« La conserve bénéficie d’un regain d’intérêt sur les réseaux sociaux »
Les conserves alimentaires continuent de plaire aux séniors, en quête de praticité, de durabilité et de disponibilité d’aliments. Le marché se maintient et la filière mise sur la communication pour attirer les jeunes consommateurs. Toutefois, les tensions géopolitiques et environnementales actuelles pourraient bousculer ce marché.
Les conserves alimentaires continuent de plaire aux séniors, en quête de praticité, de durabilité et de disponibilité d’aliments. Le marché se maintient et la filière mise sur la communication pour attirer les jeunes consommateurs. Toutefois, les tensions géopolitiques et environnementales actuelles pourraient bousculer ce marché.
Avec un temps moyen consacré à la préparation des repas tombé à 20,3 minutes par jour selon Worldpanel by Numerator, la conserve se positionne comme un incontournable des repas des foyers français, appréciée par sa praticité, son accessibilité et sa capacité à préserver durablement les nutriments. « Au total, près de 35 millions de Français en consomment au moins deux fois par semaine » indique Damien Jeannot, le président de l’l’Union interprofessionnelle pour la promotion des industries de la conserve (Uppia), lors d’une conférence ce 25 mars.
La conserve, un produit de grande consommation en recul
En 2025, ce sont 1,3 milliard d’unités écoulées, en recul de 1,2 % sur un an, pour un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros, en légère baisse de 0,7 %. Ce repli s’explique par une diminution du nombre d’articles par panier ainsi que par une fréquence d’achat en retrait. Ce segment alimentaire pèse tout de même pour 5,3 % du chiffre d’affaires des PGC-FLS, malgré un léger recul de 0,5 %.
« On observe les mêmes dynamiques que sur l’ensemble des PGC-FLS, il n’y a pas d’atypisme propre à la conserve »
Les catégories qui se vendent le mieux sont les légumes tandis que les conserves de viande reculent, pénalisées par l’inflation des prix de la viande. « On observe les mêmes dynamiques que sur l’ensemble des PGC-FLS, il n’y a pas d’atypisme propre à la conserve », souligne Franck Gardillou, analyste chez Worldpanel by Numerator.

La conserve reste plébiscitée le plus par les foyers seniors
Le marché de la conserve est largement soutenu par les plus de 50 ans, sans enfants, qui représentent à eux seuls 46 % des volumes achetés. À l’inverse, les familles avec enfants et notamment ceux en bas âge, réduisent leurs achats, alors qu’elles pèsent pour 39 % des volumes vendus. Cette évolution à la baisse s’explique par « la diminution de la taille des foyers et la baisse de la natalité » selon l’analyste de Worldpanel by Numerator
Lire aussi : Vieillissement de la population : quel impact pour la consommation alimentaire ?
La jeunesse, une cible stratégique pour la filière
Afin d’élargir, de rajeunir et surtout de maintenir sa base de consommateurs, l’Uppia a lancé en 2025 une campagne de communication visant à moderniser l’image de la conserve. L’objectif est de mieux valoriser les atouts de la conserve en axant des publicités sur l’absence de conservateurs ajoutés, la qualité nutritionnelle et la recyclabilité des emballages.
Selon l’expert de Worldpanel, qui a évalué l’impact de cette campagne auprès des foyers exposés, la perception du produit s’améliore nettement. Les intentions d’achat progressent de 0,8 point à court terme, avec un effet particulièrement marqué chez les moins de 50 ans dont l’intention d’achat, après sensibilisation a grimpé en moyenne de 17 points, contre seulement 7 points de plus pour les plus de 50 ans.
Lire aussi : Alimentaire : comment consomme la Gen Z ?
« La conserve bénéficie d’un regain d’intérêt sur les réseaux sociaux, où les consommateurs se réapproprient les produits via des recettes personnalisées » fait observer Damien Jeannot. Rapprocher la conserve du fait maison via des recettes contemporaines et personnalisées est une piste à creuser pour recruter davantage de consommateurs jeunes.
Le marché de la conserve sensible à la guerre au Moyen-Orient
La guerre entre l’Iran et les États-Unis impacte déjà les coûts de production des industriels de la conserve métallique. « La première inflation visible concerne le transport. Mais d’autres hausses, notamment sur les emballages métalliques, commencent à apparaître », alerte le président de l’Uppia.
Lire aussi : Agroalimentaire : États-Unis, Chine, Moyen-Orient, les exportations françaises à la merci de la géopolitique
En magasin, les conserves ont enregistré une hausse de prix de 15 % entre 2023 et 2025 à cause de l’inflation des matière premières causé notamment par le cumul des effets du Covid-19 et de la guerre en Ukraine, dans un contexte de progression globale de 20 % pour les PGC-FLS.
La conserve, un produit refuge en période d’incertitude
L’histoire montre que les périodes de crise soutiennent souvent la demande en conserves. Lorsque l’anxiété et les incertitudes des consommateurs augmentent, ces derniers se tournent davantage vers les produits longue conservation fait observer le président de l’Uppia.
Par ailleurs les inondations récentes pourraient entraîner prochainement des hausses des prix des fruits et légumes en frais, renforçant l’attractivité des conserves. « Avec des récoltes réduites, les produits frais risquent d’augmenter », souligne une représentante des industriels de l’Uppia.