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Pomme de terre : la chute annoncée des superficies va-t-elle redresser le marché ?

Après une campagne 2025-2026 catastrophique en pomme de terre, les superficies plantées pour 2026/2027 se réduisent, plus ou moins nettement selon les pays. Mais la baisse sera-t-elle suffisante pour redresser un marché plombé par l’excédent d’offre ? 

champ de pommes de terre
Selon ses prévisions de mai, la Commission ne s’attend qu’à une baisse de 4 % des superficies de pommes de terre.
© V. Marmuse / CAIA

L’Association des producteurs de pommes de terre du Nord-Ouest européen (NEPG) a appelé les producteurs, à plusieurs reprises ces derniers mois, à ne planter en pommes de terre que les surfaces qu’ils étaient certains de pouvoir commercialiser « à un prix satisfaisant », après une précédente campagne difficile. Un appel qui semble partiellement entendu. En France, Agreste table en 2026 sur une baisse de 5,2 % des surfaces plantées sur un an, à 182 000 ha. Malgré cette diminution, il s'agirait toujours de la deuxième plus grande superficie jamais enregistrée dans le pays, après les 192 000 ha de 2025. Cette superficie 2026 dépasse de 10,6 % la moyenne quinquennale. 

Les surfaces belges de pomme de terre en net recul

Le dernier recensement des superficies réalisé par le Service public de Wallonie fait état, pour 2026, d’une baisse de 11,9 % des surfaces consacrées aux pommes de terre (-11,6 % pour la pomme de terre de consommation et -21,2 % pour la pomme de terre de semence). Aucune donnée officielle n’est encore disponible pour la Flandre. Les premières enquêtes menées par Viaverda indiquent toutefois également une baisse des surfaces d’environ 20 %. La Belgique pourrait donc voir ses surfaces implantées en pomme de terre en baisse de 15 %, à environ 91 000 ha.  

L’Allemagne en baisse plus modérée

Les premières estimations de l’office allemand Destatis sont à une baisse plus modérée des surfaces de pommes de terre en Allemagne, de l’ordre de -7 % à 280 400 ha. La culture de la pomme de terre resterait ainsi pratiquement au même niveau qu'en 2024, année où les volumes de récolte dépassaient déjà la demande.

Une baisse de seulement 4 % dans l’UE

Selon ses prévisions de mai, la Commission ne s’attend pourtant qu’à une baisse de 4 % des superficies de pommes de terre, à un niveau proche de la moyenne quinquennale. Or, la baisse nécessaire pour régulariser le marché serait de l’ordre du triple, estiment les experts. Au-delà de la baisse des superficies, ce sont donc les rendements qui donneront le ton du marché. 

L’annonce ce jour d’un accord de paix entre l’Iran et les États-Unis pourrait aussi donner un peu d’air au marché puisque les exportations étaient au point mort vers le Moyen-Orient depuis 3 mois. 

Un marché de la pomme de terre catastrophique sur 2025/2026

Le déséquilibre offre/demande du marché de la pomme de terre a été très fort sur la dernière campagne, ce qui s’est traduit par un effondrement des prix spot. 8,58 millions de tonnes de pommes de terre de conservation ont en effet été produites l’an dernier, soit 14,7 % de plus qu’un an plus tôt. Le consommateur a en partie bénéficié de cette pression du marché, avec des prix de vente en GMS en chute de 10  à 20 % selon les variétés de pommes de terre, selon le CNIPT. Ce qui s’est traduit par une légère hausse des ventes. Aujourd’hui, les premières primeurs arrivent sur le marché alors que les stocks destinés au marché du frais sont encore très importants, à plus de 417 000 t fin avril. Les volumes de l’ancienne récolte pourront « orientés vers des usages alternatifs alimentaires ou non alimentaires, voire détruits dans un cadre encadré », propose le CNIPT. Par ailleurs, en cumul sur les huit mois se terminant fin mars, les exportations françaises ont reculé de 8 % en volume et 31 % en valeur sur un an. Les importations ont progressé de 34 % en volume et 21 % en valeur. 

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