Allez-vous investir dans l’automatisation de l’alimentation de vos chèvres ?
Croisés dans les allées du salon Capr’Inov, ces éleveurs de chèvres ont des projets plus ou moins aboutis d’automatiser ou robotiser la distribution de la ration alimentaire. Témoignages d’éleveurs du Cher, de la Vienne et du Maine-et-Loire.
Croisés dans les allées du salon Capr’Inov, ces éleveurs de chèvres ont des projets plus ou moins aboutis d’automatiser ou robotiser la distribution de la ration alimentaire. Témoignages d’éleveurs du Cher, de la Vienne et du Maine-et-Loire.
Élodie Porte et Maurice Geoffrey, éleveurs de chèvres dans le Cher : « Un distributeur de concentré d’occasion pour réduire la pénibilité »
« Élodie a rejoint le Gaec et son élevage de Limousine il y a un an avec un projet d’élevage de 210 chèvres. Nous avons des chevrettes depuis août dernier et les premières traites vont bientôt commencer. Nous avons voulu automatiser l’alimentation pour gérer plus facilement notre temps, pouvoir s’absenter et se délester de cette charge mentale. Nous voulons aussi diminuer la pénibilité et éviter de trop nous abîmer le dos et les épaules dès le début. En plus du confort de travail, la distribution des rations sera plus précise que si nous le faisions nous-même. Notre budget était serré et nous avons opté pour un distributeur de concentré d’occasion. Il s’agit d’un distributeur M7 de chez Lucas G, anciennement Méchineau, qui peut distribuer les concentrés, les céréales et les minéraux et repousser les fourrages avec une lame. Ce distributeur filoguidé sur roue de quatre ans nous a été vendu 25 000 euros par les établissements Collon. »
Louis Thebault-Douteau, en cours d’installation dans la Vienne : « J’ai dû renoncer à mon projet de robot »
« Nous avons 200 chèvres et un projet de passer l’EARL familiale à 600 chèvres. Pour cela, nous allons améliorer la salle de traite en passant de 24 à au moins 48 postes, en automatisant l’alimentation dans la salle de traite et en installant le décrochage automatique. En achetant d’occasion, on limite l’investissement entre 10 000 et 15 000 euros contre plus de 100 000 euros si c’était du neuf. On avait le projet de mettre un robot distributeur Lely Vector. C’est une belle machine mais hélas trop chère. On aurait pu investir dans l’ancien modèle à 180 000 euros en passant le projet à 900 chèvres. Mais maintenant, il faut débourser 210 000 à 240 000 euros, et là, ça ne passe plus auprès des banques. »
Mathieu et Marjorie Girard, éleveurs de 750 chèvres dans le Maine-et-Loire : « Une cuisine pour des fibres à la bonne longueur »
« Nous avons déjà une mélangeuse pour distribuer les enrubannages de ray-grass, de luzerne et de trèfle et le foin de luzerne à nos 750 chèvres. Je cherche à réduire la taille des fibres entre 5 et 7 centimètres. Avec les couteaux des mélangeuses, on est obligé de passer du temps et du carburant pour réduire les brins longs et faire des miettes. D’ici le mois d’avril, nous aurons un robot d’alimentation Trioliet et une cuisine d’alimentation Triomatic T40. J’apprécie leur précision de pesage et leurs scies circulaires arrondies qui coupent le fourrage proprement et sans utiliser beaucoup d’énergie. Cet investissement conséquent est aussi une façon d’anticiper le prochain départ en retraite de mes parents. »