Des Capra-Box pour individualiser la distribution des concentrés aux chèvres

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Laurent Montagnon alimente ses 135 chèvres principalement par le pâturage. Crédits : © D. Hardy
Laurent Montagnon s’est spécifiquement équipé d’un smartphone pour profiter de l’application Hanskamp et suivre la distribution d’aliment. Crédits : © D. Hardy
La station d’alimentation Capra-Box permet une alimentation automatique et individualisée des aliments. Crédits : © D. Hardy
La Capra-Box détecte la boucle électronique de la chèvre et ouvre la porte arrière. Automatiquement, de 200 à 600 g d’aliment descendent dans la mangeoire. Une fois le repas terminé, la porte avant s’ouvre et laisse sortir la chèvre par devant.
Des rétrécisseurs permettent de s’adapter aux gabarits des chèvres, évitant ainsi que deux chèvres ne rentrent dans le DAC. Crédits : © D. Hardy

En Ardèche, Laurent Montagnon a installé des DAC pour distribuer individuellement les concentrés à ses 135 chèvres. Un investissement conséquent mais il gagne en confort de travail et affine le pilotage alimentaire de son troupeau.

Installé depuis 1995 à Saint-Cyr en Ardèche, Laurent Montagnon élève aujourd’hui 135 chèvres sur 50 hectares et livre son lait à la Fromagerie de la Drôme pour la fabrication du picodon AOP. Son système repose largement sur le pâturage, avec des mises bas groupées autour du 20 novembre grâce au traitement lumineux et à la mélatonine.

« Les chèvres pâturent dès qu’il y a assez d’herbe, vers le 10 mars. L’été, elles sortent toute la journée et je les relâche après la traite du soir », explique l’éleveur. En hiver, la ration repose sur du foin multi-espèces riche en légumineuses et des concentrés distribués jusqu’à peu à la main.

Trois distributions quotidiennes pendant trente ans

Avant l’arrivée des Capra-Box, Laurent Montagnon distribuait les concentrés trois fois par jour à l’aide de seaux. « Le matin avant la traite de 6 heures, un repas à midi et un autre le soir vers 20 heures. Depuis trente ans, c’était comme ça », raconte-t-il. Une charge pesante, d’autant plus que le troupeau reçoit jusqu’à 1,2 kilo de concentrés par chèvre et par jour en hiver.

L’éleveur avait déjà envisagé un distributeur automatique de concentrés (DAC) lors de son installation. « J’avais fait faire un devis il y a trente ans. Mais à l’époque, je n’avais pas franchi le pas car il aurait fallu en plus des cornadis. » Aujourd’hui, à 57 ans et avec des premières douleurs à l’épaule et aux bras, le projet est revenu sur la table. Le choix ne s’est pas porté sur un distributeur d’aliments sur rails ou sur roues, plus courant en caprin. « Cela aurait été compliqué dans mon bâtiment avec des bottes de foin et de paille au milieu du couloir d’alimentation. Je ne voulais pas gagner du temps d’un côté et en perdre de l’autre », explique l’éleveur.

Le même prix qu’un distributeur

Avec un troupeau de taille moyenne et seulement deux lots physiques (les primipares et les adultes) l’intérêt du DAC individuel a finalement pris le dessus. « Dans mon cas, l’investissement était à peu près le même qu’un distributeur classique. »

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L’installation représente environ 30 000 euros pour les trois stations, auxquels s’ajoutent près de 10 000 euros pour le circuit d’alimentation. Les Capra-Box de la marque Hanskamp sont reliées à des vis d’alimentation et pilotées via un logiciel accessible sur ordinateur et Smartphone.

Une ration adaptée à chaque chèvre

Le principal avantage mis en avant par l’éleveur reste l’individualisation de la distribution. « Chaque chèvre a sa ration au bon moment », apprécie Laurent. De son ordinateur, il programme les courbes de distribution selon le stade physiologique et le niveau de production. « Le DAC fait évoluer automatiquement les quantités et assure les transitions. »

Au contrôle laitier depuis son installation, Laurent Montagnon se sert des résultats pour distinguer trois groupes de production et donc trois niveaux de rationnement. Un dernier groupe concerne quelques chèvres improductives gardées dans le troupeau pour stimuler les boucs avant la reproduction.

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Un outil de surveillance sanitaire

<em class="placeholder">Intérieur du CapraBox</em>

Au-delà du gain de temps et de pénibilité, les Capra-Box apportent aussi un suivi individuel précieux. L’éleveur consulte régulièrement les alertes signalant les chèvres ayant consommé moins de 50 % de leur ration. « Quand une chèvre ne mange pas normalement, ça permet souvent de repérer un problème avant même de voir des symptômes. »

Cette surveillance prend tout son sens dans un troupeau confronté depuis plusieurs années à la paratuberculose qui lui plombe sa production laitière. Depuis deux ans, Laurent Montagnon a engagé un important travail sanitaire, avec dépistage puis vaccination des primipares à l’aide du vaccin Gudair. « Le soir, je regarde rapidement les alertes sur l’ordinateur. Et quand tout va bien, je sais que le troupeau tourne. »

Une stalle pour 50 chèvres

<em class="placeholder">Smartphone avec l&#039;application Hanskamp</em>

Commercial à Hanskamp, Patrick Ravier vante la qualité de ce matériel fabriqué aux Pays-Bas et disponible en version inox ou acier galvanisé. « Le Capra-Box a des moteurs capables de délivrer des doses à partir de 10 grammes. En chèvre, cette précision est indispensable. » Chaque station peut distribuer jusqu’à quatre aliments différents. Chez Laurent Montagnon, les DAC installé par les établissements Misery servent principalement à distribuer concentrés, orge, maïs et minéraux.

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Pour que chaque chèvre ait le temps d’aller manger, le fabricant recommande une stalle pour 50 chèvres. « Mais, quand les chèvres sortent dehors, il me faudrait presque une station de plus », reconnaît l’éleveur qui réfléchit sérieusement à cette quatrième station.

Un confort de travail retrouvé

Pour éviter que les animaux consomment tout leur concentré la nuit, certaines plages horaires sont bloquées automatiquement. Les quantités sont alors redistribuées sur les périodes de présence en bâtiment. L’apprentissage des chevrettes demande deux à trois jours de patience et Laurent Montagnon se souvient des « trois dernières chèvres qui ont mis un mois et demi à comprendre le système » la première année.

Après un an et demi d’utilisation, l’éleveur ne reviendrait pas en arrière. « Aujourd’hui, on me les enlèverait, ça me manquerait vraiment. »

Chiffres clés

Laurent Montagnon

 

  • 135 chèvres
  • 50 ha
  • 800 à 850 l par chèvre
  • 105 000 l de lait par an
  • 12 vaches allaitantes limousines et la suite

 

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