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Volaille : « 40 poulaillers ont été construits en Auvergne-Rhône-Alpes en 2025 »

La consommation de volaille continue de progresser en France.  La production nationale peine à suivre la demande. En Auvergne-Rhône-Alpes, l’interprofession régionale Afivol mise sur la construction et la rénovation de poulaillers pour limiter les importations de poulets et préserver la souveraineté alimentaire. 

Elevage de poulets du quotidien
: Sur 5 ans, entre 2019 et 2024, le volume des importations de poulets a bondi de + 36,9 %.
© Catherine Takougang

En 2025, la consommation de volaille atteint près de 32 kg par habitant, en hausse de 15 % en cinq ans. Celle des œufs poursuit également sa progression, avec un record de 235 œufs consommés par habitant contre 226 en 2024.

Face à cette dynamique, Afivol, l’interprofession volailles de chair et œufs en Auvergne-Rhône-Alpes, estime qu’il est urgent de renforcer les capacités de production régionales. « Nous avons besoin de construire des poulaillers », souligne Hélène Bombart, présidente de l’interprofession, lors d’un échange avec Les Marchés.

Le poulet, volaille la plus importée

Le poulet reste la volaille la plus consommée en France. Cela représente 80,7 % des volumes de volailles de chair consommés en 2025, soit une progression de 5,6 % sur un an.  Les importations augmentent de 9,5 % entre 2024 et 2025. Ainsi plus d’un poulet sur deux est importé en France. Le taux d’autosuffisance en poulets est passé de 70,7 % en 2024 à 67 % en 2025.

Lire aussi : Qui alimente la croissance du commerce mondial du poulet ? 

Le poulet du quotidien pour la souveraineté alimentaire

 « L’urgence de production, est sur la volaille du quotidien. » souligne notre interlocutrice.

Pour reconquérir un tiers des importations la filière s’était fixé un objectif de 400 poulaillers supplémentaires d’ici 2030, dont 40 en Auvergne-Rhône-Alpes. Cet objectif régional a déjà été puisque « 40 poulaillers ont été construits en Auvergne-Rhône-Alpes en 2025 » rapporte la présidente d’Afivol, principalement destinés à la production standard de poulets de chair.

L’œuf, perd en autosuffisance de production

L’autosuffisance sur le marché des œufs s’effrite et s’établit désormais à 95 %. Avec l’abandon progressif des cages, les élevages alternatifs représentent désormais dans la Drôme près de 90 % des systèmes de production. Or, ces modes d’élevage nécessitent davantage d’espace pour produire autant, alors même que la consommation progresse. Les anciens bâtiments doivent être réaménagés pour accueillir des élevages au sol ou en plein air. « Les tailles de poulaillers sont moins importantes en cages, il faut donc en construire davantage en raison de la transition en poulaillers alternatifs, pour retrouver 100 % d’autosuffisance » précise Hélène Bombart.

Lire aussi : Œufs : le CNPO demande d’« alléger les procédures d’installation des élevages pour atteindre l’autonomie alimentaire » 

Des objectifs de production avicole revus à la hausse

Face à ces enjeux, l’Anvol a revu ses ambitions à la hausse. La filière estime désormais qu’il faudra construire 2 200 nouveaux poulaillers de volailles de chair et 575 poulaillers de pondeuses d’ici 2035 afin de reconquérir une partie de la souveraineté alimentaire française. Or des contraintes persistent. « Pour construire un élevage, il faut compter au minimum deux ans en raison des contraintes incompressibles, notamment les démarches administratives. Malheureusement, ces délais peuvent être beaucoup plus longs, voire doubler, en cas de recours déposés par des associations ou des collectifs opposés aux projets. Actuellement, cinq projets de poulaillers sont bloqués par des recours dans la région », explique Hélène Bombart.

 Deux principaux freins au développement de poulaillers

Le principal frein reste toutefois financier. Les investissements nécessaires sont importants et souvent conditionnés à l’obtention d’aides publiques. Les recours administratifs constituent également une difficulté majeure pour les porteurs de projets. « C’est le plus difficile, car on ne s’y attend pas forcément » reconnaît la filière.

Lire aussi : Poulet : « Le rythme de construction de nouveaux bâtiments reste très éloigné des objectifs fixés » 

La Drome, une région propice à l’installation de projets avicoles

Selon la présidente d’Afivol, l’Auvergne-Rhône-Alpes reste particulièrement favorable au développement de nouveaux élevages. La région fait partie des berceaux historiques de l’aviculture française et bénéficie d’un savoir-faire reconnu depuis plusieurs décennies. Elle dispose également de l’ensemble de la chaîne de valeur, avec des couvoirs, des fabricants d’aliments, des abattoirs et des centres de conditionnement d’œufs.

La région se distingue aussi par la diversité de ses productions. Elle abrite notamment les deux seules AOP françaises de volailles : la Volaille de Bresse et le Poulet du Bourbonnais. À ces productions haut de gamme s’ajoutent de nombreux, Labels rouges ainsi qu’une offre plus standard destinée à la consommation quotidienne.

Par ailleurs, la densité limitée des élevages dans la région limite la propagation des maladies, notamment de l’influenza aviaire. « C’est un véritable atout au niveau sanitaire », souligne la présidente d’Afivol, rappelant que la région a été beaucoup moins touchée que d’autres grands bassins de production français ces dernières années.

Afivol multiplie les initiatives pour encourager l’installation en aviculture

Pour attirer davantage de porteurs de projets avicoles dans la région, Afivol multiplie les interventions dans les lycées agricoles afin de sensibiliser les jeunes aux métiers de la filière et aux opportunités d’installation. L’interprofession accompagne également les éleveurs dans leurs démarches administratives et leurs demandes d’aides financières. Elle joue un rôle facilitateur tout au long des projets, y compris pour les dossiers confrontés à des recours administratifs ou à des oppositions locales.

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