Pour gérer la pression en ray-grass résistant, Romain Maillard, éleveur au Gaec de la Héraudais en Loire-Atlantique, a maximisé les leviers, comme le recours au déchaumage superficiel et l’implantation d’un méteil fourrager. Des pratiques à adapter à la parcelle en fonction des contraintes de l’exploitation.
« Nous avons une grosse problématique de ray-grass, allant jusqu’à faucher des parcelles de blé. Nous avons actionné plusieurs leviers techniques et modifié le travail du sol pour endiguer la pression en ray-grass, tout en tenant compte des contraintes climatiques et économiques.
Dans l’itinéraire technique, après une céréale, nous faisons systématiquement un déchaumage sur 5 cm. Avant maïs, le ray-grass italien est désormais réservé aux parcelles saines. Sur les autres parcelles, nous privilégions un méteil trèfles-vesces-seigle, implanté après un nouveau déchaumage à 5 cm. Il est fauché avant la grenaison des ray-grass qui auraient levé. Le glyphosate est maintenant appliqué de manière ciblée et à faible dose, en fonction de la pression et de l’historique de la parcelle.
Le maïs est implanté après un apport de fumier et un nouveau déchaumage, suivi d’un désherbage. Selon la pression en ray-grass, nous effectuons un binage. Après la récolte du maïs, un nouveau déchaumage à 5 cm précède l’implantation d’une céréale. Un désherbage pré-levé est fait juste après. Les apports d’azote sont fractionnés afin de limiter le développement du ray-grass. Aucune levée de ray-grass résistant n’est observée jusqu’en janvier, mais la pression augmente ensuite jusqu’en mars-avril. Après cette céréale, nous implantons du colza, car nous pouvons appliquer une matière active (propyzamide) qui a de l’effet sur les ray-grass résistants. Là aussi, nous ne faisons pas de labour, mais du déchaumage superficiel. Ensuite, nous revenons dans notre cycle normal. Si la pression n’est pas importante sur le blé, nous mettons de l’orge plutôt que du colza.
Les conditions climatiques et la conjoncture nous obligent à adapter en permanence nos choix. Nous avions totalement arrêté le ray-grass avant maïs, mais la sécheresse ayant réduit notre production de fourrage, nous en avons réimplanté avec précaution.
Le fractionnement de l’azote est également limité par le coût du carburant. Tout comme le déchaumage à 5 cm, qui fonctionne, mais qui a un coût aussi en pièces d’usure.
Pour la suite, nous envisageons d’implanter du triticale à la place du blé afin d’ajouter un levier. »