Aller au contenu principal

Lait conditionné : « Nous avons besoin d’un prix minimum à 1 €/litre »

Le Syndilait est revenu, en conférence de presse, sur les tendances de consommation du lait, les difficultés en lait bio et a déploré la pression sur les premiers prix qui mettent en péril la pérennité de la filière, que ce soit du côté de l’amont ou de l’aval, les entreprises ayant des gros besoins d’investissement. 

gros plan sur une bouteille de lait qui coule dans un bol dans une cuisine
En 2024, plus de 99 % du lait consommé en France a été collecté et conditionné sur le territoire.
© Généré par l'IA

2,691 milliards de litres de lait conditionné ont été consommés par les Français en 2024. C’est autant qu’en 2023 (2,699 milliards), année marquée une reprise de 1,5 % de la consommation. « Ce point d’inflexion est porté par la restauration hors foyer qui avait beaucoup souffert de la crise Covid. En trois ans, les volumes y ont augmenté de 24 % » explique Romain Deurbergue, président de Syndilait. Les chiffres des achats des ménages pour la consommation à domicile demeurent en repli, à 2,2 milliards de litres (-2,3 %), « la baisse demeure structurelle, liée au recul du petit déjeuner chez les enfants » justifie Romain Deurbergue. 

Lire aussi : Produits laitiers frais : les MDD dominent et tirent la croissance

Le lait bio inquiète, le lait entier décolle

Le lait entier ne pèse que 7 % du lait UHT vendu en magasin, loin derrière les 70 % du lait demi-écrémé. « Mais il progresse de 4,7 % l’an dernier, grâce à son utilisation qui grimpe en cuisine, ou la fabrication de yaourts maison » précise le président du syndicat. Le lait délactosé a aussi le vent en poupe, avec une croissance similaire (+4,7 %).

 « le lait bio est un vrai sujet d’inquiétude pour nous » 

En revanche « le lait bio est un vrai sujet d’inquiétude pour nous » appuie Romain Deurbergue, car les volumes ont reculé de 8 % en 2024, or « on a poussé des producteurs à s’engager dans la conversion, il faut tenir les promesses. Désormais le bio est moins rentable que le conventionnel. Les engagements liés à Egalim n’ont pas été tenus ». 

Les premiers prix ont tiré parti de la crise

34 % des volumes de lait vendus en 2024 étaient sous marque nationale et 40 % sous MDD. « Les marques nationales sont celles par qui l’innovation arrive, mais les MDD ont beaucoup innové aussi avec la création de laits de filières, de laits engagés » décrit Romain Deurbergue. Mais il déplore la part de 26 % des premiers prix « ces laits, vendus en moyenne à 94 centimes/litre, affichent un prix trop faible pour permettre à la filière d’exister durablement. En plus, leur part a augmenté avec l’inflation ! ». 

Lire aussi : Produits laitiers : production, consommation, que retenir de 2024 ?

Un objectif à 1€/litre de lait pour une filière résiliente

« Le prix du lait a été, historiquement, beaucoup trop bas en France, avec des salaires de misère pour les paysans et des outils sous-investis » résume le président de Syndilait, qui réclame « pour pérenniser la filière, nous avons besoin d’un prix minimal à 1 €/litre, car s’il existe des laits premiers prix, il n’existe pas de vaches premier prix ! ». Le syndicat effectue ce calcul en tenant compte de l’inflation, de la rémunération des éleveurs, mais aussi des besoins d’investissement dans les outils de production. En moyenne, le lait demi-écrémé est vendu en Frane à 1,09 €/litre. 55 % de ce prix correspond au coût de la matière première, 25 % à celui de l'emballage et 20 % aux frais d'exploitation.

« La filière va investir un milliard d’euros d’ici 2030 »

Emmanuel Vasseneix, Président de l’IPLC, détaille « Avec la crise Covid puis l’inflation, on a tiré sur les outils. Il devient urgent de pouvoir réinvestir. Nous consacrons chaque année 40 millions d’euros par an pour la maintenance. Mais pour les actualiser, les décarboner, la filière va investir un milliard d’euros d’ici 2030 ».  Des investissements de décarbonation d’autant plus cruciaux que les opérateurs n’ont pas encore de visibilité sur les prix de l’énergie au 1er janvier prochain.

Lire aussi : Pourquoi les importations d’emmental augmentent 

 

Les plus lus

Drapeau de l'Ukraine
Poulet : l’Ukraine renforce ses accords et compte intensifier ses exportations en 2026

Les exportations de poulet ukrainien devraient progresser en 2026 vers l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui pourrait bien…

rayon boucherie en magasin
La flambée des prix du bœuf a plombé la consommation en 2025, porc et poulet en profitent

Les prix d’achat des ménages de la viande bovine ont affiché une croissance à deux chiffres en 2025, ce qui s’est traduit par…

oeufs industrie
Œufs : L’UE importe plus, l’Ukraine et la Turquie en profitent

L’évolution des prix des œufs français, au  27 mars 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

Le poulet vendu en boucherie
Volailles : le poulet et les produits élaborés tirent toujours la consommation

La consommation de poulet continue de progresser en France, portée par la restauration hors domicile, alors qu’elle stagne en…

graphique de prix des oeufs
Œufs : les prix des œufs au sol battent des records en Europe, pas la cage

L’évolution des prix des œufs français, au  février 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

quai de déchargement des porte conteneur
Viande bovine : record historique des importations européennes au mois de janvier

Jamais sur un mois de janvier, l’Union européenne n’avait importé autant de viande bovine qu’en 2026. Les envois étaient…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio