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Produits laitiers
Beurre, poudre, le marché résiste encore

Le marché mondial des produits laitiers résiste au marasme ambiant, malgré des inquiétudes sur la tenue de la demande si une crise économique succède à la crise sanitaire.

Les stocks européens de produits laitiers sont pour l’heure limités. © Stéphane Leitenberger
Les stocks européens de produits laitiers sont pour l’heure limités.
© Stéphane Leitenberger

Le marché européen du beurre est resté calme ces derniers mois. La crise sanitaire limite toute visibilité sur le marché. Quelques achats de court terme ont animé le marché ces dernières semaines, mais les professionnels confient avoir du mal à négocier des contrats de moyen et long terme, faute de perspective. Les échanges étaient très limités et portaient surtout sur des stocks, dont les prix sont inférieurs à ceux des produits frais. Les cours de la poudre maigre ont souffert au printemps, mais se sont redressés sur la fin du premier semestre. La poudre de lait européenne se montre plus compétitive que l’origine Océanie en faisant face à la concurrence américaine. À noter, l’Union européenne exporte de plus en plus de poudre de lait réengraissée avec des huiles végétales, une alternative moins onéreuse à la poudre de lait entier qui a su trouver des débouchés, notamment vers le Sénégal, le Nigeria et les Émirats arabes unis. Les envois pourraient atteindre 356 000 t cette année, estime l’USDA. Le marché du lactosérum pour la consommation animale était assez chaotique en début d’année, entre disponibilités assez larges et demande incertaine. Néanmoins, il a repris des couleurs pendant l’été, grâce notamment à la reprise de la demande internationale. La Chine revient en effet aux achats, son secteur porcin se développant à nouveau après avoir été durement frappé par la PPA.

Consommation européenne bien orientée

L’Union européenne a abordé l’automne avec des stocks jugés raisonnables par Bruxelles, que ce soit en poudre de lait écrémé ou en beurre, grâce à un courant d’export qui a diversement résisté à la crise. Sur les sept premiers mois de l’année, les envois de l’UE à 27 (hors Royaume-Uni), ont bondi de 29 % en beurre, de 2 % en fromage, de 13 % en poudre grasse, mais ont reculé de 12 % en poudre de lait écrémé. La consommation des Européens est aussi restée bien orientée, tout comme les usages industriels des ingrédients laitiers sur le marché intérieur.

Encore beaucoup d’ombres à l’horizon

Pour autant, le Milk Market Observatory de la Commission européenne se montre très prudent dans ses perspectives. En effet, la collecte laitière européenne devrait continuer de progresser, de l’ordre de 1,4 % cette année par rapport à 2019. La hausse serait aussi de mise dans les autres bassins exportateurs que sont les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine ou l’Australie. Mais la tenue de la demande mondiale comme européenne dépendra de la situation économique dans les mois à venir. Or, l’économie étant à la merci de la pandémie, les incertitudes sont très nombreuses. Alors que de nombreux pays européens ont entamé des démarches de segmentation de leur production laitière (bio, nourri à l’herbe, sans OGM, local, lait de foin, équitable), la Commission note avec inquiétude que le prix devient de plus en plus le critère d’achat prépondérant. Les ventes de produits bios ont certes continué de progresser dans l’UE, mais à un rythme moindre. Par ailleurs, le Brexit pourrait lui aussi bouleverser le marché, si aucun accord n’est trouvé.

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