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Bovins : la lucilie bouchère aux États-Unis perturbe déjà le commerce

Plusieurs cas de lucilie bouchère, ou New Word Screwworm ont été détectés aux États-Unis. Le Canada restreint partiellement et temporairement ses importations d’animaux vivants tandis que l’USDA déploie des moyens de lutte biologique. 

Dyed sterile female New World Screwworm
Les larves de la mouche lucilie bouchère infestent la moindre blessure, et peuvent conduire à la mort de l’animal en moins d’une semaine.
© USDA sur Flickr

Au 9 juin, cinq cas d’infestation par la lucilie bouchère, cette mouche dont les larves s’enfoncent dans les blessures des animaux à sang chaud, ont été confirmés aux États-Unis. Cette mouche « mangeuse de chair », appelée aussi New Word Screwworm, était présente au Mexique depuis plusieurs mois, avec 20 000 cas confirmés. Les États-Unis avaient, en conséquence, mis en place un embargo sanitaire sur les importations de bétail vif en provenance de leur voisin il y a plus d’un an. 

Lire aussi : Viande bovine : en 2025, les États-Unis ne sont plus les premiers producteurs mondiaux

Le Canada limite ses achats de bovins américains

Le Canada a annoncé un embargo temporaire sur ses importations de bovins vifs en provenance des zones touchées par la mouche. Les effectifs concernés devraient être limités, car les animaux engraissés au Canada nés aux États-Unis sont plutôt issus du Sud-Est et du Nord-Ouest des États-Unis. L’effet de cet embargo sera plus fort si la zone infestée s’étend.

Lire aussi : 85 % des bovins américains passent par 4 entreprises, l’administration Trump enquête toujours

À noter qu’une partie des bovins nés aux États-Unis et engraissés au Canada sont ensuite abattus aux États-Unis, il y a donc des risques importants sur une chaîne logistique complexe. Au total, le Canada a exporté 745 000 bovins vers les États-Unis l'an dernier et en a importé 492 000 têtes depuis ce pays.

Recrudescence des cas de lucilie bouchère

Les États-Unis, indemnes depuis les années 60, se préparent depuis plusieurs mois à affronter cette crise sanitaire, avait prévenu la Secrétaire d’État à l’Agriculture Brooke Rollins. Car la mouche remonte depuis le sud depuis des années, sous l’effet du réchauffement climatique et des mouvements illégaux de transport. Elle est arrivée au Panama et au Costa Rica en 2023 puis au Mexique en 2024. Néanmoins plus de 2 100 employés de l’inspection sanitaire, qui surveillent ces zoonoses, ont été licenciés lors des six premiers mois du nouveau mandat de M. Trump.

Lire aussi : Les prix du bœuf s’effritent aux États-Unis, comme le souhaite Donald Trump 

La lucilie bouchère a déjà fait monter les prix des bovins

L’arrêt des importations des broutards mexicains en 2025 a participé à la flambée des prix de la viande bovine aux États-Unis. Par ailleurs, les larves de la mouche infestent la moindre blessure, et peuvent conduire à la mort de l’animal en moins d’une semaine. Elle s’attaque particulièrement aux veaux, dans la zone ombilicale, c’était d’ailleurs le premier cas aux États-Unis. Les cas suivants ont été repéré notamment chez une chèvre et un chien.

Une lutte biologique contre la lucilie bouchère

La lutte contre cette mouche se fait par des lâchers de mâles stériles. Comme la femelle ne s’accouple qu’une seule fois dans sa vie, elle meurt sans descendance. Il y a un seul site de production au Panama, qui en produit 100 millions par semaine. Une usine est en construction au Texas et devrait en produire 100 millions/semaine fin 2027 puis 300 millions par semaine par la suite. Des entomologistes américains développent une mouche OGM qui serait plus efficace mais dont l’utilisation doit être soumise à des autorisations plus strictes. 

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