Les desserts frais, les yaourts et le lait conditionnés bio voient leurs ventes se réveiller en magasins. En face, la collecte de lait de vache bio recule, pénalisée notamment par la sécheresse. L’offre pourra-t-elle suivre la demande ?
735,361 millions de litres de lait de vache bio ont été collectés sur les 8 premiers mois de 2026, c’est 3,8 % de moins que sur la même période de 2025, soit 28,84 millions de litres, selon les données de l’enquête mensuelle publiées par FranceAgriMer. C’est dans le Grand Ouest que la baisse est la plus marquée : en Bretagne (-8,1 %), en Normandie (-5,8 %) et en Pays de la Loire (-5,5 %). Cette baisse dans l’Ouest est un effet secondaire de la FCO avec un décalage marqué des vêlages.
Une forte baisse de la collecte de lait bio à partir du printemps
Sur le premier trimestre, les volumes de lait bio collectés étaient pourtant supérieurs de 3,5 % à ceux de l’an dernier. La donne a changé à partir d’avril, où ils sont passé sous leur niveau du même mois de 2025. En moyenne, la collecte de la période d’avril à août 2026 s’est inscrite 7,7 % sous son niveau des mêmes mois de 2025. Le retard atteint même 11,3 % sur août.
L’été chaud a plombé le lait bio
Comme en lait conventionnel, la collecte a souffert du climat. « La sécheresse qui s’est installée pendant l’été a stoppé net la pousse de l’herbe, limitant le pâturage, tandis que les vagues de chaleur ont pénalisé les rendements laitiers » résume le conseil spécialisé de FranceAgriMer. Les effets climatiques sont encore plus sensibles en bio qu’en conventionnel, car le système est plus herbager. La part du bio dans la collecte totale de lait de vache est tombée à 4 % en août, contre 5 % en avril et 4,6 % en août 2025.
La baisse du nombre d’éleveurs bio ralentit
Au mois d’août, il y avait 3 473 livreurs de lait bio, comptabilise l’enquête SSP-FranceAgriMer. C’est 190 de moins que l’an dernier (-5,2 %). Néanmoins cette baisse s’est ralentie par rapport à 2025 où elle affichait -7 %.
Les effets de la sécheresse 2026 pourraient néanmoins durer. À court terme, la productivité des vaches va être pénalisée par le manque de fourrage. À moyen et long terme, c’est le risque de décapitalisation qui inquiète. Selon nos confrères d’Agra Presse, « les premiers retours des opérateurs consultés par le service économique du Cniel indiquent qu’il y a plus de décapitalisation dans les élevages laitiers bio par rapport aux élevages conventionnels ».
Une consommation en produits laitiers bio mieux orientée
L’évolution des achats des ménages de produits laitiers bio, pour leur consommation à domicile, est assez disparate, si l’on s’appuie sur les données Kantar relayées par FranceAgriMer. Les volumes de fromages frais bio ont bondi de 19,4 % (+3,9 % sur le conventionnel), ceux de desserts frais bio de 4 % (-2,3 % pour le conventionnel) et ceux de crème bio de 5,8 % (-0,6 % pour le conventionnel). En revanche les fromages au lait de vache accusent une baisse de 13,4 % (contre +1,1 % en conventionnel) et ceux de beurre reculent de 13,9 % (+0,7 % en conventionnel). FranceAgriMer ne publie pas les chiffres pour le lait de consommation liquide, souhaitant réaliser des vérifications supplémentaires. Mais Circana indique qu’en GMS, les volumes ont progressé de 1,6 % au premier semestre, notamment en EDMP (+8,2 %).
Cette diversité des achats des ménages est à corréler avec les choix stratégiques des laiteries. Car les fabrications de fromages frais et desserts laitiers frais bio ont bondi respectivement de 21,1 % et 19 % sur les huit premiers mois de l’année. Celles de yaourts et laits fermentés bio ont progressé de 4,6 %. A l’inverse, les fabrications de fromages de vache (non frais) reculaient de 4,9 % et celles de beurre de 6,4 %. Hors lait conditionné, la moitié du lait bio était orienté vers les yaourts et laits fermentés au premier semestre.