Aller au contenu principal

Crise du bio : 100 millions de litres de lait pourraient être écoulés dans la restauration médico-sociale

Pour stimuler la consommation de produits laitiers bio, en décroissance de 4,5 % en 2023 à 1,23 milliard de litres (4 800 fermes), l’interprofession Cniel active tous les leviers à sa disposition. Notamment la restauration médico-sociale.

Produits biologiques en cantine scolaire.
La restauration médico-sociale est à la traîne sur le bio, mais pourrait contribuer à écouler des volumes importants
© Loire Atlantique Agricole

 Lors d’une journée presse organisée fin août dans le Morbihan, le Cniel a décrit par le menu tout le potentiel de croissance pour les produits laitiers bio existant dans la restauration des établissements qui accueillent des personnes âgées (Ehpad, maison de retraite) et en en situation de handicaps (foyers, maisons d’accueil spécialisées, etc.).

Voir l'infographie sur le bio dans les cantines

Pas assez de bio au menu des Ehpad et hôpitaux

Tenus de proposer à leur menu 50 % de produits sous signes de qualité dont 20 % de produits bio en vertu de la loi Egalim1 (2021), ces établissements sont loin du compte. 

 6 % de produits bios dans leurs menus

« Nous n’avons comme estimation que leurs déclarations d’achats, explique Julia de Castro, principale animatrice de la commission bio du Cniel. Elles donnent 6 % de produits bios dans leurs menus. » La vérité est plus basse si l’on y intègre les hôpitaux. Le levier de la restauration médico-sociale peut paraître marginal aux côtés du segment de marché des grandes et moyennes surfaces où s’écoulent les trois quarts de produits laitiers bios. 

Lire aussi : Lait bio : les cantines jouent-elles leur rôle ?

1/5 des déclassements de lait bio pourraient être valorisés dans le médico-social

Mais dans une filière qui déclasse « 35 à 40 % de sa production chaque année », dit Yves Sauvaget, président de la commission bio du Cniel, parvenir à respecter le seuil de 20 % de produits bio dans la restauration médico-sociale reviendrait à y valoriser « 100 millions de litres, soit le cinquième du lait non valorisé en bio en France », précise Julia de Castro. La restauration médico-sociale n’est pas le « vilain petit canard » de la restauration collective. 

Lire aussi : Lait bio : trois régions échappent à la baisse de la collecte

Tout le secteur manque à ses devoirs. Toujours selon Mme de Castro, les différents acteurs de la restauration collective ont réalisé l’an passé 9 % de leurs achats de produits laitiers en bio contre 8,7 % l’année précédente, 7,3 % en 2021 et 4,3 % en 2020. S’il y a bien eu un effet de la loi adoptée en 2021, depuis la restauration collective prend son temps. « À ce rythme, les 20 % ne pourraient être atteints qu’en 2038 », note Julia de Castro.

« À ce rythme, les 20 % ne pourraient être atteints qu’en 2038 »

Trop peu de budget pour l'alimentation

Au SILGOM (Saint-Avé, Morbihan), cuisine centrale pour différents établissements de santé et hôpitaux du sud-est du département (8 300 repas fabriqués par jour) et groupement d’achat breton du secteur, les achats « sous signe de qualité ont représenté l’an passé 36 % et en bio 7 % », explique Nolwenn Beauverger, directrice générale adjointe. Un faible pourcentage qui butte sur la réalité budgétaire des établissements. La loi leur impose de consacrer 0,68 % de leur budget à l’alimentation. 

Lire aussi : Crise du bio : comment l'Agence Bio mobilise la restauration collective et commerciale

Dans les faits, cette dépense se traduit par « des menus d’une valeur de 2,30 euros TTC comprenant entrée, plat chaud, fromage et dessert », précise Mickael Crété, en charge du sourcing alimentaire au SILGOM. Ces établissements pourraient en faire plus s’ils en avaient les moyens. Le réseau interprofessionnel du secteur, Restau’Co a tenté il y a quelques mois de pousser un amendement prévoyant d’augmenter la part minimale de l’alimentation dans le budget des établissements de 0,68 à 1 %. L’amendement a été rejeté. 

Lire aussi : Crise du  bio : « Nous sommes beaucoup trop dépendant de la consommation à domicile »  

Les plus lus

Drapeau de l'Ukraine
Poulet : l’Ukraine renforce ses accords et compte intensifier ses exportations en 2026

Les exportations de poulet ukrainien devraient progresser en 2026 vers l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui pourrait bien…

rayon boucherie en magasin
La flambée des prix du bœuf a plombé la consommation en 2025, porc et poulet en profitent

Les prix d’achat des ménages de la viande bovine ont affiché une croissance à deux chiffres en 2025, ce qui s’est traduit par…

oeufs industrie
Œufs : L’UE importe plus, l’Ukraine et la Turquie en profitent

L’évolution des prix des œufs français, au  27 mars 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

Le poulet vendu en boucherie
Volailles : le poulet et les produits élaborés tirent toujours la consommation

La consommation de poulet continue de progresser en France, portée par la restauration hors domicile, alors qu’elle stagne en…

graphique de prix des oeufs
Œufs : les prix des œufs au sol battent des records en Europe, pas la cage

L’évolution des prix des œufs français, au  février 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

quai de déchargement des porte conteneur
Viande bovine : record historique des importations européennes au mois de janvier

Jamais sur un mois de janvier, l’Union européenne n’avait importé autant de viande bovine qu’en 2026. Les envois étaient…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio