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Aviwell propose des solutions de croissance contrôlée de l’animal

Donnant suite à une étude du lien entre le microbiote intestinal et l’efficacité alimentaire, la start-up Aviwell développe une plateforme technologique qui sélectionne des mélanges bactériens les plus efficaces. Ayant obtenu des résultats concluants pour l’oie et le canard à foie gras, la start-up se penche sur la croissance du poulet, plus rentable à court terme.

Produire du « foie naturellement gras » sans gavage n’a plus de secret pour Aviwell. Les biotechnologies et l’intelligence artificielle sont les deux sciences mises en oeuvre par la start-up pour déterminer les bactéries intestinales les plus aptes au stockage énergétique des palmipèdes. Aviwell s’apprête à étendre son champ d’action à d’autres animaux d'élevage; le poulet et le cochon dans un premier temps. « Le principe biologique et physiologique que nous avons découvert est probablement vrai pour tous les animaux qui possèdent des intestins » a déclaré lors d’un interview Rémy Burcelin, l’un des fondateurs d’Aviwell, créé en 2015 et installée à la fois à Toulouse et à Boston aux Etats-Unis. A partir de l’étude du microbiome, la start-up produit des communautés bactériennes naturelles ayant un impact positif sur le développement du métabolisme énergétique et sur l’assimilation de l’alimentation animale. Ainsi, la croissance et la performance des animaux d’élevage peuvent être contrôlées via le tube digestif. Une « plateforme de découverte » technologique du microbiome a ainsi été conçue pour identifier et faire proliférer ces communautés bactériennes, qui une fois administrées, permettront de contrôler le phénotype souhaité.

On est capable d’induire un foie naturellement gras

Rémy Burcelin explique à Viande Mag' les grandes étapes du projet, né de son sujet de recherche initial, le rôle du microbiote intestinal dans le contrôle du métabolite énergétique chez l’Homme : « En regardant mes résultats en 2014, il m'a semblé évident que le microbiote contrôle une maladie nommée la stéatose hépatique autrement dit « le foie gras » chez l’homme. De là je me suis intéressé au stockage du foie gras chez le canard et l’oie et c’est de là qu’est parti le projet. Avec les deux autres fondateurs d’Aviwell, nous avons a fait plusieurs expériences qui ont démontré que si on utilise la bonne écologie bactérienne pour coloniser le microbiote intestinal des animaux à la naissance, alors on est capable d’induire un foie naturellement gras. On a ensuite envisagé une activité commerciale mais les études de marché ont mis en évidence que contrôler la croissance des poulets, des cochons ou encore des poissons plus largement était beaucoup plus rentable que de travailler sur le foie gras chez les oies. Nous avons donc repositionné notre offre aussi bien stratégique que scientifique sur des marchés beaucoup plus ambitieux : celui du poulet et du cochon pour l’élevage ».

 On se concentre aujourd’hui sur une activité très rentable, celle du poulet

Il a fallu un peu plus de trois ans à Aviwell pour développer des cocktails bactériens spécifiques à l’élevage de l’oie, disponibles aux industriels sous l’achat de licences d’exploitation du process microbien. « La filière commerciale de l’oie et du canard sera réétudiée dans un second temps. Aujourd’hui on se concentre en priorité sur une activité très rentable, celle du poulet » a confié l’interviewé.

La start-up a donc recherché des investisseurs. « Nous avons réussi à obtenir environ 1,5 millions d’euros, signés au mois de septembre » a-t-il précisé. Ce montant a été obtenu par la contribution de capitaux investisseurs professionnels en syndication et d’industriels auprès desquels Aviwell a fait appel du fait de leur vision stratégique du secteur. Il a permis à l’entreprise de recruter et d’ouvrir de nouveaux laboratoires à Toulouse. Les chercheurs ont alors lancé un programme d’un an et demi à deux ans pour réaliser une nouvelle écologie bactérienne capable de contrôler le développement et la croissance de ces poulets.

Un objectif d’amélioration de l’efficacité alimentaire qui se veut durable pour la planète

« La première problématique que nous traitons est le contrôle de la prise alimentaire chez le poulet car 70 à 80% du prix du poulet acheté en magasin, provient de la quantité de maïs consommée par le poulet. Or on sait que le microbiote intestinal est capable de réduire la prise alimentaire et d’augmenter le stockage énergétique en favorisant la croissance des muscles, ou des tissus graisseux, du foie ou encore de l’animal, et donc d’améliorer l’efficacité alimentaire. On veut que l’animal mange moins tout en stockant plus » a détaillé Rémy Burcelin lors de l’interview.

Au-delà des aspects commerciaux, la start-up respecte une charte déontologique. Elle souhaite avoir une activité durable de préservation des ressources de la planète en réduisant les surfaces cultivées pour nourrir les élevages, et donc les quantités d’eau utilisées pour ces cultures.

Induire une croissance contrôlée de l’animal

La « plateforme de découverte » en développement consiste à découvrir des écologies microbiennes impliquées dans la croissance des animaux de ferme. Cette plateforme est pilotée par une intelligence artificielle. Elle fait intervenir des concepts physiologiques et des technologies algorithmiques où s’insèrent les bio-informatiques et des biostatistiques pour traiter les données. Elle utilise le concept d’empreinte à la naissance: lors des premiers jours ou semaines de vie de l’animal, des mélanges bactériens vont déterminer des procédés qui vont induire une croissance contrôlée de l’animal. « De nombreux partenariats sont en attente. Les industriels sont intéressés » a confirme Rémy Burcelin.

Aviwell a choisi TWB pour déployer sa solution innovante

Afin d’accélérer le développement de sa technologie, Aviwell s’est liée à TWB, expert en gestion de projets de R&D dans le domaine des biotechnologies industrielles. En effet, TWB met à disposition d’Aviwell des ressources technologiques et humaines : « Ils nous apportent des outils technologiques de culture bactérienne et nous, nous leur apportons nos outils technologiques in-silico de bactéries » a confié le fondateur de la start-up lors de l’interview.

De plus, Aviwell a également accès aux expertises et compétences des 53 membres de TWB, composés d’industriels, de fournisseurs de technologies et services, de chercheurs, mais aussi d'investisseurs dans le secteur des biotechnologies. Cette entreprise permet de faire le lien entre les innovations et leurs industrialisations. Ce partenariat est bénéfique pour la commercialisation des produits.

« La mission d’Aviwell rejoint celle de notre feuille de route 2020 - 2025 qui vise à soutenir et encourager les marchés à fort enjeu, en l'occurrence celui de l’agroalimentaire, pour lesquels les biotechnologies industrielles peuvent apporter des solutions compétitives et éco-responsables. Nous sommes d’autant plus heureux d’accueillir Aviwell dans notre consortium et de les héberger que cela est l’aboutissement d’une collaboration initiée en 2017 » a indiqué Laurie Rey, Directrice business et partenariats de TWB dans un communiqué.

Rédaction Réussir

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