Viande rouge : l’Australie veut des contingents significatifs dans l’accord en négociation avec l’UE
L’Union européenne et l’Australie ont repris les discussions en vue d’un accord commercial. Mais les opérateurs des filières bovines et ovines australiennes poussent à élargir massivement les quotas de viande que l’UE importerait.
L’Union européenne et l’Australie ont repris les discussions en vue d’un accord commercial. Mais les opérateurs des filières bovines et ovines australiennes poussent à élargir massivement les quotas de viande que l’UE importerait.
« Un minimum de 50 000 tonnes de viande bovine et de 67 000 tonnes de viande ovine et caprine », c’est ce qu’exige l’Australian Meat Industry Council (AMIC) dans un communiqué du 13 février, « pour assurer un accès comparable à celui de nos compétiteurs au marché européen », dans le cadre des négociations commerciales entre l’UE et l’Australie.
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Autant de bœuf australien que brésilien, d’agneau australien que néo-zélandais
Les discussions ont repris l’an dernier après avoir achoppé en 2023 sur les sujets agricoles : protections des IGP et volumes de viande rouge. L’industrie de la viande australienne veut se voir accorder les mêmes avantages que le Mercosur, le Canada et la Nouvelle-Zélande et déclare « avoir posé les cartes sur table ». « Le secteur australien de la viande rouge ne peut se permettre d'être freiné ou laissé pour compte dans ces négociations cruciales » concluait, quelques jours plus tôt son président Tim Ryan.
La viande australienne a actuellement un accés limité à l'UE
En 2023, la Commission européenne avait proposé à l’Australie un contingent d’importation de 24 000 t de viande bovine et de 20 000 t de viande ovine. Ce qui inquiètait déjà vivement Interbev. « Cela suffit de cette Europe passoire ! À chaque négociation commerciale, l’élevage bovin sert de variable d’ajustement » a rapidement réagit la FNB, exigeant que la viande rouge soit sortie de l’accord commerciale UE-Australie. Le syndicat bovin rappelle les distorsions de concurrence, (pas de normes bien-être dans le transport, feedlots interdis en Europe, activateurs de croissance et substances phytosanitaires interdites en UE).
Actuellement, l’Australie détient un quota de 3 389 tonnes équivalent carcasse de viande bovine et de 5 851 tonnes de viande ovine et caprine. Cet accès est resté stable pendant 50 ans puis a été diminué par le Brexit.
L’Australie pénalisée par les droits de douane chinois
Les industriels de la viande australienne sont fortement pénalisés par les droits de douane protecteurs mis en place par la Chine au 1er janvier 2026. Ils estiment que leurs envois vers leur premier client pourraient être diminués d’un tiers, en 2026, ce qui représente 1 milliard de dollars de manque à gagner.