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Bœuf et veau sous label : « ça met en confiance »

Des éleveurs passionnés, des bouchers mordus, les viandes d’excellence, sous appellation d'origine et de qualité (SIQO) et sous Label rayonnent au cœur de la gastronomie française. Mais trouvent-elles encore leur place dans un contexte économique morose ? 

Anne-Sophie Conjat-Bach
Anne-Sophie Conjat-Bach a été récompensée, avec sa sœur, du premier prix des Viandes d'Excellence, catégorie veau.
© Fil Rouge

La 18ème cérémonie du Trophée national des Viandes d’Excellence s’est déroulée cet été à Dax, et 9 bouchers, qu’ils soient artisanaux ou en grande distribution ont été récompensés pour leur engagement dans une démarche de mise en valeur d’une viande IGP ou d’un Label Rouge. Mais après 3 ans de crise inflationniste, les consommateurs sont-ils toujours au rendez-vous ? 

Lire aussi : Alimentaire : Comment se portent les SIQO ? 3 questions à Carole Ly de l’Inao

Les viandes sous Label souffrent de la crise

« Même si notre rayon traditionnel progresse, en volume de vente on a perdu 20 % en cinq ans sur les Label », regrette Roland Garrec du Leclerc de Pleuven, dans le Finistère, 1er prix en bœuf, évoquant « des nouvelles générations qui ne cuisinent plus et qui plébiscitent la viande hachée ». 

« les éleveurs engagés sous SIQO sont de vrais passionnés, ils restent engagés ! »

Et du côté des éleveurs, « la hausse des prix du conventionnel n’incite pas à des frais supplémentaires pour produire en Label, même si ces surcoûts se sont beaucoup nivelés », confesse Jean-Pierre Bonnet, éleveur de limousines et président de Fil Rouge, même s’il se veut rassurant « les éleveurs engagés sous SIQO sont de vrais passionnés, ils restent engagés ! ». 

Roland Garrec
Roland Garrec, au Leclerc de Pleuven

Mais la clientèle se renouvelle

« Le Label Rouge reste très important, ça parle aux professionnels comme aux clients, ça met en confiance » tranche Anne-Sophie Conjat-Bach, bouchère artisanale de la Maison Robert Bach qui vend sur une douzaine de marchés autour de Brive-la-Gaillarde. Elle a été récompensée, avec sa sœur, du premier prix en veau. 

L’équipe mise sur des préparations renouvelées et communique constamment sur les réseaux sociaux pour attirer sa clientèle. Une clientèle qui se renouvelle, « les jeunes ont le déclic quand ils deviennent parents. Ils viennent nous voir pour un morceau pour l’enfant, se laissent tenter, s’aperçoivent que nos viandes sont vraiment exceptionnelles et on les fidélise » sourit la bouchère. 

Lire aussi : Label Rouge, IGP : les jeunes boudent-ils les aliments sous SIQO ?

Des viandes d’exception qui font venir le consommateur

 « Nous proposons le Label Rouge, dans notre rayon traditionnel, au prix du conventionnel chez notre concurrent » explique Roland Garrec, prévenant immédiatement « Ce n’est pas sur le dos des éleveurs ! Nous rognons sur nos marges pour faire une différence ». 

« Ce n’est pas sur le dos des éleveurs ! Nous rognons sur nos marges pour faire une différence »

Une stratégie gagnante pour ce Leclerc dont le rayon viande affiche un chiffre d’affaires annuel de 5 millions d’euros, dans un village de 3 500 habitants. Fin septembre, le boucher proposait du faux-filet de Blondes d’Aquitaine sous Label Rouge « Le bœuf de vos villages » à 29,90 €/kg. « On aura toujours des ventes sur des pièces de qualité, mais c’est plus dur pour le bourguignon, il faut être attentif à l’équilibre », prévient-t-il. 

Et le Label Rouge attire aussi les bouchers. « Nous avons toujours de nouveaux points de vente. Certains bouchers sont vraiment mordus, et nous avons des jeunes, qui y croient. Ils ne vendent pas juste un produit, mais les valeurs du Label Rouge, le bien-être, l’herbe… » se réjouit Jean-Pierre Bonnet.

Des bouchers en soutien de la filière

Des valeurs que les bouchers s’approprient d’autant plus qu’ils vont en élevage. « Je visite des élevages dans la démarche. Les éleveurs apprécient de voir que nous sommes attentifs, que nous sommes là pour les soutenir et valoriser leur travail. Surtout que le Label engendre des contraintes supplémentaires », avance Roland Garrec.

Lire aussi : Comprendre les spécificités de la commercialisation du veau

En appui au veau sous la mère

Même proximité à Brive-la-Gaillarde. Dans le bassin du veau sous la mère, la crise que traverse cette production ne passe pas inaperçue. « On fait le choix de maintenir du veau Label Rouge, coûte que coûte, pour défendre la filière », explique Anne-Sophie Conjat-Bach, qui continue « oui, c’est cher. Mais nous n’avons pas de mal à faire comprendre au consommateur la valeur du travail de l’éleveur et de celui du boucher ». La professionnelle se réjouit d’avoir affaire à des consommateurs éclairés, qui « ont le coup d’œil pour reconnaître le bon produit », ou des jeunes « qui apprennent et qui placent la confiance avant le prix ».

« Nous n’avons pas de mal à faire comprendre au consommateur la valeur du travail de l’éleveur et de celui du boucher »

 Ce lien de confiance avec le consommateur est aussi mis en avant par Roland Garrec, « nos habitués connaissent la valeur du Label. Et nous déployons, quatre fois par an, une animation avec le commercial du Label Blondes qui rencontre toujours son succès ». 

 

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