Alimentation : maximiser l’ingestion de vos vaches taries

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L’ingestion des vaches taries est en moyenne de 17 kg MS, d'après un suivi réalisé à la ferme expérimentale des Trinottières. Crédits : © Annick Conté

Plus que la fin d’une lactation, la période de tarissement est avant tout la préparation de la suivante. Le maintien d’un bon niveau d’ingestion est un élément-clé pour un bon démarrage et une santé préservée.

Pourquoi maintenir un bon niveau d’ingestion au tarissement ?

« L’ingestion traduit la quantité de ration, donc de nutriments, que peut manger une vache sur la journée », introduit Julien Jurquet, chargé de projets à l’Institut de l’élevage. Assurer un bon niveau d’ingestion se montre essentiel pour que les vaches taries reçoivent ce dont elles ont besoin en évitant les manques mais aussi les excès. Pendant le tarissement se prépare le début de lactation, où la demande en énergie, en protéines et en calcium sera particulièrement importante.

Si à l’inverse, l’ingestion est sous-estimée, la ration peut apporter trop d’énergie par rapport aux besoins. La vache va mettre cette énergie en réserve et prendre de l’état. Une prise d’état trop importante accroît le risque de déficit énergétique au vêlage parce que l’animal est moins capable de mobiliser ses réserves. Cela augmente les difficultés au vêlage.

Une bonne transition et une ingestion suffisante sont nécessaires pour maintenir le bon fonctionnement du rumen. « Il ne faut pas que le tarissement casse la dynamique de la flore microbienne, ni le potentiel des villosités. Cela consisterait à arrêter brusquement un moteur qui fonctionne bien, avec le risque d’avoir du mal à le relancer », illustre Dominique Landais, consultant nutrition et robot chez Seenovia.

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Comment maximiser l’ingestion ?

« Avant de chercher à reconcentrer la ration, il faut déjà veiller à ce qu’elle soit bien consommée », précise Julien Jurquet. Ce qui passe par une ration homogène, disponible à volonté tout au long de la journée. Si la ration contient de la paille, les brins doivent être coupés court, idéalement entre 2,5 et 3 cm. « Un ajout d’eau, voire de mélasse, rendra la ration plus appétente », complète Dominique Landais. En parallèle, les vaches doivent avoir un accès suffisant à l’abreuvement.

À noter que le tarissement ne nécessite pas de diète sévère. « La vache doit rester au maximum une demi-journée dans une case avec de la paille le temps d’organiser le changement de bâtiment, conseille Dominique Landais. L’arrêt de la traite, l’éloignement du troupeau sont déjà des stress importants. La pression du lait dans la mamelle va suffire à amorcer le tarissement. »

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Acidification forte, intéressant ou pas ?

D’après la synthèse de 42 essais, avoir un bilan alimentaire cations-anions (Baca) baisse l’ingestion en pré-partum, notamment à cause des sels anioniques qui s’avèrent inappétents, mais l’améliore en post-partum. Chez les multipares, le bénéfice se montre plus marqué avec une nette augmentation de la production en début de lactation et une réduction des risques de fièvre de lait et de rétentions placentaires. Chez les nullipares, le Baca négatif n’affiche pas d’impact favorable sur le niveau de production en première lactation.

Un bon compromis serait de viser un Baca entre + 50 et - 50 meq/kg MS, avec de bonnes pratiques alimentation. « Si l’acidification modérée semble avoir démontré son intérêt, il y a plus à gagner à augmenter l’ingestion qu’à vouloir obtenir un Baca très négative (inférieure à - 50) », estime le consultant. Les capteurs de phosphore sont une piste à explorer pour baisser le Baca sans avoir de problème d’inappétence. « Cela permet de diminuer les fièvres de lait. Mais le phosphore joue un rôle important dans la synthèse de l’énergie. La question se pose de l’impact d’une carence sur la production », s’interroge Dominique Landais.

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Les taries ingèrent plus que ce qu’on pense

Pour équilibrer une ration, le préalable est de savoir combien la vache peut ingérer. « L’ingestion des vaches laitières est bien connue, pas forcément celles des taries », reconnaît Julien Jurquet. Sur la ferme expérimentale des Trinottières dans le Maine-et-Loire, grâce à des auges peseuses les ingestions des vaches taries ont été mesurées sur trois années, avec une ration à base d’ensilage de maïs, de paille et de tourteaux de colza.

Ce suivi a montré que l’ingestion était en moyenne de 17 kg MS, plus précisément 15,7 kg pour les primipares et 17,7 pour les multipares. « C’est plus que ce qu’on pensait, note Julien Jurquet. Il y a un écart de 3 kg avec l’ingestion sur laquelle se basent les tables de rationnement de l’Inrae. » L’étude a également montré que la baisse de l’ingestion n’est vraiment marquée que sur les deux dernières semaines avant vêlage. Autre constat qui encourage à fournir une ration à volonté : « Les vaches qui mangeaient le plus pendant le tarissement étaient aussi celles qui mangeaient le plus pendant lactation, donc celles qui produisaient le plus », indique Dominique Landais.

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