Pour le Gaec du Coadic, la performance des vaches, la maîtrise des charges opérationnelles et une bonne valorisation des produits sont essentielles. Le confort des animaux, l'autonomie alimentaire, ainsi qu’un atelier d’engraissement aident à atteindre ces objectifs.
Associés du Gaec du Coadic, à Arzano, dans le Finistère, Sandrine et Jacques Valégant ont mis en place un système d’élevage productif basé sur une forte proportion de maïs dans la ration, de l’herbe récoltée de qualité et l’utilisation de matières premières brutes ainsi que de leurs céréales. S’y ajoute la valorisation des prairies permanentes grâce à un atelier d’engraissement, les vaches laitières ne pâturant pas. Leur objectif : avoir des vaches performantes, tout en maîtrisant les charges et avec une bonne valorisation de tous les produits : le lait comme la viande.
Deux nouveaux bâtiments pour plus de confort
Un levier essentiel de leur stratégie a été la construction en 2020 d’un nouveau bâtiment laitier de 240 places avec quatre robots de traite, une nurserie, une fosse à lisier avec séparation de phases et une fumière.
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Pour exprimer la performance des animaux, les éleveurs misent sur leur confort. « Nous avons conçu la stabulation pour que les vaches y soient le mieux possible, souligne Jacques Valégant. Et nous avons créé tout de suite une nouvelle nurserie. Les veaux sont souvent oubliés quand on construit une stabulation, alors que c’est une phase essentielle. »
De l’herbe pour un tiers des fourrages
La maîtrise des charges passe par celle du coût alimentaire. « Notre objectif est d’être le plus autonome possible et de maîtriser les charges opérationnelles, précisent les éleveurs. En alimentation, nous recherchons une ration simple basée essentiellement sur les fourrages et céréales produits sur l’exploitation. »
Si la ration comprend une forte part de maïs, ensilage, épi et grain, un tiers des fourrages est constitué d’herbe. « Le but avec l’herbe est d’être plus autonomes en protéines et de réduire le coût de la ration, précise Jacques. Les prairies, refaites tous les trois ans, comportent beaucoup de trèfles violets et de plus en plus de ray-grass hybride ou ray-grass anglais à la place du dactyle, moins riche en UF et plus difficile à conserver. Nous sommes très attentifs au stade de récolte, avec en général cinq à six coupes par an. Et quand l’herbe n’est pas de très bonne qualité, nous préférons la distribuer aux génisses, plutôt qu’aux vaches. »
Des maïs typés grain
Côté maïs, qui représente deux tiers des fourrages et une partie des concentrés, « nos terres et le climat permettent de bons rendements en maïs : de 18 à 20 tonnes de matière sèche à l'hectare sans irrigation. Nous choisissons des variétés typées grain à 37-38 % d’amidon et sommes très attentifs au stade de récolte et à la qualité de coupe ».
Les éleveurs sèment aussi des dérobées de ray-grass italien et trèfle de Micheli, après céréales et après maïs. « Après céréales, nous réalisons une coupe à l’automne, puis la dernière semaine de mars, détaille Jacques Valégant. Et après maïs, nous semons la dérobée mi-octobre et la récoltons fin mars. »
40 % des concentrés issus de l’exploitation
Les associés privilégient aussi l’utilisation de matières premières brutes et de concentrés fermiers obtenus par échange céréales-aliments. Une partie du maïs est transformée en farine distribuée dans la mélangeuse.
Le concentré distribué au robot comprend 50 % d’orge transformée en granulés. « Plus de 40 % des concentrés sont issus de l’exploitation, contre 10 % environ pour la référence régionale Grands troupeaux », constate Pascale Morin, conseillère bovins lait à la chambre d’agriculture de Bretagne.
Pour le soja, les éleveurs surveillent les cotations et prennent des positions très tôt. La ration est établie avec l’appui d’un nutritionniste indépendant selon la qualité des fourrages. Elle est distribuée deux fois par jour à hauteur de 26 kilos de matière sèche par vache laitière par jour en comptant le correcteur au robot. « Au final, le coût alimentaire sur l’année est de 5 à 5,50 euros par vache traite par jour », évalue Jacques Valégant.
Les génisses de renouvellement sont élevées à la poudre de lait, avec un mash fermier distribué dès les premiers jours et constitué de maïs, tourteau de soja 48, orge, coques de soja, mélasse et paille.
L’atelier viande valorise prairies et bâtiments
Pour valoriser au maximum les animaux nés sur l’élevage, les bâtiments et les ressources fourragères, le Gaec a développé un atelier d’engraissement des génisses et veaux croisés issus du troupeau laitier. « Nous gardons 90 génisses par an pour le renouvellement. Le reste est croisé avec des races à viande et engraissé », indique l’éleveur. Les veaux croisés sont élevés dans la même nurserie. Ils permettent de valoriser une partie du lait de la phase colostrale, non commercialisable. Ils reçoivent également du mash fermier.
Les mâles sont ensuite engraissés en bâtiment, avec un objectif d’abattage à 20 mois pour 435 kilos de carcasse en moyenne. Les génisses viande sont conduites selon un système intégrant une phase de pâturage de 9 à 28 mois, puis deux mois de finition en bâtiment. « Leur GMQ est inférieur à celui des mâles, note Hélène Chancerelle, conseillère viande bovine à la chambre d’agriculture. Mais cela permet de valoriser les prairies permanentes qui ne sont pas pâturées par les vaches et de limiter le coût alimentaire. »
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45 taurillons et 40 génisses viande sont ainsi commercialisés chaque année. Les vaches de réforme font aussi l’objet d’une finition pour améliorer l’état d’engraissement, la conformation et la valorisation économique des animaux.
Des résultats qui s’améliorent
Au final, le Gaec parvient à de bons résultats, « et nos résultats s’améliorent encore, se réjouissent Jacques et Sandrine Valégant. La production, de 34-35 litres livrés par vache et par jour en 2025, atteint aujourd’hui 38-40 litres, avec en avril 2026 un TB de 43,2 grammes par litre et un TP de 34,3. Nos résultats en engraissement s’améliorent aussi, même si nous avons encore à apprendre ».
Avec la perspective de l’installation de leur fils, les producteurs ont encore d’autres projets, notamment la construction prochaine d’une stabulation pour les génisses, actuellement élevées dans d’anciens bâtiments.
La production du Gaec atteint aujourd’hui 38-40 litres livrés par vache par jour, avec en avril 2026 un TB de 43,2 et un TP de 34,3
Les équipements visent confort animal et efficacité du travail
La stabulation est divisée en deux parties symétriques avec auge centrale. Les rideaux de bardage et six ventilateurs assurent une circulation d’air efficace. Le bâtiment est équipé de logettes souples et de barres d’alimentation. En plus d’un racleur, deux robots aspirateurs de lisier fonctionnent 24 heures sur 24 pour limiter les risques de dermatite. Une balayeuse automotrice permet l’entretien rapide des logettes. Des tapis souples Magellan améliorent le confort de déplacement, la sécurité et les conditions sanitaires. « Depuis un an que nous les avons installés, nous n’avons pas perdu une vache », apprécient les éleveurs.
La nurserie peut accueillir 85 veaux, 21 en niches individuelles sur caillebotis et 64 en igloos collectifs paillés. Des rideaux assurent une ambiance saine. Des treuils permettent de soulever les igloos, facilitant le raclage au télescopique.
La traite est assurée par quatre robots Fullwood Packo modèle Merlin 2. « Ils font peu de bruit et sont simples d’utilisation, soulignent les éleveurs. Les stalles inox sont faciles d’entretien et robustes. »
Fiche élevage : le Gaec du Coadic en 2025
| 6 ETP | 288 ha SAU | 255 vaches traites |
| 2 associés, 4 ETP salariés | dont 85 ha maïs ensilage et 30 ha maïs grain et épis, 53 ha prairies permanentes et 30 ha prairies temporaires, 80 ha blé et 10 ha orge en partie autoconsommés | de lait produits |
| 2,8 millions de litres | 90 génisses viande | 80 taurillons engraissés |
« En 2025, le coût alimentaire des vaches laitières au Gaec du Coadic était de 147 euros les 1000 litres produits, dans la moyenne de la référence régionale Grands troupeaux, et la marge sur coût alimentaire de 340 euros les 1000 litres, contre 310 euros pour la moyenne régionale », détaille Pascale Morin, conseillère bovins lait à la chambre d’agriculture de Bretagne. Avec 10 250 litres de lait commercialisés par vache, contre 9 230 litres pour la moyenne régionale.
La conseillère souligne les points forts du Gaec : un coût alimentaire par génisse élevée très inférieur à la moyenne, une bonne valorisation du lait, grâce en partie à des taux élevés (avril 2026 : TB 43,2 g/l, TP 34,3 g/l), mais aussi le niveau de prix des réformes et des veaux vendus, et des frais d’élevage bien maîtrisés.
De bons produits viande
Autre critère important pour Sandrine et Jacques Valégant : la marge brute par hectare, qui atteint 3862 euros par hectare, dont 82 % est fait par le lait, contre 2860 euros pour la moyenne régionale Grands troupeaux et 3178 euros pour le quart le plus performant.
Les marges de l’atelier viande, même s’il ne représente qu’une part limitée du résultat total, sont également correctes, avec une marge brute de 1670 euros par jeune bovin et 1101 euros par génisse.
Ces bons résultats sont une nécessité pour rembourser les investissements (1,7 million d’euros investis en 2020, auxquels se sont ajoutés les ventilateurs, les tapis, les trackers…). « Les amortissements se faisant sur des durées assez courtes, le Gaec a l’obligation d’être efficace », souligne Pascale Morin.
Optimiser aussi le poste fertilisation
L’objectif avec le séparateur de phase est de valoriser au mieux les effluents. Le lisier aspiré par les robots est versé dans une fosse de 400 m³ sous la stabulation. Il passe ensuite par le séparateur de phase qui fournit 75 % de lisier et 25 % de fumier qui est épandu sur les prairies. Le lisier descend par gravité dans une fosse de 2000 m³ couverte, puis dans une fosse de 1000 m³ où il est pompé.