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Volaille : pourquoi le coût de l’alimentation animale s’envole en 2026 ?

La flambée des prix des matières premières agricoles consécutive au conflit au Moyen-Orient, pèse sur les filières avicoles. Aucune amélioration n’est attendue à court terme.

poulets en élevage
L’indice du coût des matières premières entrant dans l’alimentation des poulets standards s’affiche en août à 125,79 points, alors qu’il était à 107,15 points en janvier dernier (+17,4 %).
© Réussir

Les tensions géopolitiques survenues au Moyen-Orient en ce début d'année 2026 ont fortement perturbé les marchés agricoles mondiaux, entraînant une hausse significative du prix des matières premières. Cette situation a entraîné des répercussions directes sur la filière avicole, en augmentant sensiblement le coût de l'alimentation animale et en réduisant les marges des intégrateurs.

Lire aussi : Sécheresse 2026 et maïs : les producteurs confrontés au décrochage de la culture avec un recul global de la production estimé à 45 %

Hausse de 20 points de l’indice Itavi

L’indice du coût des matières premières entrant dans l’alimentation des poulets standards s’affiche ainsi en août à 125,79 points, alors qu’il était à 107,15 points en janvier dernier (+17,4 %). Même schéma pour l’aliment sans OGM du poulet label Rouge, passé de 106.46 points en janvier à 124,15 points en août (+16,6 %) et pour la dinde (+15,8 %). 

Dans l’ensemble, les indices Itavi renouent avec leur niveau de 2024, tout en restant sous ceux de 2023 et 2022, où ils avaient atteint un record historique conséquence de l’invasion russe en Ukraine. 

Flambée des composants de la ration des volailles

“Le coût des rations a fortement augmenté depuis le début d’année avec un prix du blé qui est passé de 190 € à 245 € la tonne entre février et septembre” évoque Mohamed Bouzidi, chargé d’études économiques ITAVI.

Blé et maïs, qui sont les principales composantes des rations pour les volailles, ont enregistré une hausse des prix de respectivement 30% entre mars et septembre et 55%. 

Lire aussi :Sécheresse 2026 : face à la rareté du maïs, les opérateurs à la recherche d’alternatives

Parallèlement, certains composants essentiels à l'alimentation animale ont connu des augmentations encore plus marquées. C'est notamment le cas de la méthionine, un acide aminé largement utilisé dans les formulations avicoles, dont le prix a progressé jusqu'à 90 %

Lire aussi : Alimentation animale : tension sur la méthionine à cause de la guerre en Iran  

Cet additif joue un rôle majeur dans la nutrition et le développement des volailles car il constitue le premier acide aminé limitant. Une carence en méthionine dans la ration limite la synthèse des protéines par l'organisme et peut ainsi freiner la croissance des animaux. Sa forte augmentation de prix a donc eu un impact direct sur le coût des rations et sur la marge de rentabilité des élevages.

Equilibrer rentabilité et apports nutritionnels

Afin de maîtriser les coûts tout en garantissant l'équilibre nutritionnel des aliments, les formulations sont ajustées sur des logiciels en fonction de l'évolution des cours des matières premières. Lorsqu'une céréale devient trop coûteuse, elle peut être partiellement remplacée par une autre, offrant des caractéristiques nutritionnelles similaires mais à un prix plus avantageux. Cette flexibilité permet de limiter le coût des rations tout en respectant les besoins nutritionnels des animaux.

« La direction que devraient prendre les cotations est difficile à prévoir »

« Pour les céréales non OGM dans les rations, il n’y a pas d’obligation sur le pays d'origine, ce qui offre davantage de souplesse dans les approvisionnements » souligne Mohamed Bouzidi. Il nuance « sauf dans certains cahiers des charges où (en plus du non OGM) l’origine locale est mentionnée pour les céréales ».

Lire aussi : Canicules et sécheresse font reculer le « PIB agricole » de 8 %

Encadrée par des seuils d'incorporation définis et mesurés dans le cahier des charges, cette flexibilité permet d'optimiser les rations et d'atténuer les conséquences de la hausse des prix. 

Quelles perspectives sur le marché de l’alimentation animale ?

Selon M. Bouzidi, « les prix des céréales devraient se maintenir à un niveau élevé jusqu’à la fin des récoltes de maïs en octobre ». Il ajoute : « La direction que devraient prendre les cotations est difficile à prévoir. La baisse des récoltes est déjà largement intégrée dans les cours actuels, qui ont fortement progressé. En revanche, l'issue des négociations entre les États-Unis, l'Ukraine et la Russie, et donc l'évolution des approvisionnements en mer Noire, reste beaucoup plus incertaine. » La qualité nutritionnelle du maïs ainsi que les volumes récoltés, attendus au plus bas depuis 1980 et le bilan européen seront des facteurs clés de l'évolution des coûts d’alimentation des volailles. Autre facteur d’incertitude, l’entrée en vigueur le règlement contre la déforestation importée (RDUE) en janvier 2027 pour le soja. 

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