Beurre : faut-il craindre des pénuries et tensions à la rentrée ?
Les prix du beurre demeurent élevés, mais le marché européen donne des signes d’accalmie, et rien ne laisse à penser que la tension va s’aggraver dans les prochaines semaines.
Les prix du beurre demeurent élevés, mais le marché européen donne des signes d’accalmie, et rien ne laisse à penser que la tension va s’aggraver dans les prochaines semaines.

Une pénurie de beurre sur le mois de septembre, c’est ce dont parlent certains articles de la presse grand public ces derniers jours. Mais rien ne laisse à penser qu’on retrouvera les mêmes rayons vides qu’en 2017.
Une consommation de beurre plus calme
Les achats de beurre par les ménages pour leur consommation à domicile ont reculé de 4,4 % au premier semestre 2025 comparé à la même période de l’an dernier, d’après les données de Kantar relayées par FranceAgriMer. En cause, la hausse du prix du beurre (+3,1 %) mais aussi la baisse des prix de l’huile, notamment d’olive. Les achats des ménages de beurre sont repassés sous leur niveau d’avant-Covid en 2023 et se tassent depuis.

Des fabrications de beurre plus dynamiques
En parallèle, la collecte française de lait s’est redressée au deuxième trimestre 2025, avec des volumes qui dépassent leur niveau de l’an dernier, sans toutefois compenser les reculs du premier trimestre. Au total, sur les 6 premiers mois de l’année, la collecte reculait tout de même de 0,7 % selon l’enquête SSP – FranceAgriMer.
Lire aussi : Les stocks de beurre se reconstituent dans l’UE
Pour autant, les fabrications de beurre progressaient de 1,3 % sur le premier semestre, les prix restant incitatifs. Pour le seul mois de juin, elles ont bondi de 7,2 %, dans un contexte où, selon certains opérateurs, la demande en crème était moins bonne que prévue. En mai, elles progressaient aussi de 7 %. La tenue de la collecte dans un contexte de multiplication des foyers de FCO dans l’Ouest de la France sera néanmoins à surveiller. Pour autant l’orientation stratégique des industriels vers la fabrication de beurre devrait continuer ces prochaines semaines, aux dires des professionnels. Les fabrications européennes de beurre ont, quant à elles, augmentées de 2,4 % au premier semestre.
Un marché du beurre en Europe qui se détend
La France a pu importer le beurre dont elle manquait, notamment en provenance d’Irlande. Notre voisin affiche une collecte dynamique et va voir ses envois de beurre vers les États-Unis, un débouché important, limités par les droits de douane. Or certaines enseignes, notamment Leclerc, se sont affranchies de l’origine France sur le beurre depuis plusieurs années.
Les prix du beurre européen se sont détendus ces dernières semaines, à 711 €/100 kg en moyenne en semaine 34 selon Bruxelles ; soit une baisse de 2,3 % en deux semaines.

Même tendance en Océanie, qui est encore plus accentuée aux États-Unis. L’écart de prix entre les origines UE et US dépasse les 3 000 $/tonne, ce qui rend le beurre européen complétement inintéressant sur le marché mondial. À noter que le pic de la collecte va débuter en Nouvelle-Zélande, allégeant le marché international.
Des opérateurs mieux couverts
Alors que certains acheteurs ont consenti à payer le prix fort depuis plus d’un an, les opérateurs rapportent un certain retour de la mesure sur le marché, avec des industriels mieux couverts. Le marché devrait donc rester tendu avec des prix relativement élevés, comme le prévoit la Commission européenne, pour autant le risque de pénurie est peu probable… sauf si les Français paniquent après avoir lu des articles, rendant ces prévisions auto-réalisatrices.