Aller au contenu principal

Autocontrôle : « Il y a un risque de dérive »

Myriam Prigent, technicienne des services vétérinaires et conseillère fédérale à la FGA-CFDT.
© DR

Les Marchés Hebdo : Conséquence de l’affaire Lactalis, les règles des autocontrôles doivent-elles être modifiées ?

Myriam Prigent : Depuis 1993, la réglementation a rendu responsable les professionnels de ce qu’ils mettaient sur le marché, c’est ce que l’on appelle les autocontrôles. Depuis, l’État vérifie comment les entreprises se comportent. Mais les services d’inspection ont été amaigris. Les fréquences d’inspection ont chuté. Avant, nous intervenions au fil de l’eau. Désormais, nous avons un panier d’entreprises à vérifier. En fonction du temps et de la filière d’activités, certaines sont moins contrôlées que d’autres. Nous faisons davantage les pompiers que des actes préventifs.

LMH : Si la transmission des autocontrôles aux pouvoirs publics était rendue obligatoire quel que soit le cas, auriez-vous les moyens humains nécessaires ?

M. P. : Nous ne pourrons pas gérer au niveau humain. La DGAL a réfléchi à une solution : diminuer la fréquence des contrôles pour les entreprises qui sont certifiées, considérant que les organismes certificateurs pouvaient aussi regarder le volet sanitaire. À partir de 2018, il devrait y avoir des tests pour envoyer en duo un agent des services de l’État et une personne d’une entreprise de certification, et voir si cela fonctionne. Cela nous fait très peur. Il y a un risque de dérive. Si l’État veut renforcer les contrôles, il faut les effectifs qui vont avec.

Propos recueillis par Anne-Sophie Le Bras

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio