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Alternatives végétales aux produits laitiers : où en est la consommation ?

Les achats des ménages d’alternatives végétales aux produits laitiers restent anecdotiques quand on considère le poids du rayon lait. Après avoir progressé, ils tendent à se stabiliser depuis quelques années. Contrairement aux alternatives à la viande, choisies pour des raisons écologiques, les consommateurs les voient comme des produits santé, ou juste un nouveau choix.

rayon lait végétal en magasin bio
Si le lait est acheté par 97 % des Français, les boissons végétales le sont par 25 % de la population
© Virginie Pinson

Les achats des ménages d’alternatives végétales aux produits laitiers ont augmenté jusqu’à la période Covid et tendent depuis à se stabiliser, résume une étude de FranceAgriMer qui propose un état des lieux du marché. Dans le même temps, les achats des ménages de produits laitiers animaux pour la consommation tendent à se tasser. Ils ont reculé dans leur ensemble de 13 % en volume entre 2008 et 2023, malgré la hausse des achats de crème et de fromage. 

Lire aussi : Alternatives végétales et produits laitiers : une cohabitation apaisée ?

Quelles sont les alternatives végétales aux produits laitiers les plus populaires ?

39 % des dépenses des Français dans les alternatives végétales aux produits laitiers sont destinées aux matières grasses végétales, seul segment qui garde le vent en poupe. Le reste des dépenses se partage entre ultra-frais et boissons végétales et la crème n’a qu’un très faible poids.

 Lire aussi : L’ultra-frais végétal français est-il trop cher ?

 

Les « laits végétaux » progressent aux dépens du lait de consommation

Un ménage français achète en moyenne 76 litres de lait par an et seulement 3 litres de boisson végétale. Le lait de consommation représente un marché annuel à 2 milliards d’euros, contre 166 millions d’euros pour les alternatives végétales. Mais si ces boissons pèsent peu, leurs ventes sont en progression de 14 % sur 2017-2023, tandis que, dans le même temps, les ventes de lait reculaient de 8 %.

« Ce nouvel attrait pour les boissons végétales se fait au détriment du lait »

 « Ce nouvel attrait pour les boissons végétales se fait au détriment du lait » appuie FranceAgriMer.  Celles-ci peuvent être issues des céréales (avoine, riz), de légumineuses (soja, arachide) de fruits à coque (amande, noix de coco, noisette) ou encore même de quinoa et d’amarante. 

Lire aussi : Risques liés aux isoflavones : pourquoi l’Anses recommande d’éviter les aliments à base de soja en restauration collective

Les boissons végétales surtout appréciées des personnes seules

Le lait reste incontournable dans la population, avec 97 % de foyers d’acheteurs et ce taux monte même à 99 % chez les familles. Les boissons végétales, elles, ne pénètrent que dans un quart des foyers français. Les jeunes (moins de 35 ans) sont nombreux à en acheter (28 % d’entre eux), néanmoins ils n’en acquièrent que des quantités très réduites. Les principaux acheteurs sont plutôt des personnes seules, aisées, de 50 à 64 ans, dans le Sud-Est ou la région parisienne. Ils s’intéressent à ces alternatives avant tout pour des raisons de santé (intolérance au lactose, allergie réelle ou supposée), mais aussi pour une recherche de distinction sociale, de la curiosité ou des régimes alimentaires végans. 

Lire aussi : Alternatives végétales à la viande et au lait : comment les ventes évoluent en 2024

L’ultra-frais végétal, source de curiosité 

Les ménages français achètent en moyenne 1 kg de produits ultra-frais végétaux sur une année, contre 60 kg de yaourts, desserts et fromages frais d’origine animale. La consommation d’ultra-frais conventionnels est répandue dans toute la population, tandis que les alternatives végétales se concentrent sur les personnes seules au revenu supérieur à la moyenne. La fonction principale de l’ultra-frais est le dessert, peu importe les ingrédients et les produits végétaux sont, selon FranceAgriMer, davantage perçue comme un élargissement de l’offre que comme des produits de substitution. Le végétal pèse pour 2,1 % du rayon, un chiffre assez stable depuis 2018.

Lire aussi : Qu’est ce qui concurrence l’ultra-frais laitier sur le segment des desserts

Les matières grasses végétales, seul segment en croissance

Le beurre à 82 % de matière grasse reste incontournable puisqu’il représente 72 % des achats de matières grasses (hors huiles) sur 2019-2023. Mais les beurres allégés progressent et ont gagné 6 points de parts de marchés. Ils sont dopés par la hausse des prix du beurre et sont achetés par 47 % des Français. Ce sont eux qui sont en concurrence frontale avec les matières grasses végétales solides allégées, qui sont, elles, achetées elles par 39 % des ménages. Ces produits sont surtout achetés par les seniors (+65 ans), pour des raisons de santé. C’est leur caractère allégé qui intéresse bien plus que le caractère végétal. A noter que la consommation de margarine reste traditionnelle dans le Nord. 

Lire aussi : Dix ans d’achat de matières grasses à la loupe

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