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Prospective
Vers une hausse des prix du poisson d'ici à 2030

Comment évoluera le marché mondial halieutique et aquacole dans dix à trente ans ? Les projections de la FAO dévoilent un marché prometteur bien que certaines menaces climatiques pèsent sur l’avenir du secteur.

La production de l'aquaculture progressera de 37 % en 2030 par rapport à 2016.
© DR

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) évalue la production mondiale de l’aquaculture et de la pêche à 201 millions de tonnes d’ici à 2030. Ces prévisions représentent une hausse de 18 % par rapport à 2016, une année record pour la production (à 171 millions de tonnes). La majeure partie de la croissance proviendrait du secteur de l’aquaculture. Sa contribution à la production mondiale est passée de 25,7 % en 2000 à 46,8 % en 2016, et atteindrait les 109 millions de tonnes en 2030, soit une hausse de 37 % par rapport à 2016. La production de la pêche de capture devrait quant à elle demeurer plutôt stable. Malgré le ralentissement de la croissance annuelle de la production, soit 1 % de 2016 à 2030 contre 2,3 % de 2003 à 2016, l’écart entre l’offre et la demande devrait être comblé.

Un marché en expansion

La consommation est attendue en hausse de 20 % en 2030 par rapport à 2016. La FAO explique cette tendance par l’augmentation de la production, l’urbanisation, l’amélioration des revenus et des circuits de distribution. « La croissance annuelle mondiale de la consommation de poisson est le double de la croissance démographique depuis 1961 », souligne José Graziano da Silva, directeur général de la FAO dans le rapport 2018 sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture. En 1961, l’Europe, le Japon et les États-Unis représentaient à eux seuls 47 % de la consommation mondiale de poisson. Mais en 2015, ces pays ne représentaient plus que 20 % de la consommation mondiale contre 67 % pour l’Asie. Le continent le plus peuplé du monde voit sa production et ses marchés halieutiques s’accroître au cours des années. D’ici à 2030, la consommation progressera de 8 % en Asie et en Océanie et de 18 % en Amérique du Sud. En revanche, l’Afrique accusera une baisse annuelle de 0,2 %.

La demande étant plus intéressée, la FAO prévoit une hausse des cours. D’autant plus que la production de pêche de capture de la Chine, le premier producteur mondial de poissons, serait en retrait. L’augmentation des coûts de production (aliment, énergie et le pétrole brut) tirera aussi les prix vers le haut. L’aquaculture va aussi davantage peser sur l’orientation du marché.

Les échanges commerciaux devraient s’accroître de 24 % d’ici à 2030, pour dépasser les 48 millions de tonnes de poissons en équivalent poids vif, un chiffre qui grimperait à 60,6 millions de tonnes en incluant les échanges entre pays européens. La Chine conserverait sa place de leader des pays exportateurs suivie du Vietnam et de la Norvège.

Menaces du changement climatique

Si l’aquaculture tend à croître, la pêche de capture est quant à elle menacée par le changement climatique. La FAO tire la sonnette d’alarme. À l’horizon 2050, les prises de pêche diminueraient au niveau mondial selon la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre et les zones géographiques. Les effets seront néfastes surtout dans les régions tropicales tributaires de la pêche. Pour les régions tempérées, de nouvelles perspectives sont à prévoir. Avec la redistribution des espèces, les prises pourraient augmenter de 30 % à 70 % (entre 2005 à 2055) dans les régions de haute latitude et, à l’inverse, diminuer de 40 % dans les Tropiques.

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