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Rapport sénatorial
« Aller jusqu’à la fixation du prix » pour la viande bovine

Jean Bizet met en lumière dans son rapport les problèmes de la filière bovin viande, notamment une rémunération des éleveurs, une offre pas toujours adaptée à la demande et l’absence de stratégie pérenne à l’exportation.

Jean Bizet, président de la commission des Affaires étrangères. © DR
Jean Bizet, président de la commission des Affaires étrangères.
© DR

Dans son rapport « Agriculture et droit de la concurrence : redonner aux agriculteurs français un pouvoir de marché », Jean Bizet, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, met en lumière les problèmes de la filière viande bovine et propose des solutions pour sortir de la crise. « Les producteurs de viande bovine ne sont pas en bonne santé et doivent être préparés à recevoir de moins en moins de subventions des pouvoirs publics », confie Jean Bizet à l’occasion d’une présentation presse le 24 septembre 2020. Le sénateur prend exemple sur ce qui se fait à l’étranger, comme aux États-Unis, pour faire en sorte qu’il y ait « une entente sur les prix, sans pour autant être dominants ».

« Le but n’est pas d’aller contre les pouvoirs publics qui pourraient intervenir s’il y a dérive. Mais nous pourrions aller jusqu’à une fixation des prix », propose-t-il. Jean Bizet s’inspire aussi de la viande produite en Irlande, lui permettant de pointer du doigt l’un des problèmes de la filière française. « Les animaux produits en Irlande sont moins lourds et la viande qui en résulte est plus persillée. C’est aussi ce que veulent les Français, mais les bovins produits sont trop lourds et moins valorisés. Il y a un décalage persistant entre l’offre et la demande des consommateurs en France. Mais aujourd’hui, plus l’animal est lourd, mieux l’éleveur est payé », explique-t-il. Afin de procéder à un tel changement, le sénateur propose de réviser la grille de paiement des éleveurs. « L’empreinte Carbonne d’un bovin abattu à 16-18 mois est moins importante que celle d’un animal tué à 25-30 mois », souligne-t-il.

Le maillon faible de l’agriculture française

Jean Bizet pointe aussi la domination du groupe Bigard sur le segment de la transformation, une société « qui se satisfait de son modèle économique sans se soucier de la trésorerie des producteurs », avance-t-il. Le sénateur dénonce l’intégration par les transformateurs de l’aide au bovin allaitant, versée par l’État aux agriculteurs, dans le prix de la viande. « Cet argent doit aller dans la poche de l’éleveur », affirme-t-il.

Absence de stratégie pérenne à l’exportation

Le rapport de Jean Bizet dénonce une absence de stratégie pérenne à l’exportation, ce pour quoi la filière française peine à fidéliser ses interlocuteurs internationaux. « Il suffit de voir le psychodrame qu’a entraîné les accords du Ceta par les acteurs de la filière bovin viande qui ne veut pas se réformer. Ils n’ont pas à englober les autres secteurs agricoles, alors que les filières vins, produits laitiers et d’autres seraient gagnantes avec cet accord. Cette filière est le maillon faible de l’agriculture française », assène-t-il. La filière s’inquiète des accords de libre-échange que la France et l’Europe tentent de mettre en place « et c’est normal, ajoute Jean Bizet, mais elle ne doit pas les accuser de l’avoir mis dans la situation qu’elle vit sur le marché français ».

Des mesures à proposer à Bruxelles

Les propositions du sénateur Jean Bizet devraient être « défendues à Bruxelles », selon lui, où un combat difficile attend la France. « N’attendons aucune aide des autres États membres de l’Union européenne, car la faiblesse de notre filière leur convient parfaitement », juge-t-il. Mais le sénateur reste optimiste en défendant, sur ce point, Emmanuel Macron. « La volonté du président de la République est forte sur le sujet. Il mène une bonne politique au niveau européen, où la voix de la France est entendue », explique-t-il.

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