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22 % des abattoirs bovins ont disparu en 15 ans

La filière d’abattage-découpe de gros bovins va mal. Le nombre d’établissements présents en France a reculé 22 % en quinze ans. Culture Viande parle d’une « crise structurelle majeure ».

quartiers de boeufs pendus à l'abattoir
Le secteur bovin a perdu 49 établissements (- 22 %) en quinze ans (2010-2024). Dans le même temps, le nombre de têtes abattu a reculé de 17 %.
© Virginie Pinson

Quand le processus de restructuration du secteur industriel du bovin sera-t-il achevé ? Impossible à dire, tant la production continue de décroître. Dans le Grand Ouest (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire) qui nourrit en viande bovine près d’un Français sur deux, le cheptel bovin a reculé « de 11 % en cinq ans (2018-2023) et de 14,5 % pour les (seules) vaches allaitantes », communiquait Interbev Bretagne fin septembre. 

Lire aussi : Culture Viande : « Sans abattoir ni ateliers, il n’y a pas de valorisation de la production française »

La crise structurelle des abattoirs n’en finit pas

Sur le plan national, la situation est partout sur le fil. « La filière abattage-découpe traverse aujourd’hui une crise structurelle majeure, marquée par des marges durablement négatives, une trésorerie fragilisée et une contraction rapide du maillage territorial », souligne Culture Viande. 

Lire aussi : Abattoirs : « On a besoin de vaches, pas d’aides ! »

Répercuter les hausses de prix des bovins sans perdre le consommateur

Avec les inflations sur les postes énergie, emballages, main-d’œuvre de ces dernières années couplée à l’augmentation du coût matière et la quasi-impossibilité de le répercuter à l’aval, les marges se sont nettement dégradées. « Elles ont été négatives en 2023 (- 9 centimes du kilo) et 2024 (- 8 centimes) », précise-t-on chez Culture Viande, fragilisant en particulier les « PME d’abattage bovin et multi-espèces, plus sensibles à la volatilité des volumes ». Résultat, le nombre d’établissements spécialisés en gros bovins en France a perdu 9,5 % de ses effectifs (18 établissements fermés) pour arriver à 171 abattoirs.

Lire aussi  : « La première chose à faire, c’est de faire naître les veaux ! » pour Emmanuel Bernard, Interbev bovins

Les gros abattoirs moins impactés que les petits

 Durant cette séquence, ce sont surtout les plus petits outils qui ont souffert. Toujours selon Culture Viande, les établissements de 500 à 800 tonnes ont perdu 45 % de leurs effectifs entre 2019 et 2024, ceux compris entre 3 000 et 5 000 tonnes 50 %. Les outils d’une capacité supérieure à 5 000 tonnes ont été moins impactés (- 5,5 %). La restructuration semble s’accélérer, mais elle était déjà à l’œuvre avant. Le secteur a en effet perdu 49 établissements (- 22 %) en quinze ans (2010-2024). Dans le même temps, le nombre de têtes abattu a reculé de 17 %. Il y a donc concomitance entre production et abattage. Le contexte reste extrêmement compliqué. Le syndicat des abattoirs travaille actuellement pour réduire la portée de deux taxes qui risquent d’alourdir le poids des charges : la redevance eau et la taxe plastique.

 Lire aussi : Crise des abattoirs : que retenir du rapport de la mission parlementaire ?

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