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Ça roule pour les concentrés en élevage caprin

Limiter la pénibilité et l’astreinte est la première motivation des éleveurs qui investissent dans les distributeurs de concentrés et minéraux. Un kilo de concentré par jour et par chèvre, ce sont 200 kg portés quotidiennement pour un troupeau de 200 chèvres !

Les distributeurs mobiles sur rail, roulant au sol ou sur cornadis gèrent les mélanges et distribuent. Ils permettent d’ajuster la ration par lot physique. « Le réglage des doses et des distances de distribution doit être précis et mis à jour régulièrement en fonction de l’évolution des lots, de la période de lactation…, rappelle Bertrand Bluet, chef de projet fourrage caprin à l’Institut de l’élevage. Il est possible de programmer des rations par lot et même des rations différentes en fonction des distributions. L’objectif est d’optimiser la conduite alimentaire et, quand le distributeur est conçu pour, de valoriser plusieurs concentrés. » Le nombre de concentrés distribuables est d’ailleurs un point de vigilance à l’achat.

La plupart des automates s’adaptent au nombre d’aliments à distribuer. Certains sont évolutifs et permettent de limiter l’investissement de départ. L’aménagement du bâtiment est plus ou moins important en fonction de l’outil choisi. Si les distributeurs sur rail répondent à des contraintes d’obstacles dans les couloirs ou de passages étroits dans les couloirs, il faut vérifier les capacités de la charpente. Au sol, une largeur de couloir et des pentes maximales sont imposées. Et si l’automate fonctionne sur batterie, un point de parking avec rechargement est à prévoir. Les distributeurs au sol, peuvent en plus avoir la fonction repousse-fourrage. Ce qui peut réduire le nombre de distributions, diminuer ainsi encore l’astreinte.

200 kg par jour à porter en moins !

« Nos systèmes répondent au souhait des éleveurs de ne plus porter de seaux de concentrés et minéraux. Ils peuvent rouler sur la lisse des cornadis ou être suspendus à des rails, portés par la charpente, explique Clément Cadenet d’Albouy. Sur rail, un distributeur suffit, quand il en faut en faut un par tapis. Ils s’adaptent aux tapis d’alimentation, de notre marque en standard ou ceux d’autres fabricants. En sur-mesure, on peut aller jusque 1,50 mètre de large. De même, sur l’appareil standard, la sortie de l’aliment est canalisée au centre, mais il est possible de la partager en deux pour distribuer sur deux mangeoires simples. Quatre aliments différents peuvent être distribués en même temps, plus un minéral. La précision de distribution est de 40 g pour les concentrés et 5 g pour les minéraux. Chaque aliment est « indépendant » dans son compartiment, avec une vis de distribution et tarage individuel. »

Chez Lucas G, le distributeur peut contenir un à huit aliments différents : cinq concentrés, deux minéraux et un aliment liquide. Le nombre de compartiments est évolutif. L’automate roulant est filoguidé, et nécessite une largeur de couloir de trois mètres minimum et pas plus de 8 % de pente. « Il n’y a pas de limite sur le type de concentré, liquide, bouchon… la trémie est adaptée à tous les aliments, expose Valentin Charrier de Lucas G. À partir d’une certaine taille on peut augmenter la taille de la vis pour ne pas déstructurer l’aliment. La solution s’adapte aux élevages pour reprendre le plus possible l’existant. »

Tous ces automates ont une programmation embarquée. Ils ont des modes de fonctionnement différents : certains travaillent en grammes par place, d’autres en distance à parcourir.

Vérifier les quantités distribuées

La distribution en salle de traite se raisonne en lien avec la ration apportée à l’auge. Les objectifs des éleveurs sont aussi multiples : avoir animaux qui montent facilement en salle de traite, qui se bloquent au cornadis, ou encore apporter une complémentation à l’individu. « Tout dépend de la taille de la salle de traite et de la nature des concentrés, explique Bertrand Bluet. Le temps de traite est parfois insuffisant pour distribuer des quantités importantes. »

Il existe des solutions avec ou sans identification individuelle des animaux, sur un lot… « Il faut être attentif à la qualité de la distribution, alerte Bertrand Bluet. Est-ce que les quantités distribuées sont bien les quantités attendues ? Sont-elles bien réparties sur toute la longueur d’auge ? C’est important d’aller voir de temps en temps si tout l’aliment est consommé et par qui. »

En cas de distribution individuelle, il faut raisonner quantité, temps, remplissage du quai et attention à ce que certaines chèvres ne reçoivent pas une double ration !

Complément en salle de traite

« Nous proposons trois solutions de distribution des concentrés en salle de traites expose Clément Cadenet. Cela dépend de l’aménagement, de la taille du troupeau, de l’aire d’attente : stalle en cascade, sortie rapide ou eurostalle. Avec des lots physiques d’alimentation au niveau de la chèvrerie, on peut travailler en sortie rapide avec une distribution identique pour toutes les chèvres. Dans le cas de lot unique en chèvrerie, on peut aller vers l’eurostalle pour distribuer à l’animal grâce à l’identification électronique des chèvres. Il faut regarder ce qui se fait dans le bâtiment pour choisir la meilleure solution. »

Côté implantation, à chaque projet ses contraintes. « La largeur minimum du quai est de 1,5 m entre les pattes arrière et le devant de l’auge avec le système cascade. La sortie rapide elle demande l’implantation la plus large, 2,5 m », précise-t-il.

Autre solution en salle de traite, les doseurs, adaptés des élevages porcins et de volaille. « L’idée est de s’intégrer à l’existant avec un système simple, avance Bruno Robert de Tuffigo Rapidex. Nous pouvons installer les doseurs dans différentes hauteurs de bâtiments et différentes auges, individuelles ou collectives. Nous utilisons des vis à moteur lent car on cherche à distribuer de petites quantités, 100 à 200 g pour les chèvres. Une spire est actionnée pendant quelques secondes et fait tomber l’aliment dans l’auge. Cette solution sur-mesure s’adapte à différents types de concentrés pour un coût abordable. »

Dans tous les systèmes, les fabricants rappellent qu’il faut recalibrer régulièrement les appareils. Les aliments du commerce, comme les aliments fermiers, peuvent avoir un poids et une densité qui varient. Autre point d’attention, si un mélange de céréales, protéagineux… est utilisé, il n’est pas recommandé de faire son mélange trop à l’avance pour éviter le tri dans le contenant et donc au moment de la distribution.

Bertrand Bluet, chef de projet fourrage caprin à l’Institut de l’élevage

Un Dac pour 50 à 60 chèvres

Le distributeur automatique de concentrés, appelé Dac, permet d’individualiser la ration, c’est-à-dire en quelque sorte d’avoir différents lots d’alimentation dans un unique lot physique. Il faut compter une station pour 50 à 60 chèvres. Attention donc au rapport investissement sur effectif, il est difficile à rentabiliser au-delà de 300 chèvres.

Gestion des refus

Lors de son installation, il faut gérer l’apprentissage, l’identification des animaux et attribuer une quantité de concentré à chaque animal, le nombre de distributions et le pourcentage de la ration journalière à chaque passage. Au-delà de l’apprentissage, un point de vigilance à ne pas négliger, c’est l’utilisation au quotidien par les chèvres. Une dominante peut en effet bloquer l’entrée à ses congénères. Par ailleurs, le Dac mesure ce qui est distribué, mais pas les refus, qui seront consommés par la chèvre suivante…

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