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Les questions à se poser avant d’automatiser la distribution de l’alimentation des chèvres

Deuxième poste le plus exigeant en travail après la traite, le temps consacré quotidiennement à l’alimentation et très variable entre élevages, de une à quatre heures par jour. En moyenne, 28 % du temps est consacré à l’alimentation dans le travail d’astreinte d’un livreur de lait selon l’Institut de l’élevage.

En chèvrerie ou salle de traite, de nombreux équipements permettent d’automatiser la distribution des concentrés et des fourrages, séparément ou ensemble. Ils s’adaptent plus ou moins facilement à un aménagement existant. Ce dossier met en avant les questions à se poser et les précautions à prendre avant de s’équiper et propose quelques solutions d’automatisation, sans être exhaustif.

 

L’astreinte en élevage caprin est concentrée sur la traite et la distribution de l’aliment. Si la traite ne peut être automatisée, les éleveurs ont plusieurs possibilités pour libérer du temps au niveau de l’alimentation.

« Avant même l’automatisation, l’organisation du travail, le choix du système d’alimentation et l’aménagement des bâtiments facilitent ou au contraire entravent la distribution de la ration, souligne Bertrand Bluet, chef de projet fourrage caprin à l’Institut de l’élevage. Ce sont donc des leviers à explorer. Il est aussi possible d’adapter le nombre et le moment des repas pour réduire cette contrainte… » Étape intermédiaire avant l’investissement dans un automate, la mécanisation. L’astreinte demeure, mais la pénibilité est réduite. Enfin, l’automatisation vient diminuer à la fois astreinte et pénibilité.

Astreinte et pénibilité réduites

Parmi les matériels disponibles sur le marché, certains distribuent la ration complète, d’autres uniquement les concentrés. Ces derniers peuvent être apportés à l’auge par un automate roulant au sol ou sur les cornadis, au-dessus d’un tapis d’alimentation par exemple, ou encore suspendu à des rails. Des distributeurs automatiques de concentrés, appelés Dac, peuvent aussi être placés dans les aires paillées. En salle de traite également différentes solutions existent, avec plus ou moins de précision de la distribution à l’animal. Enfin, les robots distribuant une ration mélangée apportent en même temps fourrages et concentrés.

« L’objectif premier de l’automatisation est le gain de temps et la réduction de la pénibilité, rappelle Bertrand Bluet. Le gain sur l’efficacité alimentaire dépend de la situation de départ et de l’outil choisi. L’amélioration de la précision de distribution dépend de la gestion de l’alimentation avant l’automatisation et des réglages du matériel. Il ne faut pas partir du principe que la distribution sera parfaite. Les points de vigilance sont déplacés. Ce qui est certain, si tout se passe bien, c’est la réduction de l’astreinte et de la pénibilité. »

Quatre heures entre chaque passage

Attention également à ne pas tomber dans l’excès inverse, c’est-à-dire passer, par exemple, de deux distributions au seau par jour à trop de fractionnement. Cela va déranger les animaux trop souvent. « Je conseille de conserver des intervalles entre les distributions, quatre heures en moyenne toutes distributions comprises, que fourrages et concentrés soient distribués ensemble ou séparément. »

De plus, si on distribue de trop petites quantités à chaque fois, on a une moins bonne homogénéisation de la consommation entre les animaux au sein d’un lot.

Parmi les questions à se poser sur les outils avant de se lancer, il faut savoir quelles sont les quantités minimum et maximum distribuables, l’adaptation ou non de la proportion de chaque composant de la ration à chaque distribution, le nombre de repas que peut contenir l’automate, le nombre d’aliments différents…

Pour évaluer la rentabilité de l’investissement, il faut faire le rapport montant sur le nombre de chèvres. Par exemple, les distributeurs automatiques d’aliment ne s’amortissent pas sur un grand troupeau. À l’inverse, un robot avec cuisine s’amortit difficilement sur un petit troupeau. Si d’autres ateliers d’élevage sont présents sur l’exploitation, un distributeur peut être utilisé pour un troupeau caprin et bovin, permettant de diluer les coûts.

Précision dans les apports

« Si un éleveur espère financer le matériel avec des économies de concentré, cela nécessite de connaître les besoins des animaux, leur poids, leur note d’état corporel, la production laitière (quantité et composition), prévient Bertrand Bluet. Il faut pousser plus avant l’analyse des données, la précision de la ration et de la distribution. »

Autre élément à prendre en compte souligne-t-il, l’étalonnage des appareils à chaque livraison et à chaque changement d’aliment. Une première cause de surconsommation d’aliment est liée aux imprécisions sur la distribution. Quel que soit l’outil, il est important de vérifier que la quantité distribuée est bien la quantité prévue pour chaque animal, mais aussi à l’échelle de chaque lot. Cela passe aussi par la mise à jour régulière des rations et quantités distribuées dans le logiciel de l’automate en fonction des effectifs par lot et du stade de lactation.

Vérifier que le nombre de repas distribués et l’étalonnage sont cohérents par rapport au nombre de places utilisées par les animaux. L’objectif est d’éviter les mouvements d’animaux d’une place à l’autre en réglant la distance de distribution.

Distribuer sur toute la longueur de l’auge

« Faire des lots d’animaux avec des alimentations différentes est plus ou moins intéressant en fonction de la ration, précise Bertrand Bluet. Si elle est à base de fourrages et très peu de concentrés, la différence se fait plus sur la quantité de fourrages ingérée. En revanche, si la quantité de concentré est importante, alors la différenciation de la ration par lot est intéressante. »

Dernier point de vigilance, mais pas des moindres, toute automatisation nécessite de repenser la surveillance des animaux. Une part importante de l’observation des chèvres se passe entre la salle de traite et l’alimentation.

Côté biblio

Fiche « Automatisation de la distribution de l’alimentation en élevage caprin » réalisée par l’Institut de l’élevage dans le cadre du programme : Améliorer les conditions de travail en exploitations caprines fermières et fromagères, à retrouver sur idele.fr

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