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Toujours pas de stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat

Restée bloquée deux ans dans un tiroir, la Snanc devait être publiée vendredi dernier. Elle visait à limiter la consommation de la viande, mais ne comprenait pas de mesures sur la publicité destinée aux enfants et la limitation de la consommation d’aliments ultra-transformés, au grand dam des associations. 

une carte de france, avec des images d'oeufs, de steaks, de légumes verts, de sucreries, de nuggets, de fruits
Le gouvernement a rétropédalé sur la publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) qui a déjà deux ans de retard
© Généré par IA

Avec Agra

La publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), attendue depuis plus de deux ans, a de nouveau été suspendue le 28 novembre par Matignon alors qu’elle avait été présentée à la presse et suscitait déjà des critiques d’associations. La publication officielle de ce document était attendue pour 14h, après des mois d’allers-retours ministériels et de controverses, notamment sur la question de la consommation de viande mais aussi sur les publicités pour les produits trop gras ou trop sucrés à destination des mineurs. 

Le Premier ministre botte en touche sur la Snanc

Au terme d’un après-midi de flou, les ministères de l’Agriculture, de la Santé et de la Transition écologique, chargés de son élaboration et sollicités par de nombreux journalistes qui attendaient la publication, ont renvoyé la presse vers Matignon. Le Premier ministre n’a « pas été informé » et n’a pas pu de ce fait « valider » la stratégie, a indiqué l’entourage de Sébastien Lecornu. « Il est donc décidé de ne pas publier à ce stade ». Lors de la présentation aux journalistes, le ministère de l’Agriculture, interrogé sur la participation du cabinet du Premier ministre, avait répondu que ce document interministériel était « bien évidemment validé par le Premier ministre ».

Lire aussi : Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat : le rapport du CNA adopté malgré de fortes dissensions

Le projet de Snanc visait une limitation de la consommation de viande

Les négociations ont été particulièrement âpres sur la formulation concernant la consommation de viande. Le texte mis en ligne par l’association foodwatch parle de « limitation », un terme souvent employé au ministère de l’Agriculture, et non plus de « réduction », terme qui figurait dans le projet initial et était défendu par le ministère de la Transition écologique. Ce remplacement avait déjà entraîné un premier blocage en septembre de la publication de la stratégie par Matignon, qui souhaitait remplacer l’idée de réduction par « une consommation de viande équilibrée ». François Bayrou était alors Premier ministre, sur le départ.

Lire aussi : Consommer plus de protéines végétales « sans diaboliser la viande »

Pas de budget pour la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat

Parmi les « actions phares » prévues, « mises en œuvre dès » cette année, la Stratégie nutrition climat (Snanc) veut « encadrer réglementairement pour la première fois la qualité nutritionnelle des repas servis dans les établissements de la petite enfance, Ehpad, établissements pénitentiaires ». Le texte évoquait également des mesures pour la restauration collective ou pour lutter contre le gaspillage. Les modalités de mise en action de ces mesures n’étaient toutefois pas claires dans l’immédiat et il n’y a « pas de budget alloué à la Snanc », l’idée étant de « faire avec l’existant », a expliqué vendredi matin à l’AFP le ministère de la Transition écologique (MTE).

Lire aussi : Comment pousser le consommateur vers une alimentation de qualité

Rien sur le marketing vers les enfants, ni les aliments ultra-transformés

L’association foodwatch déplore le rétropédalage du gouvernement sur le texte, qui, dans sa version initiale, « protégeait les enfants du marketing de la malbouffe par des interdictions réglementaires strictes ». Elle déplore aussi la perte de temps sur la question des aliments ultra-transformés «alors que le problème de santé publique est d’ores et déjà là ». 

 

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