les coûts de production ne font qu’augmenter. L’inflation sur l’énergie, les emballages et le transport, en plus des matières premières agricoles, pousse les entreprises de la charcuterie « au bord de l’asphyxie ». « Si quelques distributeurs vertueux jouent bien le jeu d’une juste renégociation, force est de constater que trois mois après la signature de la charte d’engagements à tenir compte de l'inflation récente, beaucoup trop de contrats sont encore en attente d’ajustement », ajoute la Fict. « Certains ignorent la loi », regrette Bernard Vallat, président de la Fict

« Les coûts énergétiques peuvent être pris en compte dans une éventuelle renégociation, selon la loi. Mais rien n'oblige les distributeurs à les réouvrir », commente Bernard Vallat.

Le prix du porc au cadran ayant repris une hausse bienvenue pour l’élevage, la pression pèse à présent sur les épaules des entreprises. « Près de 40 % des entreprises de charcuterie ont des produits dont les tarifs ne permettent plus de couvrir les coûts de production » tandis que « plus de 25 % annoncent devoir réduire leurs effectifs en 2022 ».

La Fict attend une révision à la hausse des prix des achats des produits de charcuterie par la distribution. De 2016 à 2021, « la part du prix revenant à la distribution a augmenté de 1,45 € alors que le prix du produit augmentait de 1,69 € : 86 % de l’augmentation du prix est revenue à la distribution, la part revenant aux entreprises de charcuterie ayant baissé de 0,19 € », martèle la Fict.

N'étant soumis à aucune obligation réglementaire, la distribution « joue la montre, pendant que certaines entreprises produisent à perte, estime Bernard Vallat. Certains demandent des justificatifs, impliquant la création d'un dossier pour prouver des hausses. Cette requête est compliquée à gérer pour les PME qui sont déjà au four et au moulin et n'ont pas le temps de s'en occuper, alors qu'il y a des indices nationaux qui prouvent clairement que la hausse des prix de l'énergie ».

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