Prix des vignes 2025 : quelles évolutions par région ?
Le prix des vignes fait le grand écart en 2025, entre les bassins qui souffrent de la crise et ceux qui ont encore le vent en poupe. Voici les principales tendances relevées par la FNSafer.
Le prix des vignes fait le grand écart en 2025, entre les bassins qui souffrent de la crise et ceux qui ont encore le vent en poupe. Voici les principales tendances relevées par la FNSafer.
Le prix des vignes 2025 est au diapason de la santé économique de la filière viticole. Les bassins subissant la crise de plein fouet voient les prix du foncier chuter une fois encore, tandis que les zones prestigieuses confirment leur bonne valorisation. Sur 2025, « quatre transactions représentent 25 % de la valeur du foncier viticole national », a indiqué Loïc Jégouzo, adjoint au directeur du service études, veille et prospective de la FNSafer lors de la conférence de presse de l’organisme courant mai 2026. Au final, le montant des transactions de vignes a atteint 1 648 millions d’euros, soit une progression de + 16,5 % par rapport à 2024.
Les fortes valeurs ont été enregistrées, pour la plupart, en Côte-d’Or, notamment dans les premiers crus et dans les blancs. Ainsi, le bassin Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura voit son prix moyen progresser de 3,9 % par rapport à 2024. La région Val de Loire-Centre se porte également bien (+ 3 %) grâce aux appellations blanches comme le sancerre ou les coteaux du giennois.
À l’inverse, le Bordelais semble toucher le fond, avec un prix de 6 500 euros par hectare, que ce soit en bordeaux ou dans les côtes. La quasi-totalité des appellations girondines voit son prix moyen s’éroder, avec une évolution globale du bassin Bordeaux-Aquitaine à -23,8 %. Le Sud-Ouest, l’Alsace-Est, ou encore la Vallée du Rhône-Provence souffrent également avec des prix moyens à l’hectare en baisse, respectivement de -28,1 %, -5,4 % et -3,1 %.
Alsace, le gewurztraminer et les plaines à la peine
En Alsace, si le niveau de transactions est élevé en 2025, avec une progression du nombre de ventes par rapport à 2024 d’un tiers tant dans le Haut-Rhin que dans le Bas-Rhin, les prix reculent néanmoins toujours par rapport à l’année précédente. Le Bas-Rhin perd en effet 7 % pour se retrouver à 92 321 €/ha, tandis que le Haut-Rhin enregistre une baisse de 5 % (124 384 €/ha). « Certains propriétaires particulièrement touchés par la conjoncture acceptent désormais de vendre à moindre prix pour ne plus subir la charge de l’entretien de leur vignoble », analyse la Safer. Elle pointe une évolution à deux vitesses selon les terroirs et les cépages ; les zones de plaine, sensibles à la sécheresse, ainsi que le gewurztraminer étant moins prisés que les grands crus de riesling ou de pinot noir.
Bordeaux-Aquitaine : chute quasi généralisée
En 2025, le marché des vignes poursuit son érosion dans le Bordelais, avec un montant de transactions de seulement 96 millions d’euros, contre 343 millions en 2022 ! Une dégringolade qui est le fruit de la « baisse importante des prix à l’hectare sur pratiquement toutes les appellations, ainsi que d’une fermeture totale du marché dans les appellations les plus prestigieuses », rapporte la Safer. L’hectare de bordeaux rouge atteint ainsi 6 500 €/ha, à -19 % par rapport à 2024. Les côtes suivent cette tendance baissière, avec par exemple -22 % en cadillac côtes de bordeaux. Le marché est atone en pessac-léognan et à la baisse dans les graves ou sauternes (valeur dominante à 20 000 €/ha pour les deux appellations). Les liquoreux de la rive droite perdent 22 % sur un an pour s’établir à 7 000 €/ha. Le médoc subit un repli encore plus important, à -29 %, pour un prix de 10 000 €/ha. Saint-émilion perd 20 % en un an (200 000 €/ha), ses satellites cèdent également 29 % (25 000 €/ha). Mais la palme de la plus grosse chute revient à margaux avec -43 %, pour un prix dominant de 800 000 €/ha.
À l’image du bordeaux rouge, le bergerac rouge enregistre un recul de son prix à l’hectare de 27 %, pour valoir 5 500 euros. Le monbazillac est encore plus touché avec -27 % par rapport à 2024 (12 000 €/ha). « La Cave de Monbazillac acquiert du foncier pour participer à l’installation de jeunes coopérateurs », note la Safer. Seule l’AOC pécharmant échappe à la tendance baissière du département pour se situer à 35 000 euros par hectare (+ 9 %).
Le marché est globalement au point mort dans le Lot-et-Garonne, avec très peu de transactions enregistrées en 2025. « Les quelques ventes montrent des prix à l’hectare en légère baisse », signale toutefois la Safer.
Côte-d’Or qui rit, beaujolais qui pleure
Le bassin bourguignon est celui qui enregistre les plus fortes hausses, que ce soit en surface ou en valeur. Elles progressent respectivement de + 40,6 % et de 73,7 % en un an. Mais toutes les zones ne sont pas concernées par cette évolution. Dans le chablisien, seules 27 ventes se sont concrétisées en 2025, soit une baisse de 18 % par rapport à 2024, pour des prix légèrement à la baisse (-2 % pour le bourgogne appellation régionale) ou en légère hausse (+ 3 % en chablis et petit chablis). En revanche, la Côte-d’Or voit ses prix augmenter. « La rareté de l’offre continue de contraindre les volumes échangés », commente la Safer. Les côtes de beaune prennent + 20 %, les premiers crus rouges + 11 %. Les bourgognes premiers crus blancs s’échangent à présent autour de 2 700 000 euros (+ 6 %), les rouges à 1 150 000 euros (+ 11 %). Les appellations régionales « poursuivent leur progression de manière contenue », stipule la Safer. Tout comme les communales blanches de côte-de-beaune et de la côte-de-nuits. En Saône-et-Loire, toutes les AOP restent à un niveau stable par rapport à 2024.
Dans le Beaujolais, « la crise commence à se faire sentir au niveau de la demande des vignes », alterte la Safer. Ainsi, les vignes en beaujolais perdent 18 % (9 000 €/ha) ; les beaujolais villages cèdent 20 % (8 000 €/ha), les crus perdent 14 %, juliénas et morgon étant les appellations qui reculent le plus avec respectivement -34 % et -31 %.
Le Jura, la Savoie et l’Ain ont un marché peu actif, avec des volumes de transactions très limités rendant toute analyse de prix peu représentative.
Champagne : l’attentisme prévaut
En Champagne, la Safer observe une grande « prudence des opérateurs », que ce soit dans l’Aube ou dans la Marne. « Les acquisitions purement opportunistes ou patrimoniales sont moins présentes », réagit la société d’aménagement, qui souligne que les transactions visent plutôt à renforcer la résilience des outils de production. Dans ce contexte, les prix évoluent peu. Les vignes de l’Aisne reculent de 3 % à 859 603 €/ha, celles de l’Aube restent stables (947 323 €/ha) tout comme celles des vallées de la Marne, de l’Ardre et Vesle (1 016 765 €/ha). La côte des blancs est en hausse de + 3 % pour établir le prix à l’hectare à 1 688 787 euros.
Charentes : pas de contrat, pas d’achat
Le marché foncier dans le cognaçais est quasiment à l’arrêt, faute de nouvelles contractualisations par les maisons de négoce et de financements bancaires. De ce fait, les prix chutent fortement, de 48 à 60 % selon les zones, pour osciller entre 15 000 €/ha en bons bois et 28 000 €/ha en borderies en charente et en grande champagne.
Languedoc-Roussillon : sécheresse et crise tirent à la baisse
Le bassin Languedoc-Roussillon poursuit sa tendance baissière initiée en 2021 et voit son nombre de transactions diminuer de 3,4 %, avec un prix moyen quasi stable. Ainsi, dans l’Aude, les appellations cabardès, corbières, corbières-boutenac, malepère, muscat de rivesaltes, rivesaltes et grand roussillon, minervois-la-livinière conservent le prix à l’hectare de 2024. Les seules variations sont observées en languedoc : -8 % (11 000 €/ha), limoux, blanquette de limoux et crémant de limoux : -4 % (13 500 €/ha) et languedoc la clape, quatourze : + 7 % (15 000 €/ha). Dans le Gard, l’appellation languedoc suit la tendance audoise, avec un recul de 17 % par rapport à 2024 (12 000 €/ha). Les IGP du Gard perdent 4 %, pour se retrouver à 13 500 €/ha.
Dans l’Hérault, le picpoul de pinet, le pic saint-loup, la méjanelle, les terrasses du larzac, le muscat de lunel, le saint-chinian, les grès de montpellier, le languedoc ou encore le saint-georges d’orques restent stables. Ce n’est pas le cas du minervois la livinière qui accuse un retrait de 7 % (14 000 €/ha), de la clairette du languedoc qui cède 4 % (13 500 €/ha), ni du faugères qui perd 4 % (13 500 €/ha). Le muscat de mireval enregistre une baisse de 3 % (15 500 €/ha) et celui de frontignan une baisse de 9 % pour se retrouver à 21 000 €/ha. Trois autres dénominations pâtissent de l’année dans l’Hérault : les IGP avec -6 % (15 000 €/ha), l’AOC pézenas avec -9 % (15 000 €/ha) et l’AOC muscat de saint-jean-de-minervois avec -25 % (13 500 €/ha). De leur côté, les vins sans IG tombent à 14 000 €/ha, soit -14 % par rapport à 2024.
Les Pyrénées-Orientales sont sur une tendance baissière, les sécheresses ayant provoqué des pertes de fond et des rendements en dessous des seuils de rentabilité. Dans ce contexte, seules les vignes sur des secteurs irrigués trouvent preneurs, « par des arboriculteurs qui souhaitent convertir ces surfaces en vergers de pêches et nectarine », ajoute la Safer. Ainsi, maury perd 10 % pour tomber à 9 500 €/ha, banyuls et collioure enregistrent -5 % à 20 500 €/ha et les côtes du roussillon villages les aspres reculent de 6 % à 8 500 €/ha. De leur côté, les sans IG cèdent 5 % pour se retrouver à 10 500 €/ha.
En Corse, le marché reste stable, avec très peu de transactions, la majeure partie des exploitations changeant de main par le biais de transmission familiale.
Sud-Ouest : la prudence domine
Le bassin sud-ouest n’est pas non plus à la fête. Si le nombre de transactions augmente de 7,5 % par rapport à 2024, les surfaces échangées diminuent de 21,9 %. Dans le Gers, « la prudence domine sur le marché et les perspectives de valorisation restent orientées à la baisse », expose la Safer. Dans les Landes, le marché reste très peu significatif. Dans les Hautes-Pyrénées, la Safer souligne que le marché est « apathique », et en Haute-Garonne il est même carrément « inexistant », aucune transaction n’ayant été enregistrée en 2025. Le Tarn-et-Garonne, avec un marché du vin qualifié d’ « atone » par la Safer, reste globalement au même niveau qu’en 2024, entre 6 000 et 7 500 €/ha selon la zone. Le Tarn n’enregistre pas un nombre de transactions suffisant pour que les données soient significatives. L’Aveyron et le Lot tirent leur épingle du jeu d’un point de vue commercial mais les ventes de vignes restent stables en valeur ou non significatives en volume.
Val de Loire-Centre : le blanc dope le bassin
Tous les voyants sont au vert dans le bassin Val de Loire-Centre, qui voit le nombre de transactions foncières augmenter de 4,6 % en nombre, de 2,1 % en surface et de 14,5 % en valeur ! Locomotive de la région, le Cher se porte bien, porté par le succès de ses vins blancs. Ainsi, l’hectare de sancerre progresse de 8 % pour s’établir à 280 000 euros. Le menetou-salon suit lui aussi une évolution positive avec + 6 %, à 95 000 €/ha. La Safer pointe le potentiel du vignoble de chateaumeillant, où elle informe que seuls « 86 hectares sont exploités sur les 550 de l’AOC ».
En Indre-et-Loire, le marché « montre une tendance globalement orientée vers la stabilité ou un léger ajustement baissier, avec des dynamiques différentes selon les territoires », enseigne la Safer. Bourgueil et chinon cèdent 8 % par rapport à 2024, pour des prix à l’hectare de 11 000 et 23 000 euros. Le touraine est également à la peine avec une baisse de la valorisation de 7 %, ce qui situe l’hectare à 6 500 euros. D’autres appellations comme le vouvray ou le montlouis-sur-loire restent stables.
Le marché est contrasté dans le Loir-et-Cher, avec des valeurs globalement orientées à la baisse. « La vente de parcelles de moins d’un hectare représente toujours 80 % de l’ensemble des transactions », soutient la Safer. Les coteaux du vendômois perdent notamment 14 % à 6 000 €/ha, le touraine est en retrait de 8 % (11 000 €/ha).
Dans la Nièvre, le marché foncier « est faible en surface, voire quasi inexistant sur 2025 », témoigne la Safer. La valorisation reste élevée, avec les prix à l’hectare des coteaux du giennois et du pouilly-fumé en hausse de + 3 % (170 000 €/ha) et + 5 % (22 000 €/ha). Saint-pourçain, côte roannaise, côtes du forez et côtes d’auvergne restent stables en prix. Tout comme reuilly et valençay.
Dans la vallée de la Loire, l’anjou souffre. Cette AOC et l’anjou villages perdent 21 % de leur valeur en un an, pour tomber à 15 000 €/ha. Les coteaux du layon et le saumur suivent la même tendance baissière, à l’inverse du saumur-champigny, qui progresse de 5 % (58 000 €/ha). Le pays nantais est globalement stable, porté par la conjoncture positive pour le muscadet. Le muscadet sèvre-et-maine progresse même de 5 %, pour passer à 11 000 €/ha.
Vallée du Rhône-Provence : le Gard peine et la Provence se tasse
Le bassin rhodanien et provençal connaît une hausse du nombre de transactions de près de 15 %, avec un recul des surfaces échangées de 20 % et une baisse du prix moyen de 1 %. « La situation des côtes-du-rhône ne s’améliore pas dans le Gard (-10 %, à 13 000 €/ha pour les côtes du rhône gardoises, -13 % pour les côtes du rhône villages) et les prix se tassent sur plusieurs appellations de rosé de provence (-14 % pour les coteaux d’aix en provence, -11 % pour les baux de provence) », précise la Safer. Elle précise que les prix sont stables sur les autres zones, à l’exception de cassis, qui progresse de + 15 %.