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Vaches laitières : après un an de flambée, les prix vont-ils vraiment baisser ?

Les prix des vaches laitières ont commencé leur escalade il y a un an. Si un mouvement de baisse automnale se fait sentir, les opérateurs de l’abattage-découpe n’anticipent pas de vraie détente sur ce marché à moyen terme.  

vaches laitières dans une prairie
Les prix des vaches laitières de réforme baissent pour la première fois en un an
© Virginie Pinson

5,72 €/kg, c’est la moyenne du prix entrée abattoir d’une vache laitière sur les trois premiers trimestres de 2025, selon Agreste. C’est 24 % de plus que sur la même période de 2024 et 40 % de plus que la moyenne quinquennale. Le prix de la vache Lait O a bondi de 52,2 % sur les onze premiers mois de l’année. 

Lire aussi : Culture Viande : « Sans abattoir ni ateliers, il n’y a pas de valorisation de la production française »

Un manque de vaches généralisé à l’Europe

Les cotations françaises ne sont pas les seules à s’être emballées. La Commission européenne relève que, mi-octobre, les prix des vaches laitières dépassaient en moyenne de 45 % leur niveau d’un an plus tôt.  L’offre est insuffisante, les abattages communautaires de vaches ont chuté de 5,3 % en têtes sur les sept premiers mois de 2025 comparé à la même période de 2024 selon Eurostat. 

La baisse des abattages est palpable dans tous les pays de l’Union, à commencer par l’Irlande qui affiche une chute de 23 % de ses abattages en cumul sur les dix premiers mois de l’année, selon les données de Bord Bia. En Allemagne, la baisse des abattages atteint 8 % au premier semestre, tous bovins confondus. 

Une baisse automnale des prix des vaches peu durable

C’est néanmoins bien l’Irlande qui a ouvert le bal de la baisse automnale des cours en septembre, les prix s’éloignant du seuil des 7 €/kg frôlé fin août. Les éleveurs irlandais ont réagi rapidement à la chute des cours des commodités laitières, poudre et surtout beurre, en réformant. Pour autant, le retour de l’offre a été bref puisque les prix des vaches laitières se sont ressaisis dès octobre et qu’à la fin de ce mois les abattages étaient en baisse de 25 % par rapport à l’an dernier. Les abattoirs irlandais ont dû réduire la cadence et tournent sur 3 ou 4 jours, au prix de difficultés pour fidéliser la main-d’œuvre. 

Lire aussi : Mercosur : déjà avant l’accord, les importations de viande bovine bondissent en UE

En France, un premier recul des prix des vaches mi-octobre

En France, les prix des vaches ont marqué le pas plus tard qu’à l’habitude, c’est seulement en semaine 43, que la hausse s’est essoufflée, alors que la baisse avait lieu en septembre historiquement. En cause, des sorties massives et soudaines, avec une hausse de 14 % des abattages entre la semaine 42 et la semaine 43. Les abattoirs ont rapporté constater un flux ponctuel et important de vaches de réforme, lié aux conditions météo, et n’avaient pas la main-d’œuvre suffisante pour tout absorber d’un coup. En semaine 44, confirmation de la pression sur les prix avec une vache Lait O à 6,49 €/kg, entrée abattoir, qui perd 7 centimes sur la semaine. Une telle baisse n’avait plus été vue depuis un an. Les bœufs laitiers et mixtes sont aussi orientés à la baisse. 

graphique

Cet afflux saisonnier a d’ailleurs été renforcé en Allemagne et aux Pays-Bas par le retournement de la conjoncture laitière. Les prix des vaches Lait O y ont perdu 15 à 20 centimes en semaine 43. 

Pour autant, aucun abattoir interrogé n’anticipe une baisse significative des cours des vaches laitières à moyen terme. Car la demande, vers toujours plus d’élaboré et de haché, a somme toute bien résisté à la hausse des prix sur le marché communautaire. 

Lire aussi : Viande rouge bio : la consommation se stabilise mais la production chute encore

La consommation de viande hachée résiste

Les achats des ménages de viande hachée fraîche pour la consommation à domicile résistent, puisque sur les volumes progressent encore de 0,5 % sur les huit premiers mois de l’année comparé à la même période de 2024, selon les données de Worldpanel relayées par FranceAgriMer. Ce malgré un prix moyen d’achat à 14,14 €/kg contre 12,49 €/kg en 2022 soit 13,2 % de hausse. En parallèle, le marché de la restauration hors domicile, qui représente plus du tiers des dépenses alimentaires des Français, progresse encore en volume, notamment sur le segment le plus consommateur de viande hachée qu’est la restauration rapide. Au niveau industriel, les besoins en minerai pour les lasagnes, pizzas, et autres plats préparés restent importants.

Lire aussi : « En réalité, les Français consomment toujours autant de viande »

Les ventes de viande bovine fraîche piécée sous pression

En revanche, pour la viande bovine fraîche piécée, la conjoncture est bien plus négative. Les achats des ménages de pièces à griller ont reculé de 8,4 % et ceux de pièces à bouillir et braiser ont chuté de 13,9 % en volume sur les huit premiers mois de l’année d’après Worldpanel. 

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