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Viande
Arcadie Sud-Ouest morcelé entre quatre repreneurs

Placé en redressement judiciaire le 30 juin 2020, le premier groupe d’abattage et découpe de viande du Sud-Ouest voit ses quatorze sites répartis entre les mains d’Unicor, de Carnivor et de Bigard adossé à Lur Berri. Explications.

Après des années de difficulté, le groupe d’abattage et de transformation de viande Arcadie Sud-Ouest (404 M€ de chiffre d’affaires en 2019) n’a pas résisté à la crise liée à la Covid-19 et a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Montpellier le 30 juin. Le premier groupe d’abattage et de découpe de bovins, porcs et ovins du Sud-Ouest, détenant quatorze sites de transformation avec 1 000 salariés, appartenait à six coopératives, dont Lur Berri (48,2 % du capital), Unicor (27 %), Capel (13,4 %), Arterris et Univia Périgord Bétail. Le 4 septembre, le tribunal de commerce de Montpellier a rendu sa décision qui conduit au morcellement du groupe.

Unicor reprend les sites de Rodez

Le groupe coopératif Unicor s’est, le premier, félicité d’avoir été retenu pour reprendre les sites d’Arcadie Sud-Ouest situés dans son fief de Rodez. « Depuis le début, nous nous étions positionnés sur les sites de Rodez qui sont nécessaires et importants pour la coopérative », rappelle Denis Simon, directeur général d’Unicor (7 000 adhérents et 370 M€ de chiffre d’affaires). Soutenu par les acteurs locaux, dont le groupe Celia et Bousquet Viande, face à l’offre concurrente de Beauvallet, Unicor intègre ainsi l’abattoir (ex-SARL ADR) qui devient Rodez Abattoir et les activités de chevilles (ex-Jean Cadars rebaptisé Cadars Rodez et ex-Arcadie renommé Ruthènes Viandes). L’abattoir, qui traite quelque 14 000 t de viande, dont 11 000 t de bovins et 3 000 t d’agneaux, représentait 40 % des débouchés d’Unicor.

Unicor va apporter 400 tonnes supplémentaires afin de saturer les outils

« En plus des tonnages habituels, Unicor va apporter 400 tonnes supplémentaires afin de saturer les outils et conforter leur rentabilité immédiate », explique Jean-Claude Virenque, président d’Unicor. Le site de Rodez va bénéficier d’un investissement de 4,1 millions d’euros autour de trois axes : le bien-être animal, la création d’un atelier de steaks hachés frais label Rouge pour valoriser l’équilibre carcasse et l’amélioration des groupes froids. Les 129 salariés du site sont conservés et il est « prévu de recruter une dizaine de personnes sur la qualité, la sécurité, le contrôle de gestion et le commercial », précise Denis Simon.

Le discret groupe Carnivor s’impose

Deuxième groupe à avoir communiqué sur la décision du tribunal de commerce de Montpellier : le pourtant très discret groupe Carnivor (300 M€ de chiffre d’affaires pour son pôle viande, 630 salariés), présidé par René Imbert, ayant raflé le site de Brive face à Bigard, en se positionnant aussi sur le site de Thiviers. Le groupe qui s’est construit sur l’exploitation d’un réseau de boucheries sur le pourtour méditerranéen (comptant aujourd’hui douze magasins) et les produits élaborés de 3e et 4e transformation (viande hachée, tartare, UVCI…) avec son site de Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône) a petit à petit intégré la filière en investissant dans l’abattage découpe.

Le groupe traite 35 000 tonnes de porcs par an à l’abattoir des Crêts et 40 000 bovins par an à Bourg-en-Bresse (Ain), via sa filiale Tropal. À Limoges (Haute-Vienne), le groupe possède aussi Covilim, « structure exclusivement dédiée à l’exportation de 25 000 jeunes bovins par an », explique Olivier Aubert, directeur du groupe Carnivor.

Nous allons investir 1,5 million sur Brive et 5 millions sur Thiviers

Via la holding T’Rhéa créée pour l’occasion, le groupe reprend les actifs des sites de Brive (un abattoir et un atelier de découpe gérant 10 000 t de bovins et veaux), de Thiviers (un abattoir et un atelier de découpe multi-espèces gérant 22 000 t), de trois boucheries (à Bergerac, Marsac et Ribérac) et les titres de participation Pedavia, société de commercialisation de produits carnés à destination de la restauration. « Nous reprenons l’ensemble du personnel, soit 278 personnes », explique Thithuy Thaiduc, directrice financière du pôle viandes de Carnivor. « Nous allons investir 1,5 million sur Brive et 5 millions sur le site de Thiviers », ajoute Olivier Aubert.

Obsolète le site de Thiviers sera remis à niveau, orienté vers le haut de gamme et sa capacité de froid sera agrandie. Les deux sites viseront les normes IFS. « L’activité de Covilim sera maintenue », précise-t-il. Le groupe Carnivor qui se qualifie « d’agro-industriel alimentaire en circuit court » prévoit le développement d’un modèle de contractualisation avec les éleveurs régionaux. « Cette année, nous avons déjà 5 000 à 6 000 bovins sous contrats », explique Olivier Aubert.

Bigard met la main sur cinq sites

Si le groupe Sicarev n’a pas été retenu par le tribunal de commerce, le leader français Bigard a reçu le feu vert pour reprendre les sites d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques) et d’Auch (Gers) dans leur totalité, les sites de découpe Bevimo de Mont-de-Marsan (Landes) et de découpe et de distribution de Tarbes (Hautes-Pyrénées). L’ensemble est rebaptisé SAS Arcadie Viandes. L’opération est réalisée avec la coopérative Lur Berri qui détient 30 % des parts de cette nouvelle société. Des investissements sont prévus sur les sites, mais ni Lur Berri ni Bigard ne veut donner de précisions. À noter que la partie abattoir de Tarbes a été confiée au groupement d’éleveurs Le Porc noir de Bigorre et à la chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées selon, Les Échos.

Enfin, le groupe Bigard annonce acquérir à 100 % la société SAS Destrel (48 M€ de CA en 2018), à Gramat, spécialisée dans la fabrication, la distribution et la commercialisation de viandes ovines.

Graphique Arcadie

Le sort de l’usine de steaks hachés toujours en suspens

Si le sort de la majorité des sites d’Arcadie Sud-Ouest est désormais connu, celui de l’usine aveyronnaise de steaks hachés surgelés de Sainte-Geneviève-sur-Argence reste encore en suspens. Jugé en surcapacité, ce site emploie 80 personnes. Le tribunal de commerce de Montpellier a prolongé la période d’observation jusqu’au 30 septembre pour ce site afin de permettre à des candidats de déposer des offres jusqu’à ce 18 septembre au plus tard.

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