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Viande : Sicaba se place en redressement judiciaire

La Sicaba s’est placée le 2 février en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Cusset. La hausse de l’énergie et des coûts des travaux de la modernisation de l’abattoir de Vichy, la baisse de la demande en bio et label Rouge pèsent sur sa trésorerie. Sous la protection du tribunal, le groupe espère retrouver l’équilibre en 2024.

© S. Carriat-Les Marchés/Archives

Sicaba vient de se placer, ce 2 février, en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Cusset (Allier), avec une première période d’observation de six mois. Son nouveau dirigeant arrivée en septembre 2021, Thierry Saint Saens, a présenté, le 1er février, son plan de redressement aux salariés de l’entreprise.  

Dans un équilibre fragile en 2021, l’entreprise a vu sa perte nette passer à 800 000 euros en 2022. « La hausse du coût de l’énergie, +533 000 euros sur 2022, la baisse de la demande en bio et label rouge, les fermetures de bouchers qui subissent encore plus ces hausses d’énergie que les boulangers, la hausse du coût de nos investissements sur Vichy pèsent clairement sur notre trésorerie », nous explique Thierry Saint Saens.

L’abattoir de Vichy est sur le point de finir sa modernisation. Le dirigeant a fait le choix de supporter la hausse des coûts des travaux du fait de l’énergie, par rapport aux devis initiaux, plombant sa trésorerie. Commercialisant ses produits à 63% auprès des bouchers et réalisant 55% des abattages en bio, la baisse de la demande pèse également fortement sur son activité. 

En juin 2022, l’entreprise avait déjà présenté un plan de restructuration qui incluait la fermeture de son site d’élaboration de Moulins et le transfert de cette activité d’élaboration au sein du site de Bourbon-l’Archambault, qui arrête l’abattage. Cette activité va se concentrer sur l’abattoir de Vichy qui a bénéficié d’un investissement de 4,2 millions d’euros grâce notamment à France relance. Il n’est question d’aucun licenciement. En revanche, des questions se posent sur l’avenir de l’abattoir d’agneau à Toulon sur Allier. « Nous nous posons des questions », confie le dirigeant.

« Le ministre de l’Agriculture est au courant de notre situation. Nous espérons bénéficier d’un prêt bonifié pour passer le cap »,
Thierry Saint Saens

Quant aux 320 producteurs apporteurs de viande, la Sicaba leur a demandé de continuer à les livrer.

« Les politiques nous suivent. Le ministre de l’Agriculture est au courant de notre situation. Nous espérons bénéficier d’un prêt bonifié pour passer le cap », explique Thierry Saint Saens, « notre plan prévoit un retour à l’équilibre en 2024, mais il nous faut de l’aide pour passer le cap de 2023 ».

Sicaba réalise un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros et l’ensemble du groupe comprenant Hassenforder atteint 68 millions.

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