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Antibiotiques et clauses miroirs : pourquoi Interbev est déçue

L’interprofession du bétail et des viandes est déçue du règlement européen d’exécution supposé empêcher l’importation de produits d’animaux soumis à des activateurs de croissance antibiotiques. 

Bovins d'Amérique du sud
Bovins d'Amérique du sud
© Réussir

Le règlement d’exécution (UE 2024/399) de la Commission du 29 janvier 2024 déçoit beaucoup l’interprofession Interbev demandeuse de clauses miroirs dans l’importation de viandes bovines des pays tiers. Ce règlement, en effet, prévoit une simple demande d’attestation sur l’honneur de l’exportateur (ou plutôt du vétérinaire officiel) du respect des exigences définies dans le règlement (UE) 2019/6 et le règlement délégué (UE) 2023/905. 

Lire aussi : Qu’est-ce que le « split » qui pourrait faire passer l’accord UE-Mercosur ?

Ces textes disent :  Les animaux ou produits […] qui sont exportés à partir de pays tiers vers l’Union n’ont pas reçu ou ne proviennent pas d’animaux ayant reçu l’un des médicaments suivants : un médicament antimicrobien utilisé dans le but de favoriser la croissance ou d’augmenter le rendement; un médicament antimicrobien contenant un antimicrobien qui figure sur la liste des antimicrobiens réservés au traitement de certaines infections chez l’homme, dressée dans le règlement d’exécution (UE) 2022/1255.

Lire aussi : La menace du Mercosur sur les filières bovines européennes se concrétise

Une clause miroir sans preuve, pas avant 2026

« Le tout sans preuve à fournir, ni garantie de traçabilité et avec une application tardive, à partir du 3 septembre 2026 seulement, alors que l’interdiction a été adoptée en 2018 ! », se désespère une porte-parole d’Interbev. En juin 2023, Interbev s'impatientait déjà.

C'est « la porte ouverte à de nouvelles fraudes aux certificats sanitaires, déjà survenues il y a quelques années au Brésil », rappelle Interbev dans un communiqué diffusé ce 15 février 2024. « Alors que l'application des mesures miroirs dans nos échanges commerciaux a été un point central des mobilisations agricoles européennes, la Commission européenne manque l'occasion de se positionner clairement en faveur des professionnels français de la filière Elevage et Viande ». « La Commission européenne ne se donne toujours pas les moyens de vérifier ce qu’elle impose ! », déplore Jean-François Guihard, président d’Interbev.

Rappel d’Interbev sur les viandes des pays tiers importées : les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) ont exporté vers l'UE27 152 939 tec de viande bovine, abats, graisses et préparation entre janvier et décembre 2023. Les principaux pays européens concernés par ces exportations sont les Pays-Bas, l'Italie et l'Allemagne.

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