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Œuf : 7 questions au CNPO pour tout comprendre de l’accord sur l’ovosexage

Les grossistes sont dorénavant concernés par le nouvel accord de financement de l’ovosexage trouvé par l’interprofession des œufs. Alors que l’arrêté ministériel est attendu ces prochains jours, le journal Les Marchés vous éclaire sur les changements pour les centres de conditionnement et les utilisateurs d’œufs coquille. 

poussins dans une caisse
Les poussins mâles ne sont plus broyés depuis janvier 2023. Dorénavant, les grossistes doivent aussi participer au financement de l'ovosexage.
© Armelle Puybasset-Lefebvre

Après de longues discussions, la filière œuf a trouvé, le 28 février, un accord sur le financement de l’ovosexage qui s’élargit à de nouveaux maillons de la filière. L’interdiction du broyage des poussins mâles est une réglementation spécifique, d’abord mise en œuvre en Allemagne puis annoncée en France en 2021 pour une mise en œuvre en 2023. Pour que cette attente sociétale ne pénalise pas les éleveurs et soit prise en charge par le consommateur, la filière a mis en place ce système de financement.

Alice Richard, directrice du CNPO, l’interprofession des œufs, revient pour Les Marchés sur les modalités de ce texte.

Tous les articles sur le décryptage des prix des œufs 

 

 

 

Les Marchés : Quels œufs sont concernés par cette contribution sur le financement de l'ovosexage ?

Alice Richard : Dorénavant, ce sont tous les œufs coquille de catégorie A, bruns ou blancs, qui vont contribuer au financement de l’ovosexage. Auparavant, seuls les œufs commercialisés dans la grande distribution y participaient. Maintenant, on compte aussi le commerce de gros et de détail. Certes, les grossistes ne font plus partie du CNPO. Mais nos membres (FCD, FCA et fromagers) représentent les deux tiers des œufs coquilles calibrés commercialisés en France, ce qui nous rend légitimes à étendre cette contribution aux grossistes. Les œufs destinés à l’industrie sont hors du champ de l’accord. Avec ce nouvel accord, ce sont 9 milliards d’œufs qui vont être concernés, contre 7 milliards avec le précédent.

Avec ce nouvel accord, ce sont 9 milliards d’œufs qui vont être concernés, contre 7 milliards avec le précédent.

 

L.M. : Qui va payer la contribution volontaire obligatoire pour l’ovosexage ?

A. R. : Les conditionneurs devront déclarer, chaque mois, sur la plateforme que nous mettons en place, toutes leurs ventes que ce soit à la grande distribution, aux grossistes, mais aussi aux commerces de détail comme les boucheries, les boulangeries, les paniers d’AMAP… il y a une infinité de cas particuliers, d’éleveurs-conditionneurs qui font de la vente directe, que nous sommes en train d’éplucher.

De principe, tout le monde doit cotiser. 

Pour une raison d’équité, nous n’avons pas mis en place un seuil de volumes. De principe, tout le monde doit cotiser. Pour les acheteurs, il y aura une nouvelle ligne sur la facture. 

 

L.M. : Combien coûte cette contribution obligatoire au financement de l’ovosexage ?

A. R. : Du 1er mars au 31 août 2025, cette contribution s’établit à 39 centimes les 100 œufs. Elle passera à 31 centimes les 100 œufs pour la période du 1er septembre 2025 au 31 août 2026. 

 

L.M. : Que se passera-t-il après le 31 août 2026 ?

A. R. : Il n’y aura plus d’accord. La distribution a été très claire, c’est le dernier accord qu’elle accepte, il faudra trouver une autre solution de financement, une manière d’intégrer l’ovosexage dans le coût de production, qui soit conforme à la loi. Nous envisageons la création d’indicateurs de coûts d’ovosexage avec l’appui de FranceAgriMer. L’organisme public est déjà chargé de suivre et d’objectiver les coûts de l’ovosexage. Maintenant, nous avons tous l’échéance en tête d’août 2026 pour se préparer. 

Il faudra trouver une autre solution de financement, une manière d’intégrer l’ovosexage dans le coût de production

 

L.M. : Quand va paraître l’arrêté ministériel sur l'accord ?

A. R. : Il y a un délai incompressible de trois semaines entre l’accord et la signature de l’arrêté. Sachant qu’il faut la signature de deux ministères, Bercy et rue de Varenne, nous espérons l’avoir dans la semaine du 7 avril, l’administration nous a promis de faire diligence. Pour les centres qui travaillent avec les grossistes, la situation est complexe, ils n’ont pas encore le texte officiel pour appuyer leur facturation de la contribution obligatoire.

 

L.M. : Qui des œufs importés et exportés ?

A. R. : Les œufs exportés ne sont pas soumis à la contribution. Pour simplifier, les conditionneurs vont déclarer tous les œufs qu’ils commercialisent, puis ils nous transmettront les preuves d’export et nous ferons un avoir.

Quant aux importations, elles n’y sont pas non plus sujettes. C’est un de nos points de vigilance. C’est le problème quand on adopte une norme nationale plus contraignante que la norme européenne, qui fait perdre une filière en compétitivité. 

 Plus il y aura de pays qui vont pratiquer l’ovosexage, plus les entreprises s’y intéresseront et pourront développer des technologies moins coûteuses. 

L.M. : Où en est l’ovosexage en Europe ?

A. R. : Les Pays-Bas ont annoncé une échéance en 2026, l’Italie en 2027. Mais du côté de l’Espagne et la Pologne, rien ne bouge. Plus il y aura de pays qui vont pratiquer l’ovosexage, plus les entreprises s’y intéresseront et pourront développer des technologies moins coûteuses. 

 

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