Face au manque de fourrage à cause de la sécheresse et des canicules, et des charges qui augmentent, des éleveurs envisagent de réduire leurs effectifs pour limiter les besoins du troupeau. Ce n’est pas le cas de David Perrinel, éleveur laitier à Pipriac en Bretagne : avec un prix du lait en baisse, il veut conserver sa production laitière pour maintenir son revenu.
« Je n’ai pas prévu de décapitaliser mon troupeau. Avec un prix du lait bas, je veux conserver ma capacité de production.
Pour cela, je sécurise mon assolement. Chaque année, plutôt que de consacrer quelques hectares à des cultures de vente, je sème davantage de maïs. Avec un rendement moyen de 14 t MS/ha, il me faut environ 25 hectares pour nourrir mes 55 laitières. J’en implante systématiquement sept à dix hectares de plus. Je vends ensuite cette récolte supplémentaire à ma coopérative et je la récupère sous forme de maïs fine mouture pour apporter de l’amidon à la ration des vaches.
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Cette marge de sécurité me donne de la souplesse en cas d’aléas, comme la sécheresse de cette année. Les rendements en maïs ont été divisés par deux et les prairies ont grillé dès le mois de juin. J’ai tout de même pu moissonner trois hectares et ensiler le reste afin de remplir les silos, que j’ouvrirai, comme chaque année, en novembre ou décembre.
Par ailleurs, dès le mois de juin, j’ai anticipé en achetant des betteraves fourragères à mon entrepreneur de travaux agricoles. À ce moment-là, la demande n’avait pas encore démarré et les prix restaient corrects. Grâce à ces choix, je dispose aujourd’hui de suffisamment de stocks fourragers et je suis serein jusqu’au printemps prochain. »